lundi 26 mars 2007

N° 30 – Birao, ville fantôme : un crime de guerre français en pleine campagne électorale


Les rebelles ont pris Birao…mais le 3ème RIMA les a dégagés fissa !

Un bon petit crime de guerre au cœur du Continent noir, rien de tel pour corser une bonne campagne électorale ! Mais hélas, le silence radio total qui a accompagné et suivi la dernière opération spéciale des braves pioupious du 3ème RPIMA (Régiment de parachutistes d’infanterie de marine) basés dans la bonne ville de Carcassonne, est bien au diapason du caractère obscène de la campagne électorale pour la présidentielle française, où les deux principaux candidats font dans la surenchère nationalo-identitaire, pour la plus grande joie du Borgne bâtard breton.
Donc, c’est dit : il n’y aura pas de scandale Birao pour venir entacher cette joyeuse campagne. Silence ! Secret défense ! Accords secrets de défense ! Domaine réservé de la Présidence ! Circulez, il n’y a rien à voir, rien à dire ! Touchez pas au grisbi !
Et pourtant, il y aurait de quoi dire. De quoi s’agit-il ? Je vais vous le conter brièvement.
La République centrafricaine – capitale Bangui – est sous la botte d’un général, François Bozizé, venu au pouvoir avec l’aide française par un coup d’État il y a quatre ans. Depuis que le Centrafrique existe (1960) – auparavant, ce pays s’appelait l’Oubangui-Chari et faisait partie de l’Afrique équatoriale française, et les historiens s’accordent à dire que ce fut le pays où la colonisation fut la plus cruelle -, tous les présidents qui s’y sont succédés ont été mis en place ou dégommés par la France. À commencer par David Dacko, qui prit la place en 1960 de Barthélémy Boganda, père fondateur de la nation centrafricaine, opportunément mort dans l’explosion , inexpliquée à ce jour, de son avion le 29 mars 1959. Pour continuer avec Jean-Bedel Bokassa, mis en place par Foccart et dégommé par Giscard en 1979, au cours de la rocambolesque opération « Barracuda », où VGE fit preuve de tout sauf de gratitude, pour les fameux diamants offerts par l’Empereur. Re-Dacko, renversé par Kolingba en 1981. En 1993, miracle, Ange-Félix Patassé parvient au pouvoir par des élections et non par un coup d’État, fait trop rare pour être signalé. Réélu dans la contestation en 1999, victime de diverses tentatives de putsch, Patassé est finalement renversé le 15 mars 2003 par le général Bozizé, ancien chef d’État-major, appuyé par l’armée française et par son compère Idriss Déby, satrape du Tchad voisin, lui-même venu au pouvoir par les armes et par la France.
La République centrafricaine est un pays riche dont les habitants sont pauvres : ses richesses –diamants, uranium, or et bois tropicaux - y sont honteusement exploitées par des prédateurs. Elle est de plus située stratégiquement entre le Soudan , le Tchad et les deux Congo. Le petit père Bozizé vient de se faire délivrer par le Parlement à ses ordres la possibilité d’édicter des lois par ordonnances, ce qui lui permet de faire ce qu’il veut avec les richesses de « son » pays.
Les Centrafricains ne sont donc pas contents, mais pas du tout, et on les comprend. Et certains d’entre eux ont pris les armes. On peut aussi les comprendre.
Birao est le chef-lieu de la préfecture de Vakaga, dans l’extrême-nord du pays. Sa population est passée en deux ans de 22 000 à 14 000, pour descendre aujourd’hui à 600. La raison en est simple : au moins 70% des maisons de Birao ont brûlé. Accident ? Oh que non ! Ce sont des soldats qui ont mis le feu aux maisons, entre le 4 mars et aujourd’hui. Quels soldats ? Eh bien ! C’est là que les avis divergent : les uns prétendent que ce sont les forces armées de Bozizé, les autres que ce sont les rebelles de l’UDFR (Union des forces démocratiques pour le Rassemblement), qui avaient pris le contrôle de la ville avant d’en être délogés à coups d’obus et de roquettes. L’ONU, qui a envoyé deux missions sur place, constate les dégâts, mais ne prend pas position sur l’identité des criminels. L’UDFR dément avec virulence ces accusations et dit que sont les soldats de Bozizé et leurs protecteurs de l’armée française, qui avaient permis aux troupes « loyalistes » de reprendre le contrôle de la ville et de son aéroport, par une opération double le 4 mars : bombardements des rebelles par des Mirage F1 venus du Tchad et opérations au sol menées par les vaillants paras du 3ème RPIMA.
L’opération du mois de mars a été la première opération aéroportée de l’armée française en Afrique depuis le fameux saut sur Kolwezi (au Congo, alors Zaïre) en 1978.Actuellement, on dénombre quelque 280 000 déplacés, dont 212 000 à l’interieur du pays, 20 000 au Cameroun et 50 000 au Tchad. Au total, un million de personnes, soit le quart de la population du pays, ont été affectées par l’insécurité générale qui règne dans le nord du pays.
L’armée française s’est rendue coupable et complice de crimes de guerre. La Cour pénale internationale devrait ouvrir ce dossier. Le parlement français devrait ouvrir une enquête. L’Union européenne devrait ouvrir sa gueule.
Oh pardon, excusez-moi ! J’’étais encore en train de rêver à haute voix.
La Cour pénale internationale ? Elle ne voit de criminels de guerre qu’au Soudan, chez les méchants « milicens Janjawid ».
Le parlement français ? Il n’a jamais osé s’en prendre à la politique africaine de l’Élysée, domaine réservé et sensible.
L’Union européenne ? Louis Michel, le gros Belge qui est son commissaire au développement et à l'action humanitaire, était justement à Bangui les 7 et 8 mars et il l’a dit « tout va très bien, madame la Marquise ». Il a salué la « volonté d'ouverture et de dialogue» du président Bozizé, « légitimé par les élections démocratiques » de 2005. mais surtout il a annoncé le déversement d’une manne financière sur Bozizé : 68,5 millions d’Euro + 109 millions pour le bitumage des routes et les programmes de « gouvernance », + 2 petits millions pour l’Assemblé nationale + 1 petit million et demi pour financer le « Conseil de la médiation ».
Et Gros-Louis s'est engagé « personnellement » pour « propulser la République Centrafricaine dans une percée politique, économique et sociale » attendue depuis longtemps par la population…
Pendant ce temps, rapportent des petits curieux, des centaines de tonnes d’armes achetées (avec quel argent ?) par Bozizé en Afrique du Sud, affluent à Bangui. Vous avez dit « ouverture et dialogue » ?
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 19 mars 2007

N° 29 – La Bande des Douze se lance dans le Grand Jeu-Concours : « Qui lave plus blanc ? »

La liste officielle des candidats à l'Élysée a été dévoilée lundi 19 mars à 17h30 par le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré. La candidature de José Bové, qui craignait de ne pas avoir rassemblé les 500 parrainages nécessaires, a été validée.
Il y a donc finalement douze candidats officiels. Sont donc en lice:
- François Bayrou (UDF), alias Le Tractoriste Rammasse-tout (TRT)
- Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire), alias Le Petit Facteur de Léon (PFL)
- José Bové (Altermondialiste), alias Joseph Le Petit Père des Faucheurs (PPF)
- Marie-George Buffet (PCF), alias Blues Georgina Tyrannosaura (BGT)
- Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), alias Camarade Rétro Travayeuzétravailleurs (CRT)
- Jean-Marie Le Pen (Front national), alias le BBB (Bâtard Borgne Breton)
- Frédéric Nihous (Chasse, pêche nature, traditions), alias Plouc Yabon Panpan (PYP)
- Ségolène Royal (PS), alias Canine Royale Suprême (CRS)
- Nicolas Sarkozy (UMP), alias Nabotléon Identité Génétique Nationale (NIGN)
- Gérard Schivardi ("candidat des maires", soutenu par le Parti des Travailleurs), alias Maire d’Alors (MdA)
- Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), alias Le Fou du Puits (FdP)
- Dominique Voynet (Verts), alias La Môme Vertdegris (MVG).
Si j’étais vous, chers électeurs de France et de Navarre, je commencerais à prendre des dispositions pour m’expatrier vers le 7 mai 2007. Vous avez le choix entre :
- le Venezuela
- la Bolivie
- l’Équateur
- Cuba- l’Iran
- la Corée du Nord.
Tous ces pays ont besoin de vos compétences et n’ont pas de ministères de l’immigration et de l’Industrie nationale.Ma boule de cristal donne en effet NIGN gagnant à 80% le 6 mai 2007. Mon raisonnement est simple : au premier tour les votes conjugués en faveur de TRT, PPF, MVG, PFL et CRT enlèveront à CRS environ 20% des voix. Elle sera donc exclue du 2ème tour, au profit de NIGN et de BBB. Les seuls qui pourraient changer la donne, ce serait les 40% d’abstentionnistes prévisibles. Mais il faudrait un véritable miracle pour qu’ils surmontent leur dégoût et trouvent le chemin des urnes.
Bref, le spectacle continue !
Et pour départager la meilleure marque de lessive, je vous recommande d’appliquer le principe de précaution et d’étudier les tests réalisés par l’Union Française des Consommateurs, qui analyse les rapports qualité-prix, les effets sur l’environnement etc.
À moins bien sûr que vous ne préfériez aux produits de supermarché ceux qui ne coûtent rien, ne dévastent rien et lavent très bien : la cendre de votre cheminée.


Et pour conclure, je dédie le joli dessin ci-dessous à tous ceux d’entre vous qui, saisis par la folie ambiante, se sont pris soudainement d’amour pour le Tractoriste ramasse-tout du Béarn, auquel s’applique parfaitement cette petite phrase du défunt Tonton-le-machiavélique : « «Le centre n'est ni à gauche ni à gauche»…




Médaille soviétique au tractoriste méritant, 2ème Guerre mondiale. En vente sur Internet pour 19,95 $...


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !


lundi 12 mars 2007

N° 28 – Ce que le nabot te prépare, cher peuple de France

Maintenant qu’on a installé une parabole près de mon marigot, je peux enfin suivre en direct la campagne électorale française. J’ai donc pu me farcir l’intégralité de l’émission « À vous de juger » d’Arlette Chabot, sur France2, jeudi soir 8 mars, dont l’invité était Nicolas Sarközy de Nagy Bocsa, alias Nabotléon. Je dois vous avouer que j’ai eu du mal à me remettre du choc produit sur moi par cette émission. Je me suis dit pendant quatre jours : « Mais enfin, ce n’est pas possible qu’un tel personnage devienne président de la République française ou alors, cela voudra dire que la France n’est plus ce qu’elle était et tente encore péniblement d’être. »
Le dimanche précédent, invitée à l’émission préférée de Chirac, « Vivement Dimanche », du sarkozyen Michel Drucker, la chanteuse Lio expliquait son admiration sans bornes pour Mikhaïl Gorbatchev lequel, après la fin de sa carrière politique, s’était mis à jouer dans des publicités. À la question « Et Ségolène, vous la verriez dans quelle pub ? », Lio répondait : « Une pub pour les sous-vêtements Damar. » « Et Sarkozy ? » Hésitation, puis Lio : « Une pub pour des vélos. »
C’état assez bien vu : entre les nombreux personnages que Nabotléon évoque, il y a celui du cycliste du tour de France. Mais alors, du cycliste dopé à mort. Non, je crois que les seules pubs dans lesquelles Sarkoléon pourrait donner toute sa mesure, ce serait celles pour le Valium ou le Prozac.
Petit Nicolas est un angoissé, un anxieux, un complexé, un homme qui fait peur parce qu’il a peur lui-même. Il a un terrible complexe d’infériorité : à cause de ses origines –fils d’immigré -, à cause de sa petite taille, à cause de son intelligence très moyenne, à cause de son bagage culturel plutôt léger , en tout cas comparé à Chirac ou Mitterrand.La raison présente de son angoisse, c’est qu’il a tué le Père – Chirac, qu’il a trahi pour Balladur – et que, désormais, il doit prendre sa place. Et il sait qu’il n’a pas la carrure nécessaire pour exercer de telles fonctions. Alors, il compense comme il peut. Mais chaque fois qu’il répond à une question, il est en position de défense, comme s’il avait peur en permanence d’être pris en défaut. Sarkoléon est un battant mais pas un combattant. Il n’a aucune idée politique. Il n’a aucune vision. Il n’a aucun corpus idéologique bien déterminé –un point commun avec Chirac, qui s’est promené toute sa vie entre le radical-socalisme et le gaullisme -, il n’a que…sa police.
En effet, la France vit actuellement une situation unique dans son histoire : elle court le risque de se retrouver au soir du 6 mai 2007 transformée en République du Sarközyland, avec comme Président un ministre de l’Intérieur qui aura mis l’ensemble de la police du pays à son service pour la campagne électorale. C’est quelque chose de proprement stupéfiant. La décence aurait voulu que Nabotléon démissionne de poste de ministre de l’Intérieur pour éviter le mélange des genres. Mais là, ce n’est plus de mélange qu’il s’agit, mais de fusion !
Qu’a donc apporté l’émission d’Arlette Chabot ? On a compris que Sarko président conserverait comme ministres Borloo et Aillot-Marie et qu’il prendrait sans doute François Fillon comme Premier ministre. De toute façon, Sarko étant un dictateur du détail, qui veut s’occuper de tout, son Premier ministre n’aura pas beaucoup de poids et aucune autonomie Va-t-il adouber Nicolas Hulot comme vice-Premier ministre chargé du développement durable ? On n’en a pas parlé, mais ça ne m’étonnerait pas. En tout cas, il ne veut pas avoir trop de ministres, 15 au maximum et de toute façon, il va changer tout ça, il va redessiner les ministères, pour rendre son « équipe A » performante. Bref, son gouvernement ne ressemblera pas du tout au gouvernement italien avec ses 109 ministres, auquel Sarko a fait allusion pour attaquer François Bayrou et sa proposition de grande union de la gauche et de la droite, que Sarko trouve d’un ridicule achevé. Lui il est de droite et son ennemi, c’est la gauche. Point barre. Et s’il pouvait, il se passerait même de ministres, pour tout faire lui-même. Bref, un véritable fou furieux.
La seule véritable révélation de la soirée a été l’annonce par Nabotléon qu’il créerait un « ministère de l’immigration nationale et de l’identité nationale » -je cite textuellement -, faisant un lapsus au passage, sous le coup de l’émotion. Un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale ? Cé kwassa ? Pourquoi pas carrément un ministère de la Préférence nationale ? De quoi va s’occuper ce ministère ? De délivrer des certificats d’identité nationale aux uns et des avis d’’exclusion et d’expulsion aux autres, les indésirables ? D’accorder des autorisations d’importer des contingents de main d’œuvre choisie pour des périodes limitées dans le temps à des entreprises qui en feront la demande ? Qui serait en charge d’un tel ministère ? Arno Klarsfeld, le garde-frontières israélien ? En tout cas, l’idée du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale a été soufflée au nabot par le duo de compères Pascal Bruckner-Alain Finkielkraut, que je verrais bien en commissaires aux Affaires musulmanes et nègres dans ledit ministère. Avec Robert Redeker et Claude Lanzman comme conseillers spéciaux et Roger Cukierman comme Gand Contrôleur. Cukierman qui, au cas où Sarko serait élu, pourrait carrément rebaptiser son CRIF Conseil représentatif des Institutions Françaises. Le Président Sarközy, outre qu’il essaierait d’entraîner la France dans les prochaines aventures guerrières de l’Empire yankee, à commencer par une guerre contre l’Iran, ne ferait que continuer la politique qui a été la sienne comme ministre de l’Intérieur. Une politique dont les emblèmes sont :
Le Kärcher pour nettoyer les banlieues des nouvelles classes dangereuses
Le Taser (le pistolet paralysant en dotation de la police)
Les caméras-vidéos partout
Le coton-tige (le bâtonnet utilisé pour prélever la salive des gens dont l’ADN est inscrit au fichier génétique et qui se retrouvent devant la justice en cas de refus)
La prévention précoce de la délinquance juvénile (dès l’âge de trois ans)
Les charters d’indésirables.
Bref, des pays lointains comme le Venezuela et l’Iran doivent s’attendre à accueillir d’ici quelques mois des demandeurs d’asile en provenance du Sarközyland. Si toutefois, Nabotléon est élu. Ce qui, pour l’heure, n’est pas sûr. Touchons du bois.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 5 mars 2007

N° 27 – Femmes violées, femmes combattantes, femmes condamnées : salut à vous !

Depuis quelques jours, il y a de l’agitation dans mon marigot : les jeunes femelles caïmanes de la tribu s’agitent dans tous les sens et semblent être en train de comploter. J’ai finalement compris : elles préparaient le 8 mars, Journée internationale des femmes ! Je leur ai donc demandé si elles connaissaient l’origine de cette journée. Elles m’ont répondu que non. Je leur ai donc donné un petit cours. Clara Zetkin (à gauche) et Rosa Luxembourg à Copenhague en 1910

La journée internationale a son origine dans le mouvement socialiste du début du siècle : c’est la socialiste allemande et future communiste Clara Eissner Zetkin qui l’a proposée en 1910 à la Conférence internationale des femmes socialistes de Copenhague. Dès 1911, des femmes manifestent ou même se mettent en grève ce jour-là à travers l’Europe. Le 8 mars 1917, les ouvrières de Saint Pétersbourg, se mettent en grève. Les deux revendications principales des femmes dans ces années-là étaient le droit de vote et l’amélioration des conditions de travail et de vie. En Union soviétique et dans le bloc de l’Est après 11945, le 8 mars était l’occasion de défilés pompeux et de grands discours, pas toujours suivis d’effets. J’ai souvenir d’une photo qui m’avait beaucoup frappé dans les années 80, celle de Jaruzelski, le sinistre général polonais aux lunettes noires, faisant le baise-main à une ouvrière le 8 mars. En 1977, l’ONU a repris à son compte le 8 mars, qui est devenu une fête officielle dans la France mitterrandienne dès 1982.
Cette année, je crois que les femmes – et les hommes aussi, d’ailleurs - devraient sinon manifester du moins avoir une pensée pour les femmes martyres et combattantes d’Irak. Je pense particulièrement à cinq d’entre elles, dont je vais vous parler.
La première n’est plus en vie. Elle avait 14 ans. Elle s’appelait Abir Kassem Hamza Al Janabi. Et c’était une « femme voilée, femme violée » mais pas au sens où l’entend Mme Ségolène Royale. Ce n’est pas un musulman qui l’a violée mais un groupe de 5 GI, défenseurs de la démocratie, à Mahmoudiya. Membres de la 101ème division aéroportée, Paul Cortez, Steven Green, James Barker, Jesse Spielman et Bryan Howard l’ont violée puis exécutée d’une balle dans l’œil avant de tenter de mettre le feu à son corps. Auparavant, pour pouvoir mettre tranquillement à exécution le plan qu’ils avaient prémédité, ils avaient assassiné le père, la mère et la petite sœur de six ans d’Abir. Cortez vient d’être condamné à 100 ans de prison par un tribunal militaire. Auparavant, Barker avait été condamné à la prison à perpétuité. Les procès des 3 autres devraient suivre. Cortez a échappé à la peine capitale car il avait négocié avec le procureur et avait plaidé coupable. Il devrait ressortir de prison dans une dizaine d’années. Il n’aura que 34 ans, encore donc toute une vie devant lui pour finir d’expier son crime.Cette affaire n’a rien d’exceptionnel dans l’Irak occupé et livré à la soldatesque. La répétition de ce genre d’ « incidents » donne toute sa légitimité à la résistance irakienne, qualifiée bien sûr de terroriste par les occupants et les médias à leur solde.
Et cette résistance n’est pas le seul fait des hommes. Les femmes y sont aussi engagées, et pas seulement pour assurer des tâches traditionnelles. Pour dissuader les femmes irakiennes d’entrer en résistance, les occupants ont donc voulu frapper un grand coup et faire un exemple, en faisant condamner à mortpar un tribunal à leur solde quatre femmes. Voici ce qu’en dit Amnesty International.
Samar Saad Abdullah a été condamnée à mort par la Cour pénale centrale irakienne le 15 août 2005, pour le meurtre de son oncle, de sa femme et de trois de leurs enfants, dans le quartier d’al Khudra à Bagdad. D’après certaines sources, elle aurait accusé son fiancé de ces homicides, qu’il aurait perpétrés, selon elle, dans l’intention de dépouiller son oncle. Cet homme aurait été arrêté, mais Amnesty International ignore la nature des charges retenues contre lui, le cas échéant. La condamnation de Samar Saad Abdullah a été confirmée en appel et la jeune femme risque d’être exécutée très prochainement.
Dans le cadre d’un autre procès, Wassan Talib et Zeynab Fadhil ont été condamnées à mort par la Cour pénale centrale irakienne le 31 août 2006, pour le meurtre, en 2005, de plusieurs membres des forces de sécurité irakiennes à Hay al Furat, un quartier de Bagdad. Ces deux femmes nient leur implication dans ces homicides, et Zeynab Fadhil aurait affirmé qu’elle se trouvait à l’étranger au moment où ils ont été perpétrés.
Liqa Qamar a été condamnée à la peine capitale le 6 février 2006 par la Cour pénale centrale irakienne, pour un kidnapping qui aurait eu lieu en 2005. Il semblerait que son époux ait été arrêté et accusé du même crime. Aucune information supplémentaire n’est parvenue à la connaissance d’Amnesty International. Ces quatre femmes sont détenues dans la prison de Kadhimiya, un quartier de la capitale. Deux d’entre elles sont emprisonnées avec un enfant en bas âge : Zeynab Fadhil avec sa fillette de trois ans, et Liqa Qamar avec sa fille âgée d’un an, qui est née en prison.
Une campagne a démarré en faveur des condamnées à mort irakiennes. Lancée depuis Bruxelles par le Brusselstribunal elle a été relayée en France par plusieurs groupes et sites web (lemondereel, europalestine, tunisitri, aloufok). Mieux, le Collectif féministe indigène, qui est la section féminine du Mouvement des Indigènes de la République, appelle à participer avec un keffieh sur la tête en solidarité avec les condamnées à mort de Bagdad le 8 mars à 18 heures au Père-Lachaise, à Paris.
Tout cela est très bien, à un détail près, qui me gêne. Le voici : tous ces groupes et sites cités ne parlent que de TROIS condamnées à mort, en l’occurrence Wassan, Zeynab et Liqa, laissant de côté Samar. Pourquoi ? De toute évidence, parce que Samar n’est pas accusée d’actes de résistance (ou de terrorisme) mais de meurtres obéissant à d’autres mobiles (ce qui reste à démontrer). Elle est donc une « droit commun ». Et donc, nos braves militants politiques l’excluent de leur solidarité. Or, Samar est la seule qui risque réellement d’être exécutée très prochainement. Les trois autres ont en effet bénéficié d’un sursis à exécution et pourront faire appel, suite aux pressions diverses qui se sont exercées sur le « gouvernement » de Bagdad, notamment du Premier ministre turc Erdogan. Ce que nos militants n’ont pas l’air de comprendre, c’est qu’en excluant Samar de leur campagne, ils donnent – à leur insu, sans doute – un blanc-seing à son exécution et laissent soupçonner qu’ils ne sont pas opposés à la peine capitale dans tous les cas, mais seulement dans certains.
On me rétorquera que j’exagère. Je maintiens ce que je dis : faire une campagne exclusive pour certaines condamnées à mort et accepter de fait l’exécution de certains autres relève au mieux du manque de réflexion ou de la bêtise, au pire de l’irresponsabilité.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 26 février 2007

N° 26 – La valse de la Mortadelle

Premier temps de la valse : dans la soirée du mercredi 21 février, à Rome, le Sieur Mortadella s’est rendu chez le Sieur Giorgio o Magro (Georges le Maigre) pour lui remettre la démission de son gouvernement, suite à l’échec essuyé dans l’après-midi au Sénat par le Sieur Baffo ( Moustache), son ministre des Affaires étrangères. Deuxième temps de la valse : après quatre jours de réflexion, O Magro a annoncé le samedi 24 février qu’il refusait la démission de Mortadella, l’enjoignant à demander un vote de confiance aux chambres. Troisième temps de la valse : le Sieur Mortadella présentera donc son gouvernement n°2 bis aux chambres, en commençant par le Sénat, mercredi ou jeudi prochain.



Mortadella, O Magro et Baffo sont les nouveaux personnages de cette incroyable Commedia dell’Arte qu’est la politique italienne.
Mortadella, c’est Romano Prodi, aussi surnommé « Il Professore ». La mortadella, c’est le célèbre saucisson rose et blanc de pur porc de l’Émilie-Romagne, dont est originaire le Premier ministre italien.
Baffo, c’est Massimo d’Alema, ancien communiste, présentement social-démocrate bon teint, vice-président de l’Internationale socialiste, ancien et sans doute futur Premier ministre.
Giorgio o Magro, c’est Giorgio Napolitano, 81 ans, onzième président de la République italienne depuis octobre dernier. Son surnom lui fut donné par ses camarades communistes à Naples, sa ville natale, où il fit une carrière d’apparatchik du parti de Togliatti pendant 45 ans. Ses camarades l’avaient surnommé ainsi pour le distinguer de Giorgio o Chiatto, Georges le Gras, autrement dit Giorgio Amendola, leader de l’aile droite, réformiste du PCI, qui fut le maître à penser de Napolitano et avec lequel celui-ci finit par se brouiller à propos de l’occupation soviétique de l’Afghanistan en 1979. Amendola était pour, Napolitano était contre.
Et c’est ce même Afghanistan qui a été à l’origine de la démission du 59ème gouvernement italien depuis 1945. 60 gouvernements en 60 ans, c’est un record en Europe et dans le monde. Autres records : le nombre absolument incroyable de ministres, vice-ministres, secrétaires d’État et sous-secrétaires d’État du gouvernement Prodi. J’ai renoncé à essayer de les compter, mais un ami m’assure qu’ils sont…109 ! Un vrai orchestre symphonique. Ou plutôt cacophonique. C’est que ces messieurs-dames appartiennent à neuf formations politiques qui constituent un ensemble très hétérogène, dont la coordination a de quoi donner des migraines. La coalition dirigée par Prodi est un véritable supermarché, avec un côté jardin botanique. Qu’on en juge plutôt :
Il y a d’abord l’Olivier, qui regroupe les démocrates socialistes de Massimo d’Alema, anciens communiste devenus sociaux-démocrates et quelques comparses, lesquels sont en train de préparer leur transformation en « grand » Parti démocrate. À l’intérieur de l’Olivier, il y a le Chêne et la rose, emblèmes de ces démocrates socialistes. Puis il y la Marguerite, de Francesco Rutelli, parti frère de l’UDF de François Bayrou, une sorte de sociaux-démocrates-chrétiens. Ensuite, il y a la Rose au poing, regroupement radical-socialiste. Enfin, il y a le Tournesol, autrement dit les Verts. À ces noms de plantes s’ajoutent des noms poétiques comme « l’Italie du milieu » ou « l’Italie des valeurs ». Bref, la coalition est une famille nombreuse, puisqu’elle regroupe pas moins de 12 partis ou formations politiques, dont certains sont des groupuscules qui pourraient tenir congrès dans une cabine téléphonique. Autre record italien : c’est le pays qui a le seul gouvernement comptant à la fois : 1 parti ex-communiste (le PDS) et 2 partis communistes maintenus (le Parti de la refondation communiste et le Parti des communistes italiens), trois partis sociaux-démocrates, trois partis démocrates-chrétiens, 1 parti libéral, 1 parti écologiste et 1 parti de consommateurs (les « consommateurs unis »). Il ne manque à cet inventaire qu’un parti de cyclistes et un parti végétarien, mais cela ne saurait tarder, puisque le Sieur Mortadella a promis d’élargir sa coalition.


Camion de propagande électorale : « Romano Prodi président : le sérieux au gouvernement » (sic)


C’est que le Sieur Mortadella est champion dans une discipline qui devrait devenir olympique : le Grand Écart. La seule chose qui l’intéresse, c’est de rester au gouvernement, à n’importe quel prix et c’est bien cela qui semble souder la coalition : ils s’accrochent tous à leurs fauteuils et strapontins. Certains d’entre eux ont même siégé auparavant dans la coalition « La Maison des libertés » de l’inénarrable Sieur Berluska (Berlusconi) et se ont ralliés sans états d’âme à l’Union de Prodi.
Mais que s’est-il donc passé le 21 février ?
La journée a commencé au Sénat à 9 heures. Le ministre des Affaires étrangères Massimo d’Alema y a présenté un exposé de politique étrangère qui a ensuite été soumis au vote. Les sénateurs sont 319. 318 étaient présents. La majorité requise était de 160. Dans les votes au Sénat, une abstention vaut comme un vote contre. 4 sénateurs de la majorité se sont abstenus : Fernando Rossi, un indépendant de l’Union, Franco Turigliatto, un refondateur communiste, Bulgarelli, un vert et Follini, un démocrate-chrétien. Le gouvernement n’a donc obtenu que 158 voix, ce qui équivalait à un vote de défiance. Les deux points sur lesquels a eu lieu le clash étaient la poursuite de la présence militaire italienne en Afghanistan et l’extension de la base militaire aérienne US Dal Molin, près de Vicenza, dans le Nord-Est de l’Italie. L’Italie est un porte-avions de l’armée US depuis 1945 et ce ne sont pas les anciens communistes du gouvernement Prodi qui entendent remettre en cause la « vieille amitié » avec l’Oncle Sam. Malheureusement pour Prodi et d’Alema, le samedi 17 février, une manifestation monstre de plus de 100 000 personnes a eu lieu à Vicenza contre le projet de base militaire et un certain nombre d’élus communistes et verts y ont apporté leur soutien. Le modèle du mouvement civique contre la base est l’autre grand mouvement contestataire qui agite la Vallée de Susa dans le Piémont, contre le projet de TGV Turin-Lyon. L’ensemble de la population et la quasi-totalité des élus sont entrés en résistance contre ce projet qui menace de défigurer leur vallée. Pour corser les choses, quelque jours avant la manifestation de Vicenza, la police a arrêté plusieurs dizaines de syndicalistes, accusés de vouloir reconstituer les Brigades rouges, ce qui a permis à la presse de chauffer l’ambiance à la veille de la manif, en prophétisant des désordres apocalyptiques, lesquels n’ont évidemment pas eu lieu, tout s’étant déroulé dans la plus grande sérénité.

Dans une Europe où le clivage gauche-droite est totalement brouillé au niveau des représentations politiciennes, le gouvernement Prodi 2bis ne sera pas plus de gauche que le 2. Lequel a adopté une augmentation du budget militaire de 13%, la plus importante dans l’historie de l’Italie d’après-guerre. Mais que pouvait-on attendre d’autre d’un gouvernement dirigé par l’auteur d’un livre intitulé « Le capitalisme bien tempéré » ?
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous


lundi 19 février 2007

N° 25 – « Tous ensemble, tous ensemble »…contre l’Iran

Nicole Borvo Cohen-Séat à la Mutualité le 13 février 2007


« Aujourd’hui un nouvel Hitler est né : Il s’appelle Ahmadinejad . Au mémorial de la Shoah, on peut voir et entendre Goebbels, Ribbentrop et Hitler exprimer la même haine, les mêmes fantasmes, les mêmes calomnies que Ahmadinejad à Téhéran.
Hier c’était les juifs. Aujourd’hui c’est Israël qu’on veut anéantir. Au nom du Dieu commun aux religions monothéistes, Voilà un pays, l’Iran, qui n’a aucune frontière commune avec l’Etat d’Israël, et qui clame sa volonté de supprimer un autre État reconnu par l’ONU.
Au nom du même Dieu commun, Voilà un pays qui, au mépris de la mémoire meurtrie du peuple juif et de la vérité historique, organise un symposium négationniste mondial à Téhéran! J’ai rencontré des déportés qui pleuraient à la nouvelle de cette conférence.
Quand je dis que Ahmadinejad c’est le nouvel Hitler, on me dit : « vous exagérez, il a été élu démocratiquement ». Mais Hitler aussi. On me dit que Ahmadinejad est un clown, un guignol qui ne tiendra pas longtemps. Mais on disait la même chose pour Hitler dans les années trente.
En revanche, il y a une vraie différence entre les deux : Ahmadinejad est à 24 ou 36 mois de se doter de l’arme atomique. »

Ces phrases ont été prononcées le 13 février au palais de la Mutualité à Paris, par Roger Cukierman, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), lors d’un meeting « Contre le négationnisme et la menace du nucléaire iranien ».

Ce meeting s’inscrivait dans une machine de guerre de désinformation lancée depuis plusieurs mois par Israël et relayée aux USA par les principales organisations du lobby israélien. L’objectif de cette campagne est simple : préprarer l’opinion à une guerre contre l’Iran. Le moyen choisi est de tenter d’obtenir le soutien des deux grands partis US, les républicains comme les démocrates, à ce projet de guerre.

La version française de cette campagne a donc connu son temps fort le 13 février, avec le meeting de la Mutualité, précédé d’une manifestation au Mémorial du Martyr juif inconnu, rue Geoffroy l'Asnier.

Les orateurs au meeting étaient, outre Roger Cukierman :

- Christian Poncelet, Président du Sénat,
- Bertrand Delanoë, Maire de Paris
- François Léotard, ancien ministre
- Rudy Salles, Député des Alpes-Maritimes et Président du groupe amitié France-Israël à l’Assemblée nationale, qui représentait François Bayrou, candidat de l’UDF à l’élection présidentielle
- Pierre Lelouche, Député et Conseiller de Paris qui représentait Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’élection présidentielle
- Nicole Borvo Cohen-Séat, Sénatrice et Conseillère de Paris, qui représentait Marie-Georges Buffet, candidate du PCF à l’élection présidentielle
- Corinne Lepage, Présidente de Cap 21 et candidate à l’élection présidentielle
- Jean-Louis Bianco, Député des Alpes de Haute Provence et Codirecteur de campagne de Ségolène Royal, candidate du PS à l’élection présidentielle, qu'il représentait.

Tous les orateurs ont brodé sur le même thème : Ahmadinejad menace Israël, l’Occident, la démocratie, la planète, bref il est le Grand Satan Absolu, le "nouvel Hitler".

"Ahurissant"

Cet événement n’a suscité qu’UNE SEULE protestation, celle des sections du PCF de Douai (Nord) et de Paris XVème :
« Dans son édition datée des 11 et 12 février « Le Monde » publie une publicité du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) appelant à un « meeting » à Paris, à la Mutualité le 13 février « contre la menace iranienne ».
L'Iran est présenté dans cet appel comme « un danger mortel pour la paix dans le monde » dans la mesure où : Il défierait « le concert des Nations Unies par un programme nucléaire militaire » Il a organisé « une conférence négationniste internationale » Il multiplie « les appels à rayer Israël de la carte » Il est indiqué dans cette publicité « qu'ont donné leur accord de principe pour prendre la parole à ce meeting », entres autres : François BAYROU, Bertrand DELANOE, Ségolène ROYAL, Nicolas SARKOZY, ... et Nicole BORVO. Que l'on retrouve dans une telle aventure celui qui, dans son discours de Toulon il y a quelques jours, s'est placé à l'ombre de Le PEN après s'être placé sous celle de BUSH à l'automne dernier, ne surprendra personne. On connaît la ligne atlantiste de l'UDF. Que le maire de Paris, comme la candidate socialiste, soient présents ne surprendra pas beaucoup plus : les déclarations de Mme ROYAL sur l'Iran, qui vont bien au delà des résolutions de l'ONU, sont connues, de même que la mansuétude dont elle fait preuve, comme DELANOE, à l'égard du mur de l'apartheid en Palestine, pourtant condamné par plusieurs résolutions internationales.
Mais que la sénatrice de Paris, dirigeante nationale du PCF, participe à une entreprise dont les responsables n'ont que mépris pour le droit international et les résolutions de l'ONU, et notamment le droit du peuple palestinien à un Etat, est proprement ahurissant. Antisémitisme et révisionnisme sont intolérables, et doivent être combattus. Mais après la guerre menée par Israël contre le Liban et la Palestine l'été dernier, après la décision du président américain de poursuivre et renforcer la guerre contre le peuple irakien avec 21500 soldats supplémentaires, après les menaces de frappes américaines et israéliennes sur l'Iran une telle présence à la Mutualité, le 13 février, ne peut être qu'un encouragement aux agressions américaines et israéliennes au Moyen Orient. C'est d'autant plus inacceptable que le peuple américain vient de montrer massivement, il y a deux semaines, sa mobilisation contre la guerre et la politique de Bush. Non, les responsables du PCF n'ont pas à se transformer en supplétifs des USA et d'Israël. Ils ont tout au contraire à faire naître en France une mobilisation de masse, y compris par des manifestations unitaires, pour la paix et la reconnaissance des droits du peuple palestinien, comme pour le droit à la liberté et à l'indépendance nationale des peuples du Moyen-Orient. »
Je n’ai noté aucune réaction dans les rangs du PS, de l’UMP et de l’UDF. Qui ne dit mot consent. Les principaux partis politiques français se sont donc rangés sans broncher sous le drapeau des va-t-en guerre de Tel Aviv et Washington. Pauvre France !

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 12 février 2007

N° 24 – Le Pacte Royal : une rhapsodie en gris


« Avec moi, plus jamais la politique ne se fera sans vous… (C’est) plus qu’un programme, un pacte présidentiel , un contrat d’honneur que je propose à toutes à tous » : dimanche 11 février, devant 15 000 supporters, Ségolène Royal a « dévoilé » son « pacte présidentiel » en 100 points, qui rappellent furieusement les « 110 propositions » qui avaient fait élire François Mitterrand en 1981.

Ce pacte présidentiel ne contient rien de bouleversant ou de décoiffant : c’est un banal programme social-démocrate mâtiné de libéralisme, plein de promesses financières alléchantes dont on se demande bien sûr comment leur réalisation sera financée.

L’équipe de Canine Royale avait mis le paquet pour le lancement du « pacte », qui entend répondre au « pacte républicain » de Sarkozy. C’est qu’on s’inquiétait à l’état-major de Royale devant la chute vertigineuse des intentions de vote en faveur de la Madone du Poitou depuis un mois et la montée inquiétante des intentions de vote en faveur de Bayrou et Le Pen. On a donc sorti l’artillerie lourde et changé de slogan : « Le progrès pour tous, le respect pour chacun » est désormais remplacé par « Plus juste, la France sera plus forte ». Autrement dit, on est passé de « demain, on rasera gratis » à « demain on rasera à crédit, avec aftershave gratuit ».

Le « pacte » ressemble à un catalogue de la Redoute : on y trouve de tout, à défaut d’y retrouver tout, depuis l’augmentation du SMIC (de 1250 actuellement à 1500€) à la taxe Tobin réclamée par ATTAC, en passant par l’augmentation des petites retraites ou la prévention des maladies graves (cancer, SIDA, Alzheimer, maladies orphelines), sans oublier la contraception gratuite pour les femmes de moins de 25 ans, le crédit de 10 000 € à taux zéro pour les jeunes créateurs d’entreprises et les fameux « centres éducatifs renforcés, si besoin avec un encadrement militaire » pour les sauvageons de banlieue. L’essentiel des points concerne la politique intérieure, seuls douze points concernent la politique européenne et internationale et l’immigration est ravalée dans les trois derniers points.

Sur la politique internationale, Royale reste assez vague : « maîtriser la mondialisation, réviser notre politique d’aide au développement, relancer la coopération euroméditerranéenne ». Ce qui ne mange pas trop de pain. Tout comme la proposition d’ « une initiative pour une Conférence internationale de paix et de sécurité au Proche Orient. » à lancer avec « nos partenaires européens ».

Bref, tout cela me semble voler au ras des pâquerettes et manquer d’une vision de nature à enthousiasmer les électeurs. La couleur annoncée n’est plus le rose, mais le gris.

Voilà ce qu’il y avait à dire sur le pacte Royal.
Pour conclure sans oublier le concurrent de Royal, je vous recommande la lecture d’un texte de l’historien Gérard Noiriel, « Les usages de l'histoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy », dans lequel il analyse les références de Sarkozy à Jean Jaurès et Léon Blum ainsi que son attaque contre le « communautarisme historique », dont Noiriel signale qu’il s’agit d’un « nouveau concept », dont on ne sait pas ce qu’il recouvre. À lire sur
http://cvuh.free.fr/articles/noiriel.usages.sarkozy.html , un site très intéressant géré par le Comité de Vigilance face aux Usages publics de l'Histoire, créé en juin 2005 par plusieurs historiens, qui ont condamné notamment l’adoption de la loi sur les « aspects positifs » de la colonisation. Refusant que « l'histoire soit livrée en pâture aux entrepreneurs de mémoire », ces historiens disent en avoir assez « d'être constamment sommés de dresser des bilans sur les aspects « positifs » ou « négatifs » de l'histoire. Nous refusons d'être utilisés afin d'arbitrer les polémiques sur les « vraies » victimes des atrocités du passé. Ces discours ne tiennent compte ni de la complexité des processus historiques, ni du rôle réel qu'ont joué les acteurs, ni des enjeux de pouvoir du moment. Au bout du compte, les citoyens qui s'interrogent sur des problèmes qui les ont parfois (eux ou leur famille) directement affectés, sont privés des outils qui leur permettraient de les comprendre. »

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 5 février 2007

N° 23 – Le philosophe du cœur déclare son choix

Dans un étonnant article paru dans Le Monde du 30 janvier 2007, André Glucksmann annonce et explique pourquoi il « choisit Nicolas Sarkozy ». Alors que Bernard-Henri Lévy se tait et que Finkielkraut se tâte encore, voici donc l’un des trois mousquetaires de la « Nouvelle Philosophie » embarqué aux côtés du nain magyar, et en bonne compagnie : Johnny Halliday, Max Gallo et Doc Gynéco.
Glucksmann précise : « Jamais au cours d'une vie longue et pleine d'engagements, je n'ai pris publiquement parti pour quelque candidat, sauf au deuxième tour de mai 2002. Fils de juifs autrichiens qui combattirent les nazis en France, ce pays est mon choix et la gauche ma famille d'origine. C'est pour elle que, depuis quarante ans, je ferraille contre ses pétrifications idéologiques (soutien à Soljenitsyne, aux dissidents antitotalitaires de l'Est, critique des oeillères marxistes). »
Glucksmann explique qu’il a « un temps rêvé d'une candidature de Bernard Kouchner, restituant à la gauche française une dimension internationale perdue. Veto d'un PS effrayé par l'audace de l'électron libre. J'aurais aimé un ticket Sarkozy-Kouchner. » Et il ajoute : « En prenant position pour le premier, je vais perdre des amis. Ma décision, faite de douleurs anciennes et de perspectives nouvelles, est réfléchie. »
À en croire André Glucksmann, Sarkozy, dans ses discours électoraux, renoue avec les traditions de la « France du cœur », celle de Victor Hugo, Jean Jaurès, Georges Mandel, Jacques Chaban-Delmas, et Albert Camus (drôle de mélange !)
« La rupture à droite (représentée par Sarkozy, AEK) embrasse la politique internationale non moins que l'intérieure. Curieux avatar du "gaullisme", le fétichisme conservateur cultive le primat des États, quoi qu'ils fassent. Cette Realpolitik sacrifie notre histoire et notre rayonnement aux intérêts à courte vue de ventes d'armes et de contrats pétroliers. A la chute du mur de Berlin, nos dirigeants firent la moue, puis soutinrent leurs alliés génocidaires du Rwanda et décorèrent Vladimir Poutine de la grand-croix de la Légion d'honneur. Curieuse évolution qui fit de la patrie des droits de l'homme l'apôtre des ordres établis.
« Une France généreuse pourtant n'oubliait pas les opprimés : boat people vietnamiens fuyant le communisme, syndicalistes embastillés de Solidarnosc, "folles de Mai" sous le fascisme argentin, Algériennes en butte au terrorisme, torturés chiliens, dissidents russes, Bosniaques, Kosovars, Tchétchènes... Dans nul autre pays, on ne parla autant de ces monstruosités et de ces résistances. La possibilité de s'ouvrir fraternellement au monde est inscrite dans notre patrimoine culturel, voyez Montaigne, voyez Hugo, voyez les French doctors et leurs émules. Aucune fatalité ne condamne nos compatriotes à bouder tous azimuts, à vitupérer le "plombier polonais", à se couper du monde.
« Nicolas Sarkozy est le seul candidat aujourd'hui à s'être engagé dans le sillage de cette France du coeur. Il dénonce le martyre des infirmières bulgares condamnées à mort en Libye, les massacres au Darfour et l'assassinat des journalistes, puis énonce une règle de gouvernance fort éloignée de celle de Jacques Chirac. "Je ne crois pas à ce qu'on appelle la Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat. Je n'accepte pas ce qui se passe en Tchétchénie, parce que 250 000 Tchétchènes morts ou persécutés ce n'est pas un détail de l'histoire du monde. Parce que le général de Gaulle a voulu la liberté pour tous les peuples et la liberté, ça vaut aussi pour eux... Le silence est complice et je ne veux être complice d'aucune dictature", a déclaré le président de l'UMP le 14 janvier. »Mais notre philosophe n’est pas un béni-oui-oui. Conscient qu’ « en prenant position pour » Sarkozy, il va perdre des amis », il ajoute : « Ma décision, faite de douleurs anciennes et de perspectives nouvelles, est réfléchie. Je ne partage pas toutes les options du candidat UMP. Exemple : les "sans-papiers", je souhaite une régularisation plus ample, fondée sur des critères d'humanité mieux respectés. Voter n'est pas entrer en religion, c'est opter pour le projet le plus proche de ses convictions. »Et voici la chute magnifique de cette profession de foi : » L'humanisme du XXIe siècle s'abstient d'imposer une idée parfaite de l'homme. Garde-fou contre l'inhumain, en nous et autour de nous, il ne peut se satisfaire de déplorer les victimes et de recenser morts ou laissés-pour-compte. Récusant l'indifférence coupable et la manie doctrinaire, l'humaniste s'obstine - lutte sans cesse recommencée - à "faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser emporter par elle" (discours du 14 janvier). Le "murmure des âmes innocentes" que Sarkozy entendit à Yad Vashem lui dicte cette définition de la politique. Depuis toujours, c'est ce murmure qui porte ma philosophie. »
Élève de Raymond Aron, André Glucksmann n’en finira pas de nous étonner. Ce qui semble le motiver avant tout, c’est la honte. La honte d’avoir été maoïste. « Mon engagement «maoïste» à la française, si bref fût-il, me fait encore monter le rouge au front », déclarait-il au Figaro en septembre dernier (
http://www.lefigaro.fr/debats/20060909.FIG000000546_andre_glucksmann_mes_annees_maoistes_me_font_toujours_honte.html ). Cet engagement maoïste connut son apogée en 1972, quand notre philosophe – c’était avant qu’il découvre le Goulag grâce à Soljenitsyne – commit avec ses camarades maoïstes de la Gauche Prolétarienne un numéro spécial de la revue fondée par Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes , intitulé « Nouveau fascisme, nouvelle démocratie », où l’on expliquait que la France de Pompidou vivait sous un « nouveau fascisme » auquel il fallait opposer une « nouvelle Résistance ».
Mais c’était il y a trente-cinq ans et il y a donc prescription. Depuis lors, Glucksmann s’est refait une virginité impériale et est l’un des plus fervents défenseurs de la « guerre contre le terrorisme » menée par George Bush, en Iraq et dans le monde*. Tout en cultivant soigneusement sa petite différence : curieusement, il exempte les Tchétchènes de l’accusation infamante d’être des terroristes et dit soutenir leur combat contre les occupants russes. Et c’est semble-t-il les phrases de Sarkozy sur les « 250 000 Tchétchènes morts » qui ont emporté l’adhésion de notre philosophe. Lequel semble avoir oublié que les phrases de discours électoraux ne portent aucunement à conséquence.
Le nain magyar a donc maintenant dans ses supporters un chanteur de rock vieilli et exilé, un rappeur mou, un historien de gauche et un philosophe du cœur. Il ne lui reste plus qu’à trouver une danseuse-étoile, un chanteur d’opéra et un grand cuisinier.

* Dans un réponse à Glucksmann, parue dans Le Monde du 6 février, l’écrivain Jean-Marie Laclavetine écrit : « Votre jeunesse s'est vouée à d'horribles idoles, cependant vos égarements passés ne vous empêchent pas de prétendre continuer à éduquer le peuple. Comme hier, il vous faut un puissant à aduler, un méchant à honnir, et des oreilles complaisantes pour y déverser vos vastes théories. La gauche française s'est misérablement "repliée sur l'Hexagone". Que n'a-t-elle pris exemple sur vous, qui arpentez d'un pas martial la planète en flammes ! On vous a vu, avec quelques-uns de vos camarades, parader devant les chars américains qui partaient écrabouiller une armée de gamins irakiens munis de pétoires, pour la plus grande gloire de l'Occident chrétien, dont vous êtes devenu un apôtre ardent (et pour le plus grand bénéfice des islamistes qui sont votre prochaine cible. Tremble, Oussama !). »
Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 29 janvier 2007

N° 22 - Le pays dont président est un violeur

Il s’appelle מֹשֶׁה קַצָּב et il est né le 5 décembre 1945 à Yazd, en Iran. Il a grandi à Téhéran et a émigré avec sa famille en Palestine occupée en 1951. « Ma famille a vécu pendant 2500 ans en Iran. Nous avons acquis la culture perse et nourrissons dans notre cœur des sentiments très intenses pour son histoire et sa culture », aurait-il affirmé en 2003 lors d'un échange radiophonique avec des Juifs iraniens. D'ailleurs, la majorité des membres de sa famille sont aujourd'hui enterrés en Iran.
Il y a quelques années, alors qu’il débarquait à l’aéroport John Fitgerald Kennedy, la police US l’a retenu pendant quelques heures et a envisagé de le renvoyer d’où il venait, vu que sa naissance en Iran, célèbre « État-voyou », était mentionnée sur son passeport. Puis l’affaire s’est arrangée quand le FBI a compris qu’il avait affaire au « Président ». Président de quoi, au fait ? Pas de la république, puisque le pays dont il est le président n’a pas de forme définie par une constitution, vu qu’il n’a pas de constitution.


Moshé Katsav est donc « Président de l’État d’Israël », selon son titre officiel. Un Président bien à l’image de l’État qu’il préside, construit sur le viol d’une terre et de tout un peuple.


Moshé Katsav est « suspendu temporairement » à sa demande pour une période de trois mois depuis le 25 janvier 2007. Une commission spéciale du parlement israélien, la Knesset, a accepté sa demande de suspension. Moshé Katsav, dont le mandat présidentiel finit en juillet prochain, n’a pas l’intention de démissionner. C’est un dur.
Un dur et un étalon. Les crimes et délits qui lui sont reprochés et viennent de lui valoir une inculpation ne sont pas bénins et n’ont rien à voir avec les affaires du Bureau ovale de la Maison blanche (après tout Monica Lewinsky, l’amatrice de cigares, était consentante).
En 2006, Moshe Katsav est accusé de viol sur une ancienne employée qui affirme avoir été forcée par le président à coucher avec lui, si elle ne voulait pas être licenciée. Il est également accusé d'avoir accordé des grâces privilégiées à certains condamnés liés à ses amis politiques. L'entourage de Moshe Katsav a rejeté ces accusations et certains députés du Likoud, son parti, ont émis l'hypothèse d'un complot « visant à dénigrer le Président.» Moshe Katsav a porté plainte pour chantage, contre son ancienne employée. Une enquête policière est ouverte en juillet 2006.
Résultat de l’enquête : deux femmes déclarent avoir été violées par lui, et huit autres avoir été harcelées sexuellement, mais les plaintes de cinq d’entre elles ont été rejetées, les faits étant prescrits. Les viols n’ont pas été commis par Katsav en tant que Président, mais alors qu’il n’était que ministre du tourisme, en 1998 et 1999, alors que les harcèlements l’ont été en 2003 et 2004, lorsqu’il était le magistrat suprême du pays. Katsav risque de 3 à 16 ans de prison.
L’intéressé, faisant preuve de la plus pure « chutzpah » (culot), s’est défendu comme un beau diable, hurlant au complot « maccarthyste » (ce qui est pour le moins bizarre, vu qu’il n’est pas accusé d’être communiste) et se comparant au capitaine Alfred Dreyfus (encore une confusion des genres).
En janvier 2007, 30 députés de la Knesset signent une pétition demandant le départ du président. Le Procureur général Menachem Mazuz annonce son intention de poursuivre Katsav pour viol, obstruction à la justice et fraudes le 23 janvier et le lendemain, le premier ministre Ehoud Olmert demande à Katsav de démissionner. Katsav demande sa suspension temporaire le 25 janvier et la suspension est acceptée par une commission spéciale du Parlement pour une période de trois mois. La présidente du Parlement Dalia Itzik devient présidente par intérim. Pendant sa suspension, Katsav garde son immunité pénale. Pour obtenir son « impeachment », il faudrait que 90 des 120 membres de la Knesset le votent, ce qui ne risque pas d’arriver. Le seul parti qui fasse ouvertement campagne pour cette « solution » est le minuscule parti sioniste laïc de gauche Meretz.
Chaque pays n’a finalement que les présidents qu’il mérite. Après le violeur Katsav, Israël devrait avoir comme prochain président le Prix Nobel Shimon Pérès, 83 ans, grande figure du « sionisme à visage humain ». Pérès n’a à ma connaissance violé personne. Il est seulement le père de la bombe atomique israélienne, organisant dans les années cinquante le transfert de la technologie nucléaire française vers le centre de Dimona, dans le Néguev, depuis un bureau mis gracieusement à sa disposition au Quai d’Orsay par le gouvernement Bourgès-Maunoury. Et personne ne va l’inculper pour ça, quand même ! Il faut bien ce qu’il faut pour « défendre-le-droit-à-l’existence-de –la-seule-démocratie-du-Moyen-Orient ».
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 15 janvier 2007

N° 21 - Le bestiaire sarkozyen

Coq de combat

Je laisse cette semaine la parole à l’ami François Costes, qui nous a concocté un petit bestiaire sarkozyste. Ce sera mon hommage au candidat investi par 98,1% de 69% des membres de l’UMP (l’Union Mal partie) pour l’investiture à la magistrature suprême de la République française, cinquième du nom.

Coq de combat, corbeau, roquet gréco-hongrois, orfraie, pygargue vulgaire, vache, caméléon berlusconien, brebis galeuse, coco, rat mort, sardine, caniche de la Maison Blanche...


LE COQ DE COMBAT THE FIGHTING COCKEREL


Démagogue, à la recherche de la bonne image pour les journaux télévisés, [Nicolas Sarkozy] se risque même à prononcer quelques mots en créole, en allusion à l'annulation de son voyage en décembre 2005. Traduction : "On dit de moi que j'ai fui. Le coq de combat ne fuit pas. Je suis ici parmi vous." Il répète à l'envie qu'il se sent "Martiniquais de coeur", cite le général de Gaulle : "La politique la plus ruineuse est celle qui consiste à être petit." Le Monde (France) P. Ridet 12 mars 2006


LE CORBEAU THE CROW
LE ROQUET GRECO-HONGROIS THE HUNGARIAN BARKER

Depuis qu'il a appris, à l'été 2004, qu'un "corbeau" l'avait placé sur une liste de personnalités supposées détenir des comptes occultes à l'étranger, envoyée aux juges, Nicolas Sarkozy (...) [accuse] Dominique de Villepin d'avoir, au minimum, cherché à exploiter l'affaire pour le déstabiliser. (...) Villepin, alors directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères Alain Juppé, observait Sarkozy de son bureau du Quai d'Orsay, bien décidé à faire mordre la poussière à celui qu'il appelait "le roquet".

Le Monde (France) R. Bacqué et P. Ridet 02 mai 2006


L'ORFRAIE (LE PYGARGUE VULGAIRE) THE WHITE-TAILED EAGLE

Quand un chef d'Etat africain (...) ose seulement critiquer la nouvelle marotte sarkozienne, le mirobolant ministre de l'Intérieur, avec son insolence habituelle, voit rouge et pousse des cris d'orfraie.

L'espace nouveau (Sénégal) Barka Bâ Mai 2006


LA VACHE THE COW

Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, avait dénoncé plus tôt un acte "révoltant, à la limite du gangstérisme", et un Etat "absent". "M. Sarkozy est au cul des vaches en Lozère, M. de Villepin s'occupe de faire filmer les Conseils des ministres par la télévision et M. Chirac fait le VRP en Chine et pendant ce temps-là, on sait qu'il peut y avoir des ennuis très graves en banlieue et ce qui arrive à Marseille était prévisible", a-t-il accusé sur France Inter.

Le Monde (France) / AFP 20 octobre 2006


LE CAMELEON BERLUSCONIEN THE BERLUSCONIAN CHAMELEON

S'exprimant devant quelque 2.200 militants socialistes réunis pour un meeting à Cergy (Val-d'Oise), Dominique Strauss-Kahn a lancé : "Sarkozy est un caméléon", "un thatchérien, un berlusconien, un bushiste qui aime à s'habiller de l'uniforme atlantiste". Le Figaro (France) / AFP 12 novembre 2006


LA BREBIS GALEUSE THE BLACK SHEEP

Le président de l'UMP, qui a dit "ne pas avoir été invité" au déplacement de Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie à Colombey-les-Deux-Eglises, a cité à plusieurs reprises le général de Gaulle dès le début de son discours [à Saint-Etienne].

Le Figaro (France) 09 novembre 2006

LE COCO THE COCO LE RAT MORT THE DEAD RAT


Il m'a dit : 'Ecoute Coco, t'avais envie de le faire, tu l'as fait, t'as bien fait''". Pour Johnny Hallyday, pas de doute, le président de l'UMP soutient pleinement son exil fiscal. Dans un entretien à l'hebdomadaire Le Matin Dimanche, le 24 décembre, le chanteur estime que la polémique provoquée par son départ pour la Suisse "ne fait pas de mal" à Nicolas Sarkozy. Installé depuis mercredi dans son chalet de Gstaad, une station de ski huppée de l'ouest du pays, Johnny Hallyday maintient son soutien au candidat à l'investiture UMP. (...) "Hallyday voulait la paix, il l'aura, royale et mortellement ennuyeuse", écrit l'hebdomadaire, soulignant le caractère "authentique" mais "minuscule" de la station de la Suisse alémanique, située à 1 050 mètres d'altitude. "Johnny va s'ennuyer comme un rat mort", prédit le rédacteur en chef du Matin de Lausanne dans le JDD. Le chanteur jure qu'il ne s'ennuira pas et que Genève n'est pas si loin "quand on a envie de s'amuser".
Le Monde (France) / AFP 24 décembre 2006


LA SARDINE THE SARDINE


Philippe Ridet : "Le premier ministre [Dominique de Villepin] raille les ralliements, qu'il compare à un alignement de "petits pois et de sardines". Vous sentez-vous visé ?"Jean-Pierre Raffarin : "Je n'ai pas le gabarit des uns ni des autres... En outre, je fais simplementremarquer que je me suis engagé au côté de Nicolas Sarkozy avec plus de 140 parlementaires. Et sur une plate-forme politique qui est celle de l'humanisme social et européen. C'est ma conception de la diversité dans l'unité."
Le Monde (France) P. Ridet 11 janvier 2007


LE CANICHE DE LA MAISON BLANCHE THE WHITE HOUSE POODLE

M. [Laurent] Fabius s'en est violemment pris à Nicolas Sarkozy, un "réactionnaire", un "homme dangereux, mais le danger est encore plus grand lorsqu'il est assorti de talent et de moyens financiers et médiatiques considérables". "Je me battrai de toutes mes forces pour que n'accède pas à cette plus haute charge quelqu'un dont la vision des choses est 'marche ou crève'", a lancé M. Fabius, pour qui il ne faut pas à la tête de la France "quelqu'un qui se fixe comme programme d'être le futur caniche du président des Etats-Unis".

Le Monde (France) / AFP 16 septembre 2006

Coq gaulois

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 8 janvier 2007

N° 20 - Somalie, Afghanistan d’Afrique

Mombassa, Kenya, janvier 2007 (Kayman Press Service) – L’hôtel Mombassa Paradise, de propriété israélienne, a servi de cadre à un congrès inhabituel durant ces derniers jours. En l’absence des habituels touristes israéliens, qui avaient tous été évacués, cet hôtel a en effet été réquisitionné pour héberger l’assemblée générale de fondation d’une nouvelle ONG internationale, WSF, Warlords sans frontières. En présence de délégués de 37 pays et régions d’Asie et d’Afrique, le conseil d’administration a été élu à l’unanimité. Ce Conseil a la particularité de compter non pas un mais cinq présidents tournants.
En effet, les congressistes n’ont pas pu se mettre d’accord, au terme de deux nuits et d’une journée de débats, sur un président unique, chacun des candidats voulant être président. Les cinq heureux élus sont donc : Abdul Rachid Dostom (Afghanistan), Hamid Karzaï (Afghanistan), Massoud Barzani (Irak), Jalal Talabani (Irak) et Hussein Mohamed Farah Aidid (Somalie). C’est ce dernier qui exercera les premiers six mois de présidence. Le congrès a ainsi voulu rendre hommage à la récente victoire de ses forces, qui viennent de prendre le contrôle de Mogadiscio après avoir mis en déroute les troupes du Conseil suprême des tribunaux islamiques, avec l’aide de l’armée éthiopienne et le soutien logistique et tactique de l’US Army, qui entraîne des soldats éthiopiens depuis plusieurs mois et fournit à l’armée d’Addis Abeba les renseignements nécessaires.
La nouvelle ONG, qui se présente comme « humanitaire » a affirmé dans sa déclaration préliminaire vouloir « instaurer une démocratie inspirée de la constitution américaine » dans les pays où elle est représentée, en « combattant le terrorisme et la subversion sous toutes leurs formes, mais en particulier islamiste. » Le Congrès avait été sponsorisé par les firmes Halliburton, UNOCAL, Bechtel, Uzi et Beretta. L’entreprise russe Kalachnikov avait décliné l’offre des organisateurs de s’associer à l’événement. Outre les congressistes, des observateurs de 13 pays avaient été invités, notamment d’Algérie, du Congo, de Colombie, d’Indonésie et des îles Fidji. Deux ambassadeurs en poste à Nairobi, celui des USA et celui d’Israël, ont suivi l’ensemble des travaux.
Pour la soirée d’inauguration du congrès, les participants ont assisté à la projection de l’inoubliable chef d’œuvre de Ridley Sott, Black Hawk Down (La chute du Faucon noir), qui relate les mésaventures des Marines US à Mogadiscio en 1993.
KPS présente à ses lecteurs le premier président tournant de WSF, le sympathique Hussein Mohamed Farah Aidid, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur du Gouvernement fédéral de transition somalien.

L’homme aux deux passeports
Il est le moins inconnu des nouveaux « maîtres » de Mogadiscio. Hussein Mohamed Farah Aidid est devenu célèbre en 1993 alors qu’il était membre du corps des Marines et engagé dans l’opération Restore Hope de l’US Army en Somalie. Étant l’unique militaire US à parler somali, ses services de traducteur-interprète étaient fort sollicités, notamment pour les tractations avec son père, le général Farah Aidid, qui combattait alors l ’intervention US. Le général avait été le chef des services de renseignement du dictateur Siyad Barré, déchu en 1991, qui l’avait fait emprisonner sous l’accusation de préparer un complot contre son régime.
Réfugié avec sa mère en Californie à l’âge de 14 ans, le jeune Hussein s’était « naturellement » engagé dans les Marines en 1987 et avait participé à la première Guerre du Golfe, ce qui lui avait valu de se voir octroyer généreusement la citoyenneté US en 1991. Après sept ans de bons et loyaux services, il était retourné dans le civil en Californie. Mais les liens claniques sont plus forts que tout. Après la mort de son père en 1996, il retourne en Somalie où il prend la tête de l’Alliance nationale somalie, alliée au Congrès somali unifié de son père, les deux organisations étant des émanations du sous-clan des Habr Gedir du clan Hawiyé dont son père était le chef.
Puis Hussein devient vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur dans le Gouvernement fédéral de transition (GTF), un gouvernement fantôme mis en place par la « communauté internationale » (entendez les les USA et l’Éthiopie) et siégeant entre Nairobi et Baidoa. Le GTF est présidé par Abdullahi Yusuf Ahmed et son Premier Ministre est Ali Mohamed Gedi.
Résultat de compromis entre la « communauté internationale » et une série de seigneurs de guerre, le GTF n’était rien et n’existait que sur le papier, dans quelques hôtels de luxe kényans et dans des villas décrépites de Baidoa. Mais le temps, Oncle Sam et Tonton Meles travaillaient pour lui.
Tonton Meles, c’est l’inamovible Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui est devenu l’homme-clé de la stratégie US dans le Corne de l’Afrique. Ce qui est assez comique quand on se souvient que le même Zenawi était au départ le chef d’un groupuscule maoïste pro-albanais qui combattait le régime du colonel Mengistu, pro-soviétique, au nom de la pureté des idéaux marxistes-léninistes. Puis son Front de libération du Tigré, dûment appuyé et cornaqué par les USA, avait fini par prendre le pouvoir à Addis Abeba.
Une préfiguration de ce qui allait se passer quelques années plus tard au Kosovo, où l’UCK, créée au départ par des partisans du Guide suprême albanais Enver Hodja, finit par jouer le rôle de force supplétive de l’OTAN dans la « libération » du Kosovo de l’emprise serbe. Ou de ce qui allait se passer en Irak, où les Warlords kurdes Talabani et Barzani, fortement soutenus depuis longtemps par Israël dans leur combat contre Bagdad, ont fini par devenir les supplétifs des envahisseurs US.
À un ambassadeur qui lui faisait remarquer que le dictateur de Saint-Domingue, Trujillo, était un « nazi », le président US Truman avait répondu : « Oui, mais c’est notre nazi. »Bush pourrait de même dire : « Oui, mais ce sont NOS warlords .»

Plus besoin de passeport somalien
Ainsi donc, les Éthiopiens et leurs supplétifs somaliens ont « libéré » Mogadiscio des tribunaux islamiques, présentés par la propagande US et éthiopienne comme d’horribles Talibans liés à Al Qaïda. Les tribunaux islamiques ne sont sans doute pas des anges, mais de l’avis général, ils ont permis à la population de Mogadiscio de respirer et de retrouver un minimum de sécurité, après une quinzaine d’années de règne des warlords, dont l’occupation préféré des miliciens sous leurs ordres était de racketter les gens et de violer les femmes et les jeunes filles. Tous les commentateurs un tant soit peu objectifs se sont accordés à le reconnaître.
Devant l’offensive éthiopienne de décembre, les combattants des tribunaux islamiques ont appliqué une règle d’or de la guérilla : lorsque l’ennemi attaque massivement, il faut se disperser et se regrouper ailleurs pour attendre de bonnes occasions de repartir à la contre-offensive. C’est ce qu’ont fait les Talibans en 2001-2002 et les Iraquiens en 2003.
Bref, les Somaliens n’ont pas de quoi se réjouir, même s’ils ont pu se remettre à brouter du khât, l’équivalent local de la feuille de coca, qui provoque un état de léthargie légèrement euphorique. Interdit par les tribunaux islamiques, le khât est de nouveau disponible sur les marchés de Mogadiscio. Tout comme l’opium à Kaboul.
La population civile de Mogadiscio n’a d’ailleurs pas tardé à manifester son hostilité aux occupants éthiopio-somaliens, qu’elle perçoit à juste titre comme une force étrangère d’occupation, dès le lendemain de l’entrée des troupes éthiopiennes dans la capitale martyre.
Les Somaliens ont de quoi s’inquiéter pour l’avenir de leur nation. Illustration de cette affirmation : les déclarations incroyables de Hussein Mohamed Farah Aidid à l’issue d’une rencontre avec les chefs de clans à la Villa Somalia (anciennne résidence présidentielle bien décrépite à Mogadiscio), le 2 janvier : « 60% des 2 millions de réfugiés somaliens vivent en Éthiopie et utilisent déjà des passeports éthiopiens. L’Éthiopie et la Somalie ont 2000 kilomètres de frontières communes. Les deux fleuves Shabelle et Jubba qui coulent en Somalie viennent d’Éthiopie. Maintenant il nous faut éliminer les frontières entre nous car nous sommes frères et nous utiliserons un seul passeport. » Il ajouté que l’Éthiopie était le seul pays à s’être soucié de la Somalie et à vouloir y établir un État « alors que nous étions abandonnés de tous ». Et il a cité l’exemple de la réconciliation franco-allemande après 1945.
Petit détail qu’il oublie dans sa comparaison boiteuse : lorsque l’Allemagne et la France se sont réconciliées, l’armée allemande n’occupait plus la France. Et la France n’avait pas un ministre de l’Intérieur doté d’un passeport allemand et d’un passeport US…

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

Note linguistique : pour ceux qui l’ignoreraient, warlord signifie seigneur de guerre. Le nom Hussein Aidid s’écrit en anglais Hussein Aideed et en somali Xusen Caydid, selon la transcription en caractères latins instaurée à l’époque du « socialisme somalien » par Siyad Barré sur le modèle de la Turquie de Kemal Atatürk.

lundi 25 décembre 2006

Rendez-vous le 8 janvier !

Je serai de retour avec ma chronique le lundi 8 janvier 2006. Bonnes vacances à tous !

lundi 11 décembre 2006

N° 19 - Marie- Chantal en Orient, ou la stratégie du coucou

Sarkolène et Ségozy

Mes lecteurs l’auront compris, je n’aime pas la Dame du Poitou, alias Royale Canine, alias Marie-Chantal, alias Sarkolène, qui partage à égalité avec le Nain magyar les coups de dent que je distribue allègrement depuis le lancement de cette chronique le 5 juin dernier. Pourquoi donc n’aimè-je pas cette dame ?
Parce que c’est une femme ? Bien sûr que non, je raffole des femmes, surtout bien cuites.
Parce que c’est une socialiste ? Oh que non, je pense qu’il faut de tout pour faire un monde, et que personne n’est parfait. Et puis, que deviiendraient les trotskystes en vieillissant, si la social-démocratie n’existait pas ?
Parce qu’elle porte des tailleurs qui lui donnent en permanence un air d’évadée du Couvent des Oiseaux ? Sûrement pas, d’autant plus que j’ai constaté qu’elle devenait de plus en plus audacieuse, abandonnant les tailleurs blancs au profit de couleurs plus osées (rouge, sur la photo officielle avec Ehud Olmert, fuchsia lors de l’escale à Amman) ; renseignements pris, elle ne s’habille plus dans les grandes surfaces mais chez une couturière de Saint-Germain des Près, Paule Ka. Ainsi donc, Marie-Chantal a adhéré à son tour à la Tribu Ka, ce qui a suscité cette blague dans les couloirs du parti socialiste : « Le diable s’habille en Prada, la diablesse s’habille en Paule Ka. »
Non, si je n’aime pas cette dame, c’est parce qu’elle est une coquille creuse – elle n’a pas de programme, mais promet un projet présidentiel pour « bientôt » - et un coucou, alors qu’on attendait un rossignol. Le coucou est un pirate : il squatte les nids des autres oiseaux, chassant leurs petits et y déposant ses propres œufs. Le « coucoutage » est sans aucun doute un genre obligé dans la politique institutionnelle : le Nain magyar chasse sur les terres du Bâtard borgne breton, pour essayer de grapiller un maximum de ses 15% d’électeurs et Marie-Chantal chasse sur les terres du Nain.
Une élection présidentielle, en France, ne se gagne jamais à gauche, mais à droite, plus exactement à l’extrême-centre droit. Ce n’est pas le 1% de Chévènement qui va lui faire gagner de quoi se présenter au deuxième tour. Les 15 à 20% que lui feront perdre les candidats d’extrême-gauche et écologistes, il faut bien qu’elle les récupère ailleurs. Elle est déjà assurée de recueillir les suffrages des chiraquiens et des vieux gaullistes, mais cela ne suffira peut-être pas. Il lui faut donc rallier à tout prix les voix des sionistes. Et c’est là que j’en viens à l’objet de cette chronique.
Mettons tout de suite les points sur les i : l’électorat juif proprement dit est, en France, négligeable. Si on considère qu’il y a environ 700 000 juifs en France, le nombre d’électeurs juifs est au maximum de 300 000. C’est peu de chose face aux deux millions de chasseurs ou aux quatre à cinq millions de musulmans, dont au moins un million d’électeurs. Mais il y a un électorat sioniste qui dépasse largement les rangs juifs et les clivages gauche-droite, et qui fait de la « défense du droit d’Israël à l’existence » une question de principe. C’est cet électorat-là qu’il faut convaincre, quitte à sacrifier l’électorat arabo-musulman ou noir.
D’où le voyage de Marie-Chantal en Orient la semaine dernière. Un voyage en trois étapes et demie : Liban, Jordanie, Gaza, Israël.
Les milieux sionistes extrêmes français ont poussé des hurlements lorsque Marie-Chantal a écouté sans piper un député libanais du Hezbollah établir un parallèle entre la résistance libanaise au sionisme et la résistance française au nazisme. Mais ces gens-là sont plus sionistes et plus idiots que leurs maîtres israéliens, lesquels, en « realpoliciens » pragmatiques, n’ont pas sourcillé devant cet « incident » et on fait un accueil chaleureux et triomphal à Mrs Royal.
Laquelle n’en a pas raté une : sur le Hamas, « organisation terroriste », sur le Mur d’apartheid, » qui se justifie », sur les survols par l’aviation israélienne des casques bleus français de la FINUL, « qui s’expliquent », sur l’accès au nucléaire civil pour l’Iran, qui « menace la paix » du monde. Pas un mot sur le fait qu’Israël viole allègrement, grâce à la France, le Traite de non-prolifération nucléaire en enrichissant depuis des décennies de l’uranium provenant du Niger à des fins militaires.
Du coup, l’accueil chaleureux réservé par Olmert, Peretz, Livni et toute la bande a semé une certaine confusion chez les Pieds nickelés du CRIF (le « Conseil représentatif des institutions juives de France, présidé par Roger Cukierman), qui ont soudain découvert qu’ils avaient fait une erreur en misant tout sur le Nain magyar, sur les recommandations insistantes de leurs amis du centre Simon-Wiesenthal, de l’American Jewish Committe et de l’AIPAC, les principales organisations du lobby sioniste yankee. Ils ont donc tenté de rattraper le coup mais se sont faits rembarrer violemment par Julien Dray, dans le hall de l’Hôtel King David de Jérusalem ; Julien Dray qui va leur faire payer leur soutien inconsidéré à Sarközy et leur a promis qu’une fois sa Marie-Chantal élue, ils (les gens du CRIF) devraient supplier à genoux pour être reçus par elle. Ce sont là des rodomontades et ces gens-là, d’accord sur l’essentiel – le soutien inconditionnel à » l’État juif » - auront vite fait de se rabibocher.
Bref, on l’aura compris, Marie-Chantal n’est pas une candidate de gauche.
Si elle était une candidate de gauche, elle irait à Caracas, à La Paz, à Cochabamba, à Quito, à La Havane. Mais elle s’est contentée d’aller à Santiago du Chili, pour fêter la victoire de son alter ego Michèle Bachelet, laquelle n’a rien trouvé de mieux à faire pour inaugurer sa présidence que d’acheter des avions de chasse aux USA. Pour faire la guerre à qui ? À la Bolivie ou au Pérou ?
Si elle était une candidate de gauche, elle serait allée à Kigali, pour demander pardon aux Rwandais pour la responsabilité française dans le génocide de 1994. Au lieu de cela, elle s’est contentée d’aller à Dakar, lieu de sa naissance, sur les traces du Nain magyar.
Si elle était une candidate de gauche, elle serait allée rendre visite aux expulsés de Cachan, à la famille du jeune Turc pendu au centre de rétention de Marseille, aux familles des deux jeunes électrocutés à Clichy sous-Bois.
François Mitterrand avait inventé « la force tranquille » et son publicitaire Jacques Séguéla avait illustré ce slogan par l’image d’un clocher reprise directement d’une affiche de propagande pétainiste.
Sarkozy a inventé la « rupture tranquille », comme une mauvaise photocopie de cette « force tranquille » et semble avoir laissé tomber son slogan « la France d’après » (sous-entendu son élection), qui risquait de faire les choux gras des caricaturistes qui n’auraient pas manqué d’illustrer ce slogan par des décors de ruines fumantes.Sarkolène a fait encore mieux, avec « l’ordre juste ». Savez-vous qui a inventé cette expression ? Devinez.
Eh bien rien moins que Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade, connu sous le titre de « Generalísimo Francisco Franco, caudillo de España por la gracia de Dios », autrement dit l’homme qui fut le dictateur de l’Espagne de
1939 à 1975
. Bonjour la référence !
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman

lundi 4 décembre 2006

N° 18 – Benoît, encore un effort pour devenir Moubarak !

Le Pape prie tourné vers La Mecque ? par Carlos Amorim, Brésil
Cher Benoît !
J’espère que cette missive te trouvera en bonne santé et plein de bonnes résolutions après ton historique voyage en Turquie. Le caïman qui t’écrit est un mécréant, mais profondément respectueux de toutes les croyances humaines. Tu as eu geste merveilleux lors de ton voyage à Istanbul – que tu t’acharnes à appeler Constantinople : à la Mosquée Sultan Ahmet, dite « Mosquée bleue », tu as prié devant le minbar, tourné vers La Mecque, à côté du Grand Mufti d’Istanbul.
Puisque tu sembles donc avoir trouvé la Quibla, permets-moi de te suggérer de ne pas t’arrêter en si bon chemin et de faire le dernier pas pour devenir un vrai Musulman. C’est beaucoup plus simple que de devenir chrétien. Il suffit
1° - d’attester qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Mohamed est son Prophète
2° - de reconnaître tous les Livres saints et les Prophètes.
Pour cela, bien sûr, il faudra que tu renonces à l’idée que Jésus serait le fils de Dieu, te contentant de le ranger dans la liste des Prophètes reconnus. Il te suffira d’ajouter Mohamed à la liste des Prophètes que tu as déjà reconnus.
3° - de te faire circoncire, si tu y tiens ; c’est une opération bénigne et très peu douloureuse et de toute façon elle n’a aucun caractère obligatoire.
Quels avantages trouverais-tu à te convertir à l’Islam ?
Beaucoup.Laisse-moi t’énumérer les principaux :
1° - Tu entrerais, ce faisant, dans l’histoire de l’humanité pour les siècles des siècles
2° - Tu multiplierais par 3 le nombre de tes adeptes, passant de 800 millions à 2,5 milliards
3° - Tu porterais un coup fatal au « clash des civilisations » que les dangereux évangéliques néoconservateurs et leurs maîtres sionistes sont en train de mettre en place
4° - Tu lancerais un mouvement décisif d’unification de toutes les églises et sectes chrétiennes d’Orient et d’Occident, qui ne manqueraient pas de suivre ton exemple.
Bien sûr, tu perdrais ton titre de Pape. Mais rassure-toi, tu pourrais continuer à résider au Vatican et à Castelgandolfo. La gestion de ces biens serait confiée à un wakf, qui assurerait la transition. La basilique Saint-Pierre deviendrait évidemment la Mosquée de Boutros.
Si tu acceptais ma proposition, je te suggère de prendre le nom de Moubarak, traduction exacte de Benoît.


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
Ayman El Kayman