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mardi 16 mai 2017

N° 159-La Macronie entre Israël et en même temps le makhzen marocain

Versión española Dentellada n° 159- La Macronía entre Israel y al mismo tiempo* el Majzén marroquí  
 La victoire éclatante de Macron et la perspective alléchante d’être élu-es (ou réélu-es) comme député-es a suscité un véritable raz-de-marée de candidat-es à la mangeoire. 
 La République en Marche apparaît ainsi comme une magnifique coalition arc-en-ciel de tou-tes les opportunistes de la galaxie politicienne gauloise. La Macronie, c’est comme la Samaritaine à l’ère de WhatsApp : on y trouve de tout. Y a du centriste, du socialiste, du communiste, de l’écologiste, du gaullisto-nationaliste, du républicain et même de l'indigène de la République. Bref, la startup macronienne opère une recomposition, pour en finir avec ces horribles archaïsmes que sont la gauche et la droite. Tous ensemble, tous ensemble à la mangeoire !
Bien sûr, il y a quelques couacs dans cette success story.
Premier couac : deux des candidats investis par la startup ont été suspendus à la demande du CRIF et de la LICRA . Ils ont tenu des propos antisionistes et/ou antisémites. Le premier, Christian Gerin, producteur de télévision, avait émis quelques gazouillis (tweets) en faveur du mouvement BDS . Et Macron avait été clair, dès son voyage au Liban en février dernier : Honni soit qui appelle au boycott d’Israël. Le malheureux Gerin a eu beau protester qu’il n’était ni antisémite ni même antisioniste. Rien à faire. Allez, dehors. La seconde, Haouaria Hadj Chikh, ex-communiste marseillaise, ci-devant indigène de la République, ci-devant guériniste (Guérini, ex-patron marseillais des socialistes, inculpé pour association de malfaiteurs en 2011), candidate malheureuse du Front de Gauche à de précédentes élections, a eu le malheur de participer à des manifestations de protestation contre la guerre israélienne contre Gaza en 2008-2009. Donc, elle soutient le Hamas, donc elle est antisémite. Donc, elle dégage. Le CRIF a demandé la suspension d’une troisième investiture,  celle de William Tchamaha en Seine-Maritime, mais apparemment sans succès
Le deuxième couac est encore plus pittoresque et vient du Maroc. Le Comité En Marche local a été indigné par l’investiture de Leila Aïchi comme candidate pour la 9ème circonscription des Français de l’étranger et a annoncé qu’il ne ferait pas campagne pour elle. Les comités sénégalais, tunisien et ivoirien ont emboîte le pas à leurs collègues marocains. Mais pour l’instant, l’investiture n’a pas été suspendue par les têtes pensantes parisiennes de la startup. C’est que la belle Leila est une grosse pointure : à 47 ans, cette avocate spécialisée dans les questions d’environnement, a eu le temps de passer successivement par Europe écologie Les Verts, un soutien à la droitière Valérie Pécresse et le MODEM de François Bayrou. Elle fait partie des 10 sénateurs centristes qui ont apporté leur soutien à Macron. Que lui reprochent donc les startupeurs macroniens ? Ben voyons, elle soutient les Sahraouis ! Impossible donc de soutenir une candidate d’origine algérienne qui nie la marocanité du Sahara occidental ! Le Maroc fournissant le tiers des 150 000 électeurs inscrits dans la circonscription, elle risque donc de ne pas être élue. Mais les jeunes loups – formés en France – qui ont créé le comité marocain d’En Marche, s’en fichent comme de Vercingétorix. Leur projet est marocco-marocain et ils ont vu dans la macronitude une chance de créer leur propre startup électoraliste en vue des prochaines échéances électorales au Maroc. Et on a beau vouloir « refonder, rénover, désarchaïser » la politique marocaine, on ne va quand même pas se mettre le makhzen à dos en frayant avec des partisans du « séparatisme » sahraoui !




mardi 15 septembre 2009

N°114 - Honni soit qui MALI pense ou : le Maroc n'est pas l'Iran

Un jour Jeha était assis devant une rôtisserie et aspirait l’air avec un air de satisfaction goulue. Le rôtisseur sortit de son échoppe et demanda : « Que fais-tu, Jeha ? » Celui-ci répondit : « Je me repais des fumets de ta rôtissoire ». « Ah, alors, mon gaillard, il va falloir que tu me paies ». « Bien sûr », répondit Jeha, et sortant de sa poche quelques piécettes, il les fit tinter sur le pavé : « Voilà, je pense que le son de mes pièces est le bon prix pour l’odeur de tes rôtis »

C’est une de ces infos du genre « incroyable mais vrai » comme seul le royaume enchanté du roitelet noceur et milliardaire – mais oui, vous savez bien de qui je veux parler, le pote à Djamel Debbouze – peut en livrer :


15 jeunes gens qui s’étaient donné rendez-vous dimanche 13 septembre devant la gare de Mohammedia, au sud de Casablanca, avec l’intention d’aller pique-niquer en forêt, ont été arrêtés par la police bien avant d’avoir pu déballer leurs sandwiches. Ils ont été, dans les heures qui ont suivi, condamnés à des peines allant d’un mois à douze mois de prison ferme, en application de l’article 222 du Code pénal marocain, qui interdit "le non-res­pect du jeûne par les Mu­sul­mans sous peine de trois mois d'in­car­cé­ra­tion".

Le Conseil des Oulémas a commenté cette « ten­ta­tive de rup­ture pu­blique du jeûne par un groupe d'agi­ta­teurs, en vio­la­tion de l'un des pi­liers de l'Islam, ar­guant que cela s'ins­crit dans le cadre de l'exer­cice des li­ber­tés in­di­vi­duelles », et mis en garde contre " les ré­per­cus­sions de ces actes sur la vie de la oumma".

Ainsi donc, une quinzaine de sandwiches tirés du sac en plein jour durant le Ramadan mettrait en danger la vie, la sécurité et la sérénité d’un miliard et demi de Musulmans. Eh ben, dis donc, elle est mal barrée, la Oumma, dans ce cas!!!...

On croit rêver.

Ainsi donc, le royaumelet voudrait faire concurrence à la Pétrosaoudie et transformerait subrepticement sa police – qui, comme tout le monde le sait, est composée des meilleurs Musulmans de la planète – en police religieuse.

Mais alors, les démocrates, les laïcards, les défenseurs de la veuve et de l’orphelin afghans, gazaouis, iraquiens et cachemiris opprimés par de sméchnats barbus, vous qui êtes prêts à donner le prix Nobel à toute Musulmane arborant string et minijupe au nom de la liberté, où êtes-vous, où sont vos lettres ouvertes, vos pétitions, vos rassemblements devant les ambassades et consulats du Maroc ?

Et que fait donc Miss Rama Yade ? (Oh pardon, j’oubliais qu’elle n’est plus secrétaire d’État aux droits de l’homme mais aux Sports ; ça ne fait rien, elle pourrait militer pour faire reconnaître comme nouvelle discipline olympique la course de fond de non-jeûneurs poursuivis par la police).

Je ne vous entends pas. Quoi ? Qu’est-ce que vous grommelez ? Quoi ? Que le Maroc, ça n’est pas l’Iran ? Ah bon ? Que le Roi est notre ami ? Ah bon. Je crois que je comprends.

Pourtant le MALI, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles, a tout pour vous plaire : d’abord il est dirigé par deux femmes modernes, Zineb Razhoui et Betty Lachgar. Ensuite, il a à première vue tout l‘air d’être un groupe de défense de la sacro-sainte laïcité comme vous les aimez. Mais bon, il n’a pas l’air de susciter votre enthousiasme. Et à seconde vue, on croit comprendre pourquoi.

Peut-être est-ce parce qu’il déclare ne pas être « un groupe anti-islam », mais être « pour la liberté de culte, et si nous revendiquons la suppression d’un article liberticide du code pénal (art.222), nous sommes également solidaires des citoyennes tunisiennes qui se font lyncher pour avoir mis le hijab, ou des Tunisiens qu’on harcèle sur le chemin de la mosquée… »

Décidément, ces dames, Zineb et Betty, n’ont pas compris comment il fallait s’y prendre pour devenir des martyres riches et célèbres dans la république enchantée des droits de l’homme. Il ne fallait pas annoncer que vous alliez sandwicher en forêt, mais que vous alliez faire un strip-tease devant la Mosquée Hassan II à l’heure de la grande prière ! Peut-être alors l’OTAN vous aurait-il apporté un appui aérien, avec la bénédiction des redekersifaouiphilippevalglucksmannhenrilevygeertdewildershayyanhirsiali !!!

Ceci dit, imaginez que ces 15 jeunes gens auraient été des habitants de Téhéran et non pas de Casablanca et qu’ils aient subi la moitié du quart du sort subi par nos MALIstes : ça aurait fait l’ouverture de tous les journaux télévisés, de CNN à France24, pendant au moins 48 heures, et les déclarations de condamnation auraient fusé de toutes les capitales du monde libre. Mais bon, les MALIstes ne sont que de vulgaires sujets de SM M6. Donc, silence radio. Circulez, ya rien à voir, rien à bouffer, rien à espérer.

Dans ce royaumelet-là, c'est Ramadan 365 jours par an. Un drôle de Ramadan, sans Nuit du destin...


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

lundi 16 avril 2007

N° 33 – Attentats du 11/4 à Alger : La fourmi de dix-huit mètres

Une fourmi de dix-huit mètres
avec un chapeau sur la tête
ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une fourmi traînant un char
plein de pingouins et de canards
ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une fourmi parlant français
parlant latin et javanais
ça n'existe pas, ça n'existe pas
eh ! et pourquoi pas !
Robert Desnos

« À l’occasion de leur fusion les entreprises GICM et GSPC, qui ont constitué ensemble la nouvelle joint venture AQMI, viennent de lancer une nouvelle gamme de produits, 11/4, qui s’inscrivent dans la tradition des produits lancés par leur maison-mère, comme le 11/9 , le11/3 et le 07/07. D’autres produits devraient suivre dès le mois de mai, sous les nom 11/5, 11/6 etc…. »
Voilà, traduit en termes de communiqué d’une agence de presse financière, le résumé des événements qui ont ensanglanté le Maghreb la semaine dernière, à Casablanca puis Alger puis à nouveau Casablanca.
À Casablanca, ce sont divers « kamikazes » qui se sont faits sauter avec des ceintures d’explosifs, du mardi 11 avril au samedi 14 avril. Ils n’ont presque pas fait d’autres victimes qu’eux-mêmes et il semble bien qu’ils aient des amateurs, des désespérés ou des manipulés ou sans doute les deux.
À Alger, les choses sont été plus sérieuses et la double opération du mercredi 11 avril porte indubitablement la marque c’un professionnalisme certain. Il s’en est fallu de peu que le gratin de l’État, réuni au palais du gouvernement, ne soit atteint par la voiture piégée contenant plusieurs centaines de kilos d’explosifs qui a explosé, faisant en tout 33 morts. Une autre voiture pigée a explosé presque au même moment devant le siège de la Police judiciaire à Bab-Ezzouar.
Presque simultanément, à Bagdad, un kamikaze faisait intrusion au siège du parlement et se faisait sauter, emportant quelques députés dans la mort.
L’opération d’Alger a été revendiquée par un nouveau label, « Al Qaïda au Maghreb islamique » (AQMI), qui serait le résultat de la fusion de deux ou trois groupes maghrébins, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et le Groupe islamique combattant marocain (GICM).Comment le sait-on ? Eh bien, tous les « experts » s’accordent à le dire, et tout cela est revendiqué sur des sites internet. Donc, c’est vrai.
Désolé de vous décevoir, mais je crois que AQMI, comme la fourmi de 18 mères du regretté Robert Desnos, ça n’existe pas !
Le terrorisme islamiste apparu en Algérie au début des années 1990 et mondialisé à partir du 11 septembre 2001 est le fruit de la rencontre entre des individus révoltés, désespérés, fanatisés, au parcours souvent chaotique, et des services de renseignement chargés de la « guerre spéciale » contre-insurrectionnelle, qui autorise toutes les perversités et tous les coups tordus.Les services de renseignement algériens, autrefois appelés la Sécurité militaire et aujourd’hui le DRS, ont été des pionniers créatifs, appliquant et développant les enseignements des services spéciaux français, qui avaient créé des faux maquis pendant la guerre d’indépendance algérienne avant d’aller enseigner leurs techniques de torture, d’infiltration e d’intoxication aux militaires sud-américains, qui les appliquèrent avec brio pendant toutes années 70 et 80.
Dès avant le 11 septembre 2001, mais surtout après, on a vu une convergence entre les services de renseignement algériens, syriens, égyptiens, jordaniens, marocains, tunisiens, et mauritaniens d’une part et américains, israéliens, britanniques, canadiens, australiens, allemands, italiens, espagnols et français d’autre part, qui a pris diverses formes, allant de l’échange de renseignement opérationnels aux échanges d’agents doubles, ou triples ou quadruples, sans oublier bien sûr les coups fourrés qu’on se fait entre amis. L’infiltration de réseaux terroristes a évidemment débouché sur la manipulation de ces réseaux et dans certains cas, le montage pur et simple d’opérations explosives et meurtrières.
Un certain nombre de ces agents doubles, triples ou quadruples ont disparu sans laisser de traces. Citons-en quelques-uns : Ali Touchent, le fameux responsable des attentats en France de 1995, Abderrazak El Para, le fameux chef du GSPC, remis par le Tchad à l’Algérie et condamné en son absence par un tribunal algérien, Haroon Rachid, l’Indien arrêté pour sa responsabilité dans les attentats du métro londonien le 7 juillet 2005 et disparu depuis sans laisser d’adresse.
Certains sont opportunément « morts en détention », comme le responsable marocain de l’attentat de Casablanca contre un restaurant, ou dans un bombardement réussi, comme le fantomatique Abou Moussab Al Zarqaoui en Irak.
Tous les « onze » (11 septembre, 11 mars, 11 avril) posent une foule incroyable de questions, à ce jour sans réponses.Théorie du complot ? Je délire ? Alors, réfléchissez à ceci :
Comment une voiture piégée peut-elle approcher si près du Palais du gouvernement d’Alger un jour de réunion plénière du gouvernement ?
Comment trois bombes peuvent-elles exploser dans le métro londonien le jour même où a lieu dans ce même métro une opération de test visant à éprouver les mesures de sécurité ?
Comment se fait-il que la plupart des suspects des attentats du 11 mars à Madrid étaient des trafiquants de drogue et des indicateurs de police et que la femme de l’un d’eux avait sur elle le numéro de téléphone personnel du chef des services de renseignement espagnols ?
Je pourrais continuer à dévider les questions à cent Euro mais je préfère arrêter là pour parler un instant de politique.La question usuelle es celle-ci, encore et toujours : Cui Bono ? À qui profite le crime ?
Dans tous les cas, aux régimes en place et à leurs polices, qui prospèrent de plus belle depuis le 11 septembre, se retrouvant dotées de budgets, d’équipements, de prérogatives toujours plus importants.
Dans le cas des attentats de Casablanca et d’Alger des 10 et 11/4, ils interviennent à quelques jours de l’élection présidentielle française, à un mois des élections législatives algériennes (le 17 mai) et à quelques mois des élections législatives marocaines (juillet ou septembre).
En France, ces attentats sont du pain bénit pour un seul candidat : Sarkozy.
En Algérie, le DRS et le quarteron de généraux qui constituent le pouvoir de l’ombre ne craignent qu’une chose : que Boutelika, amoindri par son cancer, ne sacrifie certains d’entre eux, parmi les plus compromis dans la guerre sale des années 90 sur l’autel de la « respectabilité démocratique » pour faire plaisir à ses nouveaux amis de Washington.
Au Maroc, il s’agit pour les services royaux d’enrayer la réislamisation de la société, qui risque bien se traduire par un raz-de-marée électoral en faveur des « islamistes modérés » du PJD, balayant la gauche makhzénienne.
Et derrière tous ces théâtres de marionnettes locaux, se profile l’ombre du grand frère et grand tireur de ficelles, j’ai nommé le grand frère de Washington (siège du Pentagone), Langley, Virginie (siège de la CIA) et Stuttgart, Allemagne (siège d’AFRICOM, le nouveau commandement Afrique de l’armée US, lancé le 7 février dernier). Avec AFRICOM, les USA sont en train d'achever leur verrouillage du contrôle militaire de toute la planète. Rien de tel que quelques bons attentats pour convaincre le Congrès et le Sénat de voter les budgets pour alimenter ces machines voraces et leurs sous-traitants privés.
Qu’on me comprenne bien : je ne crois pas que les attentats de New York, Madrid, Casablanca ou Alger aient été décidés lors de réunions de conseils de ministres. Je ne crois pas non plus qu’ils aient été ouvertement ordonnés par des chefs quelconques se services secrets. Les complots de l’ère moderne sont beaucoup plus compliqués et sophistiqués que cela. Tout est dans les non-dits, que l’on laisse le soin aux subalternes d’interpréter dans le bon sens. Entre dire « continuez à surveiller ces gens-là », «n’intervenez pas pour arrêter cet attentat » et « donnez donc un petit coup de pouce pour que l’attentat ait lieu avant telle date », les frontières sont floues et les hommes de l’ombre ont toute latitude pour agir au mieux des intérêts du pays », c’est-à-dire des régimes en place et des clans contrôlant les services. Régimes et clans de copains, de coquins, et d'assassins.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !