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lundi 18 juin 2007

N°41 – Rose bonbon

Eh non, ça n’a pas été la déferlante, mais seulement une amère victoire: l’UMP comptait avoir plus de 350 députés élus, elle n’en a que 314. À qui la faute ? Tous désignent Jean-Claude Borloo, le ministre de l’Économie, qui s’est fait tout simplement piéger par Laurent Fabius au soir du 10 juin, sur TF1, en annonçant une augmentation de la TVA pour « financer les délocalisations ». Selon Raffarin, cette « TVA sociale » a fait perdre 60 députés à l’UMP. Au-delà de cette anecdote, l’électorat français a fait preuve de sa légendaire intelligence et, après avoir donné un coup de massue bleu à l’élection présidentielle, il a donné un coup d’aiguillon rose bonbon aux législatives. Mais de nouveau, le premier parti de France ont été les abstentionnistes : 40%, soit 14 millions d’électeurs.
La défaite la plus cinglante pour le parti sarköziste a eu lieu à Bordeaux, où Alain Juppé s’est fait éliminer.
La défaite la plus logique est celle d’Alain Carignon dans l’Isère. Apparemment, les électeurs n’aiment pas voir des repris de justice siéger à l’Assemblée nationale.
Mais la défaite la plus réjouissante est celle d’Arno Klarsfeld à Paris. Les électeurs du 12ème arrondissement n’ont pas été séduits par l’ancien garde-frontières israélien.
À gauche, le grand perdant, c’est Jean-Pierre Chevénement, le maire de Belfort et chantre du « souverainisme » de gauche, qui n’a pas pu retrouver le siège de député perdu en 2002. La fin de sa carrière – à 68 ans, on peut prendre sa retraite – coïncide avec la fin de son Mouvement citoyen.
Bref, la gauche s’en est pas trop mal sortie. On va voir maintenant comment elle va se « recomposer ». Jean-Luc Mélenchon a assisté à Berlin au congrès fondateur du nouveau parti de gauche, « Die Linke » (La Gauche), créé par les anciens communistes de l’Est de Gregor Gysi et les socialistes dissidents emmenés par Oskar Lafontaine. Verra-t-on une initiative similaire en France ? Verra-t-on la LCR, une partie du PCF, la gauche socialiste, certains Verts et quelques anti-libéraux se regrouper pour créer un nouveau parti ? C’est difficile à imaginer. L’heure serait plutôt au divorce.
À l’image du couple le plus célèbre de cette année électorale, qui vient de se séparer dans la vie privée, mais reste uni dans la vie publique.
« Je voudrais dire très simplement que nous avons décidé de ne plus être ensemble. Comme tous les couples, nous avons connu des difficultés. Ces difficultés, j'avais choisi de les mettre entre parenthèses pendant la campagne (...) C'était aussi pour moi une nécessité pour protéger mes enfants. Et aujourd’hui je crois que nous rentrons dans une nouvelle étape, c’est important de dire les choses comme elles sont…Nous ne sommes plus au même domicile… » C’est ce qu’a déclaré Canine Royale Suprême dans une «
interview exclusive » diffusée par France-Inter, une interview réalisée samedi, qui aurait du être diffusée mardi matin mais l’a été lundi matin, suite aux « pressions médiatiques ». Un petit bijou médiatique, ne serait-ce que par le long soupir que l’on entend au début de l’interview.
Pour conclure sur la gauche, les communistes ont connu un « succès » inespéré en obtenant 18 sièges. Il ne leur manque donc qu’un député pour constituer un groupe parlementaire. Les 4 élus verts devraient les rejoindre dans ce groupe. À défaut de mariage d’amour, un PACS de raison…
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 21 mai 2007

N° 37 – « 22 », la nouvelle série


Une dose de « Dallas », une dose de « Dynasty », une dose de « 24 », une dose de « Soprano », une pincée de Loft Story, un parfum de « Star Academy », le tout assaisonné de souvenirs du « Parrain » : mélangez, servez tiède et ça donne. « 22 », le nom de la nouvelle série télévisée qui passe sur toutes les chaînes françaises en continu. 22, c’est le nombre de protagonistes de la série. Premier rôle : Don Nicco Sarkozzi, nouveau chef de la Coupole. Les 21 autres sont :
Premier ministre François Fillon, UMP, 53 ans.
Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durablesAlain Juppé, UMP, 61 ans.
Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi Jean-Louis Borloo, Parti radical, 56 ans.
Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités locales Michèle Alliot-Marie, UMP, 60 ans.
Ministre des affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner, Parti socialiste, 67 ans.
Ministre de l'immigration , de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement Brice Hortefeux, UMP, 49 ans.
Ministre de la justice Rachida Dati, UMP, 41 ans.
Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité Xavier Bertrand, UMP, 42 ans.
Ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos, UMP, 59 ans.
Ministre de l'enseignement supérieur et de la rechercheValérie Pecresse, UMP, 39 ans
Ministre de la défense Hervé Morin, UDF-majorité présidentielle, 45 ans.
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sportsRoselyne Bachelot, UMP, 60 ans.
Ministre du logement et de la ville Christine Boutin, UMP, 63 ans.
Ministre de l'agriculture et de la pêche Christine Lagarde, 51 ans.
Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement Christine Albanel, 51 ans.
Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique Eric Woerth, UMP, 51 ans.
Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, auprès du premier ministre Roger Karoutchi, UMP, 55 ans.
Secrétaire d'Etat à la prospective et évaluation des politiques publiques, auprès du premier ministre Eric Besson, ex-PS, 49 ans.
Secrétaire d'Etat aux transports, auprès du ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durableDominique Bussereau, UMP, 54 ans.
Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes Jean-Pierre Jouyet, 53 ans.
Hors gouvernementMartin Hirsch, 43 ans, président d'Emmaüs-France, haut commissaire aux solidarités actives contre les pauvretés.
Le thème de la série : après de le départ du « Grandfather », Don Chiracco, un nouveau parrain prend sa place et nomme son équipe, dans laquelle on remarque un repris de justice (Alain Juppé) et deux traîtres : Bernard Kouchner et Eric Besson.
Alain Juppé : c’est l’homme dont Don Chiracco a exigé la présence au sein de la Coupole, à la droite de Don Nicco. Juppé est le candidat de Don Chiracco pour l’élection de 2012. En attendant, il sera chargé de faire la liaison avec le Grandfather déchu, lequel va créer une Fondation pour le développement durable, administrée par un vieil ami de la famiglia, Michel Camdessus, ancien président de la Coupoles des Coupoles, le FMI, puis conseiller du Vatican. Après avoir été condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris en 2004, Juppé s’était exilé au Québec où, dans la contemplation des vastes espaces enneigés du grand Nord, il a été touché par la grâce écologiste. Don Nicco, en le nommant, a tenu à remplir la promesse faite à Nicolas Hulot, dont il avait signé le « Pacte écologique », pendant la campagne électorale.
Mais les deux hommes dont la présence dans la Coupole a fait le plus jaser, ce sont Eric Besson et Bernard Kouchner. Don Nicco, dont la phase préférée, répétée dans chacun de ses discours, est « Je ne vous trahirai jamais » -une telle obsession est pour le moins suspecte – a fait très fort, en débauchant deux pontes du Parti socialiste, qui s’en étrangle de fureur. Mais au fait, sont-ce vraiment des traîtres ? Pour Eric Besson, je ne sais pas, mais pour Bernard Kouchner, voici ce que je peux vous dire.
Kouchner, baptisé depuis longtemps par les Palestiniens francophones « Kauchemar », est le doyen des 22. Il a 67 ans, alors que la moyenne d’âge des 21 autres est de 52 ans. On aurait pu penser qu’il avait atteint l’âge de la retraite. Mais non, il a expliqué à ses amis socialistes qu’il avait besoin d’un boulot. C’est qu’après avoir raté la présidence de l’Organisation mondiale de la santé, il était désoeuvré. Son dernier petit boulot ne lui avait rapporté que 30 000 Euro. Il avait concocté un petit rapport vite fait bien fait pur dédouaner l’entreprise pétrolière Total des accusations d’avoir recouru à des travailleurs forcés pour la construction d’un gazoduc en Birmanie. Pour écrire ce rapport, il avait passé : 1 journée à Genève, 1 journée à New York et 1 journée ½ à Rangoon.Depuis 15 jours, les médias français avec un touchant ensemble ont répété matin midi et soir que Kouchner, en Mai 68, était sur les barricades. Faux, faux et archi-faux : en Mai 1968, Kauchemar, qui avait alors 29, était un jeune médecin et opérait au Biafra, où Jacques Foccart, l’homme chargé par De Gaulle de réorganiser l’empire colonial français en Afrique, avait monté une petite sécession pour arracher les ressources pétrolières au Nigeria. Que Kauchemar roule pour l’Élysée n’est donc pas une nouveauté. En 1994, il a remis ça, au Rwanda, où il a mené la mission exploratoire qui a débouché sur l’Opération Turquoise. Cette opération, sous couvert d’intervention humanitaire, a permis d’exfiltrer les responsables et auteurs du génocide rwandais. Kauchemar est l’inventeur de « l’ingérence humanitaire ». Les Soudanais n’ont qu’à bien se tenir : là où Kauchemar trace un « corridor humanitaire », l’herbe n’est pas près de repousser. Sa présence dans la série « 22 » devrait apporter un zeste d’ « Urgences », d’autant plus que le héros d’Urgences, George Clooney, est totalement engagé dans l’opération « Sauvons le Darfour ».Pour conclure, une petite suggestion aux scénaristes de « 22 » : si vous voulez pulvériser les records d’audience, embarquez donc les 22 à bord du yacht Paloma et concoctez-nous une super Loft Story. Si vous trouvez que ça manque de femmes, ajoutez-y Cecilia et Christine. Les spectateurs ne risquent pas de s’ennuyer.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !