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mardi 8 juillet 2008

N° 76 - Ingrid et Freddy, Nicolas et Bruno, Israel et Yossi

Carcassonne, chef-lieu de l’Aude, France, dimanche 29 juin, après-midi : au cours d’une démonstration de libération d’otages par un commando du 3ème Régiment des Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMA), un sergent tire au fusil d’assaut (FAMAS) en direction d’un collègue déguisé en terroriste, qui émerge de la foule des civils assistant au spectacle. Les civils tombent comme des mouches : 17 personnes, dont plusieurs enfants, sont blessées, 4 grièvement.
La raison à ce jour inexplicable de la présence de balles réelles dans le fusil fait l’objet d’une enquête.
Le regrettable incident provoque un raz-de-marée de réactions. Le lendemain lundi, Nicolas Sarkozy débarque à Carcassonne, ne salue aucun des hauts gradés présents, les insulte en les traitant d’ « amateurs », et réclame des têtes.

Cuche


Le mardi 1er juillet, le général 5 étoiles Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre, un militaire au parcours sans faute proche de la retraite, présente sa démission. Il est remplacé par un autre général de son staff, le Basque Elrick Irastorza, qui commanda l’opération Licorne en Côte d’Ivoire.
La démonstration du 3ème RPIMA faisait partie d’une opération « Portes ouvertes » du 3ème RPIMA qui avait commencé le samedi 28 juin par un jumelage entre le régiment et la ville de Carcassonne. Le flamboyant commandant du régiment, le colonel Du Vignaux, avait remis publiquement à Gérard Larrat, le maire UMP récemment élu – un tribunal administratif doit examiner le recours présenté par l’opposition de gauche pour fraude – un tableau portant les armoiries du régiment et de la ville, avec le texte « Jumelage – 3ème RPIMA – Carcassonne ». Ce tableau, expliqua le colonel, avait été réalisé l’année dernière, en Centrafrique, avec des ailes de papillon ! Enfin, les Carcassonnais qui se demandaient ce que foutait le 3ème RPIMA en Centrafrique, avaient eu la réponse : ils chassaient des papillons ! Et notamment l’espèce appelée Rebellus Niger
Rien ne va plus entre Sarkozy et l’armée, dont le commandement s’estime mal traité et a très mal pris le « Livre blanc » sur l’armée. L’opération de « jumelage » du Colonel Du Vignaux était une réponse aux projets de fermeture ou de délocalisation d’un certain nombre de régiments, dont le 3ème RPIMA, communément appelé « le 3 ». Lors de la cérémonie de jumelage, le Colonel a été clair : « Nous voulons lancer un message aux politiques : Carcassonne a besoin du 3ème RPIMA, qui représente 4000 personnes, 500 familles, 700 enfants et adolescents scolarisés. Après 42 ans de concubinage entre nous, il est temps de se marier… » Enthousiaste, Gérard Larrat a signé le « contrat de jumelage » et a souhaité bonne chanche au 3ème RPIMA pour ses prochaines opérations en…Afghanistan
La bavure du dimanche noir de Carcassonne est grave : alors qu’ elles voulaient démontrer leur capacité à libérer des otages aux mains de terroristes, les Forces spéciales françaises ont fait un petit carnage. C’est mauvais pour leur image et pour leur moral.
En revanche, les Forces spéciales colombiennes ont démontré leur capacité à mener une opération « parfaite, impeccable, extraordinaire, géniale ». Ces adjectifs sont ceux de la femme du jour, Ingrid, sauvée des mains des méchants narco-marxistes des FARC (prononcer FEURK, pour faire rimer avec BEURK).

Padilla

Et la médaille du héros revient à un autre général, dont je trouve qu'on n’a pas assez parlé dans le déchaînement médiatique qui a accompagné la « libération d’Ingrid ». J’ai nommé le général Freddy Padilla de León, commandant suprême de l’armée nationale colombienne. Ce parachutiste, spécialiste du renseignement militaire et stratégique, qu’il a étudié, comme il se doit, à Washington, est l’auteur d’une thèse de licence au joli titre de Terrorismo y Desinformación: dos armas y una sola estrategia de la subversión para desestabilizar al país(Terrorisme et désinformation : deux armes et une seule stratégie de la subversion pour déstabiliser le pays). Il vient de hisser l’armée colombienne au rang de la glorieuse Tsahal, l’armée israélienne, grâce à l’Opération Jaque (Opération Échec), montée avec le secours éclairé de Messieurs Israel Ziv et Yossi Kuperwasser, généraux de brigade à la retraite de l’armée israélienne (Ziv était chef des opérations de l’État-major et c’est un vétéran du Liban, de Cisjordanie et de Gaza, où il a dirigé l'assassinat de Cheikh Yassine et de nombreux Gazaouis civils, enfants compris; Kuperwasser était le chef d'AMAN, le service de renseignements de Tsahal) et dirigeants de la société militaire privée Global CST (Comprehensive Security Transformation), qu'ils ont créée avec un troisième général, Amos Ben Avraham, vétéran de l'unité d'élite Sayeret Matkal.
Global CST est liée au gouvernement colombien par un contrat de consultants de 10 millions de dollars. Les Israéliens ont vendu à la Colombie des armes, des avions, des drones, du matériel de renseignement et fourni les services d’experts de Tshal, du Mossad, du Shin Bet et d'Aman.

Ziv

Kuperwasser



À son retour de Colombie en Israël jeudi, au lendemain de la libération d’Ingrid, Israel Ziv a déclaré : « C’est une Opération d’Entebbe colombienne, mais il ne faut pas exagérer notre rôle ». Et un de ses hommes a ajouté : « On les a aidés à se préparer eux-mêmes à combattre le terrorisme. On les a aidés à planifier des opérations et des stratégies et à développer des sources de renseignement. C’est déjà pas mal mais il ne faut pas aller plus loin. » Bref, les élèves ont retenu les leçons de leurs maîtres et sont désormais capables de se débrouiller tout seuls.
Et comme dit Ziv, “Nous nous sommes très fortement impliqués dans les techniques d’opération des forces spéciales. Les Colombiens sont très proches de nous dans leur détermination, leur façon originale de penser et leur audace.”
Conclusion : tout comme il devrait nommer Ingrid Secrétaire d’État honoraire chargée des Otages mais uniquement de ceux qui portent des parfums Chanel, Sarkozy devrait nommer Freddy Padilla de León chef d’État-major inter-armes honoraire et Israel Ziv chef honoraire du COS (Commandement des opérations spéciales). Et pour couronner le tout, jumeler Carcassonne avec Tel Aviv et Bogotá. Gérard Larrat serait ravi.
Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

lundi 2 juillet 2007

N°43 – Les paras du cœur

Le mercredi 26 juin, j’ai reçu ce message
je suis décu car le net est prévu à l'origine comme une vaste toile d'information et ce que je lit sur les évènements de Birao serait plutôt de la désinformation. Comment puis je l'affirmer? Tout simplement car j'y étais et je n'ai pas à me cacher de ce qui c'est passer.Vous voulez en parler? Voici mon adresse dij83@hotmail.fr.Mr El Kayman arrêtez d'écrire des inepties pour essayer de retourner l'opinion publique...faites pour une fois un acte loyal et démocratique.
Ce lecteur faisait allusion à ma chronique du 26 mars intitulée
Birao, ville fantôme : un crime de guerre français en pleine campagne électorale. Je lui ai ausstôt répondu
Bien, puisque vous étiez à Birao, j'attends votre version des événements de décembre dernier et surtout des journées autour du 4 mars. Je me ferai un plaisir de la publier.Et voici la réponse de celui qui signe…jean darme ( !)Bonsoir,
Tout d'abord je me permet à rêver que mes dires ne seront pas déformés...Je vais donc vous donner ma version des faits et je ne vous parlerez pas des évènements de décembre car je n'y étais pas.Avant les attaques des 3 et 4 mars le dispositif français sur Birao se composait de 18 personnels. Notre mission consistait à apporter une assistance opérationnelle aux FACA ce qui implique que nous ne prennons pas part aux éventuels combats qui pourraient les opposer aux rebelles et que nous agissons qu'en légitime défense. C'est exactement ce qui c'est passé les 3 et 4 mars.
Le 3 à 5h50,les rebelles ont attaqués les FACA et le dispositif français qui était clairement signalé par notre drapeau national et délimité par du barbelé.
Les rebelles ont d'ailleurs tenté de franchir ce barbelé. Nous avons été également la cible de plusieurs tir de lance roquette du type RPG7. Les avions de chasse sont arrivés sur zone mais ne sont pas intervenus le 3 car nous avons pu contenir les rebelles.
Le 4, nous avons fait l'objet d'une attaque beaucoup plus "appuyée" de la part des rebelles qui,menaçant l'intégrité de notre dispositif, nous a amener à utiliser la chasse. Les mirage ont fait une passe en tirant une vingtaine d'obus et les rebelles ont arrêté aussitôt leur attaque.Voilà si vous avez d'autres questions je suis à votre entière disposition.
Cordialement

Le jeudi 28 juin, j’ai répondu à mon tour à « jean darme »Oui, bien sûr, vous pensez que j'ai des questions :
1 - En quoi consistait votre "assistance opérationnelle" ? J'ai cru comprendre qu'elle consistait à reprendre l'aéroport aux mains des rebelles, ce qui a donc impliqué des combats avec eux et peut difficilement être appelé "légitime défense" puisqu'il s'agit là d'une action offensive ? Est-ce exact ? Sinon, où étiez-vous positionnés ?
2 - Outre les 18 éléments dont vous parlez, il y a eu 150 hommes déployés par le COS sur Birao après la prise de l'aéroport. En quoi a consisté leur mission ? Combien de temps sont-ils restés à Birao ?
3 - Quelles pertes les 20 obus ont-ils occasionnées chez les rebelles ?
4 - Qu'avez-vous vu de la destruction par le feu de la quasi-totalité des 600 maisons de Birao ? Qui était responsable selon vous de ces destructions ?
5 - Combien de soldats français y a-t-il aujourd'hui en RCA ? Comment justifiez-vous leur présence ? Niez-vous que le général Bozizé, l'actuel président de la République, est arrivé au pouvoir le 15 mars 2003 par un coup d'État appuyé par l'armée française ("assistance opérationnelle" ?) ? Tout comme tous ses prédécesseurs depuis 1960 (Dacko, Bokassa, re-Dacko, Kolingba, Patassé, Bozizé) ?
6 - Le peuple centrafricain a-t-il jamais été consulté sur la présence et l'intervention de l'armée française en RCA ?
Merci de me répondre
Ayman El Kayman
Et voici la réponse de notre vaillant combattant :Bonjour,
je me fais un plaisir de répondre aux questions auxquelles je le peux.
1.L'assistance opérationnelle de l'armée française aux FACA se matérialise par une aide logistique et de formation. J'affirme donc que nous avons pas pris part aux soit disant combat pour reprendre l'aéroport...je dis soit disant car il n'y a pas eut de combat pour le reprendre étant donné qu'il a été abandonné par les rebelles suite à de trop lourdes pertes contre les FACA. Donc le 3 après midi les FACA ont repris qu'une partie de la ville de Birao et ne se sont pas occupés de l'aéroport.
j'insiste que les FACA ont repris la ville sans notre aide car nous étions toujours posté dans notre dispositif avec ordre de ne pas en sortir. Les 18 militaires français étaient donc en poste à l'ONF
2. Pour la soit disante intervention du COS je ne peux vous répondre car je n'en ai pas les éléments.
3.Il est très difficile d'estimer les pertes rebelles suite au tir des mirages F1 car ils n'abandonnent ni leur morts ni leur blessés. Je pense tout de même que leur perte a été minime étant donné que les avions sont passé une fois sans tirer...ils etaient donc prévenus.
4.Tout d'abord il ne faut pas dire que la totalité des maisons ont été détruites.je pense que le chiffre de 60% que j'ai lu dans certaine presse est éroné. La mise à feu des maisons a commencé lorsque les rebelles ont quitté la ville. ils mettaient le feu au fur et à mesure de leur retraite...ensuite une partie de la population civile s'est vengé en mettant à feu les maisons de l'ethnie Goulha (ethnie proche des rebelles).Il est certain que les soldats français n'ont rien à voir à ces exactions etant donné que nous n 'avons pas bougé.
De même les avions n'ont pas pu mettre le feu dans les endroits concernés étant donné qu'ils n'y ont pas ouvert le feu. Quant aux FACA nous n'étions pas avec eux lors de la reprise de la ville.
5.Je ne suis pas en mesure de vous donner l'effectif français en RCA. Leur mission est d'aider la FOMUC à stabiliser la région. En espérant que mes réponses soient utiles et non déformées.
PS:Pourrez vous me donner le nom du site pour que je puisse consulter votre article.
Mon commentaire :Il est rare que des soldats d’active sortent de leur obligation de réserve. Ces quelques bribes d’informations sont donc certainement utiles. Malheureusement, « jean darme » ne répond pas aux questions gênantes et ses réponses sont très peu convaincantes. Il faudra élaborer une stratégie de communication un peu plus sophistiquée pour arriver à convaincre les sceptiques du bien-fondé de l’intervention militaire française en Centrafrique, au Tchad, au Gabon, à Djibouti et ailleurs en Afrique.
Un autre lecteur m’envoie un extrait instructif du Petit Journal, un hebdomadaire paraissant dans l’Aude, dont le chef-lieu est la bonne ville de Carcassonne, qui héberge le 3ème RPIMA.


Surtitre: Opération humanitaire

Titre : Carcassonne-birao

Texte : Chaque année qui passe, chaque mois, chaque saison, des tonnes et des tonnes de vêtements sont jetés car la mode passe et l'on s'aperçoit que tel ou tel vêtement n'est plus dans l'air du temps, alors on change, on achète. Quelque fois, on pense à donner, alors pourquoi ne pas participer à la collecte de vêtements et de fournitures scolaires, au profit des enfants centre africains ?

Les classe terminées, ne jetez pas vos fournitures scolaires, faites-en profiter ces enfants de Centre Afrique. Rejoignez le 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine. Venez déposer ces effets au point de collecte au

3e RPIMA (maison du para)

Rue Marquis de Lafayette à Carcassonne

Pour les renseignements, téléphonez au : 04 68 26 77 53

Laissez votre coeur parler et donnez !

Comme quoi les parachutistes de l’infanterie de marine font un effort pour changer leur image et se présenter comme des « paras du cœur » ou des « paras sans frontières ».
Bref, vous l’avez compris, les soldats français en Afrique ne font pas la guerre, mais le Bien…
Allez, je verse une larme, tant je suis ému.



Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 26 mars 2007

N° 30 – Birao, ville fantôme : un crime de guerre français en pleine campagne électorale


Les rebelles ont pris Birao…mais le 3ème RIMA les a dégagés fissa !

Un bon petit crime de guerre au cœur du Continent noir, rien de tel pour corser une bonne campagne électorale ! Mais hélas, le silence radio total qui a accompagné et suivi la dernière opération spéciale des braves pioupious du 3ème RPIMA (Régiment de parachutistes d’infanterie de marine) basés dans la bonne ville de Carcassonne, est bien au diapason du caractère obscène de la campagne électorale pour la présidentielle française, où les deux principaux candidats font dans la surenchère nationalo-identitaire, pour la plus grande joie du Borgne bâtard breton.
Donc, c’est dit : il n’y aura pas de scandale Birao pour venir entacher cette joyeuse campagne. Silence ! Secret défense ! Accords secrets de défense ! Domaine réservé de la Présidence ! Circulez, il n’y a rien à voir, rien à dire ! Touchez pas au grisbi !
Et pourtant, il y aurait de quoi dire. De quoi s’agit-il ? Je vais vous le conter brièvement.
La République centrafricaine – capitale Bangui – est sous la botte d’un général, François Bozizé, venu au pouvoir avec l’aide française par un coup d’État il y a quatre ans. Depuis que le Centrafrique existe (1960) – auparavant, ce pays s’appelait l’Oubangui-Chari et faisait partie de l’Afrique équatoriale française, et les historiens s’accordent à dire que ce fut le pays où la colonisation fut la plus cruelle -, tous les présidents qui s’y sont succédés ont été mis en place ou dégommés par la France. À commencer par David Dacko, qui prit la place en 1960 de Barthélémy Boganda, père fondateur de la nation centrafricaine, opportunément mort dans l’explosion , inexpliquée à ce jour, de son avion le 29 mars 1959. Pour continuer avec Jean-Bedel Bokassa, mis en place par Foccart et dégommé par Giscard en 1979, au cours de la rocambolesque opération « Barracuda », où VGE fit preuve de tout sauf de gratitude, pour les fameux diamants offerts par l’Empereur. Re-Dacko, renversé par Kolingba en 1981. En 1993, miracle, Ange-Félix Patassé parvient au pouvoir par des élections et non par un coup d’État, fait trop rare pour être signalé. Réélu dans la contestation en 1999, victime de diverses tentatives de putsch, Patassé est finalement renversé le 15 mars 2003 par le général Bozizé, ancien chef d’État-major, appuyé par l’armée française et par son compère Idriss Déby, satrape du Tchad voisin, lui-même venu au pouvoir par les armes et par la France.
La République centrafricaine est un pays riche dont les habitants sont pauvres : ses richesses –diamants, uranium, or et bois tropicaux - y sont honteusement exploitées par des prédateurs. Elle est de plus située stratégiquement entre le Soudan , le Tchad et les deux Congo. Le petit père Bozizé vient de se faire délivrer par le Parlement à ses ordres la possibilité d’édicter des lois par ordonnances, ce qui lui permet de faire ce qu’il veut avec les richesses de « son » pays.
Les Centrafricains ne sont donc pas contents, mais pas du tout, et on les comprend. Et certains d’entre eux ont pris les armes. On peut aussi les comprendre.
Birao est le chef-lieu de la préfecture de Vakaga, dans l’extrême-nord du pays. Sa population est passée en deux ans de 22 000 à 14 000, pour descendre aujourd’hui à 600. La raison en est simple : au moins 70% des maisons de Birao ont brûlé. Accident ? Oh que non ! Ce sont des soldats qui ont mis le feu aux maisons, entre le 4 mars et aujourd’hui. Quels soldats ? Eh bien ! C’est là que les avis divergent : les uns prétendent que ce sont les forces armées de Bozizé, les autres que ce sont les rebelles de l’UDFR (Union des forces démocratiques pour le Rassemblement), qui avaient pris le contrôle de la ville avant d’en être délogés à coups d’obus et de roquettes. L’ONU, qui a envoyé deux missions sur place, constate les dégâts, mais ne prend pas position sur l’identité des criminels. L’UDFR dément avec virulence ces accusations et dit que sont les soldats de Bozizé et leurs protecteurs de l’armée française, qui avaient permis aux troupes « loyalistes » de reprendre le contrôle de la ville et de son aéroport, par une opération double le 4 mars : bombardements des rebelles par des Mirage F1 venus du Tchad et opérations au sol menées par les vaillants paras du 3ème RPIMA.
L’opération du mois de mars a été la première opération aéroportée de l’armée française en Afrique depuis le fameux saut sur Kolwezi (au Congo, alors Zaïre) en 1978.Actuellement, on dénombre quelque 280 000 déplacés, dont 212 000 à l’interieur du pays, 20 000 au Cameroun et 50 000 au Tchad. Au total, un million de personnes, soit le quart de la population du pays, ont été affectées par l’insécurité générale qui règne dans le nord du pays.
L’armée française s’est rendue coupable et complice de crimes de guerre. La Cour pénale internationale devrait ouvrir ce dossier. Le parlement français devrait ouvrir une enquête. L’Union européenne devrait ouvrir sa gueule.
Oh pardon, excusez-moi ! J’’étais encore en train de rêver à haute voix.
La Cour pénale internationale ? Elle ne voit de criminels de guerre qu’au Soudan, chez les méchants « milicens Janjawid ».
Le parlement français ? Il n’a jamais osé s’en prendre à la politique africaine de l’Élysée, domaine réservé et sensible.
L’Union européenne ? Louis Michel, le gros Belge qui est son commissaire au développement et à l'action humanitaire, était justement à Bangui les 7 et 8 mars et il l’a dit « tout va très bien, madame la Marquise ». Il a salué la « volonté d'ouverture et de dialogue» du président Bozizé, « légitimé par les élections démocratiques » de 2005. mais surtout il a annoncé le déversement d’une manne financière sur Bozizé : 68,5 millions d’Euro + 109 millions pour le bitumage des routes et les programmes de « gouvernance », + 2 petits millions pour l’Assemblé nationale + 1 petit million et demi pour financer le « Conseil de la médiation ».
Et Gros-Louis s'est engagé « personnellement » pour « propulser la République Centrafricaine dans une percée politique, économique et sociale » attendue depuis longtemps par la population…
Pendant ce temps, rapportent des petits curieux, des centaines de tonnes d’armes achetées (avec quel argent ?) par Bozizé en Afrique du Sud, affluent à Bangui. Vous avez dit « ouverture et dialogue » ?
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !