mardi 9 juin 2009

N° 109 - Valls à mille temps à minuit moins le quart

En pleine action au congrès de Reims, novembre 2008

Du jeune loup au vieux con, il n’ya qu’un pas. L’exemple le plus actuel et le plus criant de cet adage kaymanesque est le dénommé Manuel Valls, qui pourrait presque être un prototype de ce que les Allemands appelaient la « Jeune Garde du Secrétariat », lorsqu’ils parlaient des Jusos, les jeunes socialistes, lesquels se devaient de flirter avec le marxisme dans une de ses variantes gauchistes dans leurs jeunes années pour ensuite pouvoir devenir de féroces bureaucrates imbus d’eux-mêmes à l’âge mûr.
Sauf que Don Manuel, introduit dans la grande famille des héritiers de Jaurès et de Blum sous le parrainage de Michel Rocard, n’a jamais flirté avec le gauchisme. Membre du Grand Orient de France, dont il dit s’être éloigné, il a même déchiré sa carte de membre de la Ligue des droits de l'homme dès 1982 parce qu'elle s'opposait à l'extradition de militants de l’ETA basque.

Entré au Mouvement des Jeunes Socialistes en 1980, Manuel Valls est le Petit-Bourgeois en chef par excellence, puisqu’il est depuis 2001 le maire de la commune d’Évry, dans l’Essonne, qui s’appela autrefois Évry Petit-Bourg.
Commune qu’il dirige d’une main de fer et qu’il a baptisé en toute modestie « capitale spirituelle » de France, puisqu’elle cumule la plus grande mosquée du pays, la seule cathédrale française construite au XXème siècle et la plus grande pagode bouddhiste d’Europe.
El Senyor Valls s’est construit une solide réputation de chef de file de l’aile droite du parti socialiste (on se demande où est l’aile gauche).
C’est que notre Catalan (il est né à Barcelone en 1962) n’en rate pas une. Et vu qu’il est présent sur tous les médias écrits, radiophoniques et télévisuels au moins trois fois par jour, on n’a que l’embarras du choix pour piocher dans son gigantesque bêtisier. Petit florilège du Valls à mille temps.

Trois temps de Valls
Premier temps

« Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos… »La phrase a été marmonnée, mercredi 10 juin, par Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry (Essonne), alors qu'il était filmé par Direct 8 pour l'émission "Politiquement parlant", parcourant les allées d'une brocante à Evry, et équipé d'un micro-cravate.
Après le reportage, le député socialiste s'explique sur le plateau de Direct 8 : "Evidemment avec les stands qu'il y avait là, [j'avais] le sentiment que la ville, tout à coup, ça n'est que cela, (…) ça n'est que cette brocante, alors que j'ai l'idée au fond d'une diversité, d'un mélange, qui ne peut pas être uniquement le ghetto. On peut le dire, ça ? (…)""On a besoin d'un mélange. Ce qui a tué une partie de la République, c'est évidemment la ghettoïsation, la ségrégation territoriale, sociale, ethnique, qui sont une réalité. Un véritable apartheid s'est construit, que les gens bien-pensants voient de temps en temps leur éclater à la figure, comme ça a été le cas en 2005, à l'occasion des émeutes de banlieues", poursuit-il.
Détail piquant : un des deux gardes du corps de Don Manuel est…noir.

Deuxième temps Le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls a jugé mercredi 10 juin qu'à la suite de l'échec des élections européennes "le mot socialiste ne veut plus rien dire"."Il faut se régénérer. Il faut changer de méthodes. Il faut changer de direction. Il faut changer de génération. Il faut changer de programme. Il faut changer de nom" car "le mot socialiste ne veut plus rien dire", a indiqué Manuel Valls sur i-Télé."C'est minuit moins le quart, là, avant la mort clinique du Parti socialiste", a-t-il affirmé, se disant "un peu fatigué qu'on ne nous écoute pas".
Il a mis en avant l'urgence, selon lui, d'évoluer et également de changer de nom.L'échec du PS, qui n'a obtenu que 16,48% des suffrages le 7 juin, "est peut-être le dernier avertissement" et "si nous ne faisons pas un effort sur nous-mêmes" alors "nous sommes menacés de mort", a ajouté le maire d'Evry (Essonne).
Manuel Valls avait déjà conseillé de changer le nom du parti en juillet 2007, après la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle. ««J'attendais ça depuis des années... Je me demandais qui allait enfin le proposer!» s’était félicitée Laurence Parisot, présidente du Medef, l’organisation patronale française.

Troisième temps
Les maires d’Evry et Courcouronnes déplorent le manque de fermeté de certains juges
EVRY, 27 mai 2009 (AFP) - Manuel Valls (PS) et Stéphane Beaudet (UMP), maires d’Evry et Courcouronnes dans l’Essonne, ont déploré mercredi dans une lettre à la Garde des Sceaux le manque de fermeté de certains juges par rapport aux “délinquants multiréitérants*” agissant dans les quartiers populaires.
Dans un courrier, dont copie a été transmise à la presse, les deux élus estiment que les efforts déployés par les divers intervenants dans le cadre des contrats locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) sont “trop souvent mis à mal par des décisions émanant de magistrats du siège”, dont certains selon eux “ignorent (…) trop souvent la réalité des situations que les habitants de nos villes ont à déplorer”.
Selon les deux maires, des “individus interpellés à plusieurs reprises (…) auteurs d’actes délinquants à répétition se voient infliger des mesures qui ne devraient être réservées qu’à des primo-délinquants”. “Certains d’entre eux, précisément identifiés par une grande partie des habitants et ayant déjà été condamnés pour des délits, ne se voient infliger qu’un simple rappel à la loi, alors qu’il s’agit de récidives”, écrivent MM. Valls et Beaudet, qui estiment que “le sentiment de totale impunité - reposant sur une réalité et imprégnant la plupart des mineurs délinquants - annihile ainsi tous les efforts éducatifs et de prévention déployés”.
“Sans remettre en cause le principe, pleinement légitime, de l’indépendance de la magistrature, il importe que celui-ci ne se traduise pas, de fait, par une forme de surdité face aux nouvelles réalités de notre société”, poursuivent-ils.
Les deux élus demandent ainsi à la ministre de “bien vouloir (leur) faire part de propositions concrètes afin que s’amorce rapidement un dialogue absolument nécessaire entre l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale”. “Il conviendrait”, estiment-ils, “de réfléchir à une évolution de la formation(…) des magistrats (du siège ndlr) qui, à l’instar de leurs collègues du parquet pourraient tirer grand profit d’un travail d’échange et d’écoute avec tous les acteurs locaux de l’éducation, de la prévention et de la sécurité”.
Evry a connu le 21 mai de violents affrontements entre plusieurs dizaines de jeunes.
*Multiréitérant : personne soupçonnée d’être impliquée dans plusieurs crimes et/ou délits mais pas encore jugée, à ne pas confondre avec multirécidiviste, personne condamnée à plusieurs reprises pour crimes et/ou délits.
On pourrait continuer longtemps comme ça. Rappelons juste pour mémoire :
> Il dit souhaiter « concilier la gauche avec la pensée libérale » et se déclare « clintonien».
> En 2002, il prend position contre un magasin Franprix de sa ville qui avait choisi de ne vendre que des produits hallal.
> En 2005, concernant le référendum sur la Constitution européenne, il commence à défendre le « non », puis, après le référendum interne au PS du 1er décembre 2004 où le « oui » est sorti largement vainqueur à plus de 59 % des voix, il participe à la campagne du PS pour le « oui ». «Manuel, c'est le seul socialiste qui ait réussi cet exploit: perdre deux fois », résume un membre de la direction du PS. « Il disait non quand le parti a dit oui, et il a dit oui quand les Français ont dit non.»
> Il plaide pour un allongement du nombre d'années de cotisation pour fixer l'âge du départ à la retraite et « l'alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général. »
> Dans son livre Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche (sic), il dit « oui aux quotas » d'immigration, approuve l'allongement de la cotisation retraite à 41 ans à condition que l'on imagine un départ « à la carte », selon la pénibilité des carrières, et regrette les « fatwas anti-OGM » et anti-nucléaires.

Bref, on comprend que Nicolas Sarkozy ait essayé de le recruter dans son gouvernement « d’ouverture ». Don Manuel a refusé jusqu’ici car celui qu’on a baptisé « Monsieur Moi-Même » au PS vise la direction du parti (il avait répondu «moi-même» à un journaliste qui l'interrogeait sur les personnalités susceptibles de postuler à la succession de François Hollande).

Le PS n’est pas le Titanic, qui était un paquebot flambant neuf en parfait état de marche qui a eu le malheur de heurter un iceberg. Il s’apparente plutôt à l’Airbus d’Air France, qui a implosé en plein vol entre le Brésil et le Sénégal.
Après la déculottée des élections européennes, le parti connaît sa énième crise d’identité. Celle que Manuel Valls lui propose pourrait s’exprimer par ces trois lettres : PPB. Parti du Peuple Blanc.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

En bonus, je vous offre un instant inoubliable du congrès de Reims - qui vit la victoire de Martine Aubry - lorsque Ségolène Royal, sa challengeuse malheureuse, s'essaye à citer Jean Jaurès
http://www.wat.tv/video/segolene-royal-levons-nous-130g7_p6ln_.html

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 2 juin 2009

N°108 - Très Grandes Manœuvres électorales

La soi-disant UDMO*, qui est en fait l’UEAVRMHNU**, vient de trouver une manière originale d’intervenir dans les affaires du monde, en d’autres termes de pratiquer l’ingérence dans les campagnes électorales en cours au Liban (élections législatives du 7 juin), en Iran (élection présidentielle du 12 juin) et en Europe (élections du Parlement européen le 7 juin) : la guerre virtuelle. L’ensemble de la machine de guerre sioniste est engagé toute cette semaine dans des TGM (très grandes manœuvres) visant à entretenir le SSPT (syndrome de stress pré-traumatique***).
Le but déclaré de ces manœuvres est de tester la capacité de riposte israélienne à une attaque aérienne et de missiles. Ni le Hamas ni le Hezbollah ne disposant d’aviation, ou alors ils l’ont bien cachée, une telle attaque ne pourrait évidemment venir que de l’Iran, selon les fous furieux qui gouvernent l’UDMO.

Bon, d’accord, ce n’est pas une « vraie » guerre, c’est seulement une guerre virtuelle, mais quand même, le but est toujours le même : terroriser à la fois la population israélienne, palestinienne, libanaise, iranienne et européenne, sans oublier les Égyptiens, qui accueillent pour la première fois le néo-élu Obama, qui va tenir son grand discours aux Arabes (au grand dépit du palais royal marocain, qui avait lancé une grande campagne de lobbying à Washington pour que le nouveau président US vienne faire son discours aux Arabes à partir du Maroc, recrutant même pour cela le maire de Washington, qui a une lointaine origine marocaine).
Ces TGM sont donc aussi un message envoyé à Obama, au cas où il serait tenté de prendre quelques distances avec Israël.
À propos de guerre virtuelle : vu qu’Israël, ces derniers temps, n’arrive plus à gagner les vraies guerres qu’il mène, au Liban comme à Gaza, peut-être qu’il devrait transformer Tsahal en entreprise de production de videogames, ce qui lui coûterait moins cher et lui rapporterait bien plus.
* Unique démocratie du Moyen-Orient : c’est ce qu’ils disent
** Unique État-atomique-voyou-raciste-membre hostile des Nations unies : depuis l’assassinat du Comte Folke Bernadotte le 17 septembre 1948 jusqu’au bombardement des écoles et dépôts alimentaires des Nations Unies à Gaza en janvier 2009, en passant par le bombardement de Qanaa (Liban) le 18 avril 1996 (105 civils massacrés), Israël est le seul État membre des Nations Unies à s’être livré à des actes de guerre déclarés contre cette organisation.
*** Lire à ce sujet Le syndrome de stress pré-traumatique – Un aperçu de la psychose collective israélienne, par Gilad Atzmon




Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 26 mai 2009

N° 107 - Les 3 K contre les 5 K

Un épisode sanglant de lutte de castes chez les Sikhs apporte de l’eau au moulin des défenseurs autrichiens de l’Occident chrétien
Vienne, 25 mai 2009
L’événement a fait la Une des médias autrichiens et indiens et a déclenché dans le Pendjab indien deux journées d’émeutes qui ont fait deux morts et 1 milliard d’Euros de dégâts : dimanche 24 mai, un commando de Sikhs orthodoxes a attaqué un temple sikh dissident dans le 15ème arrondissement de Vienne, capitale de l’Autriche. Bilan de l’attaque : un mort et une quinzaine de blessés, dont plusieurs dans un état grave. Le mort est Sant Rama Nand, gourou de la secte Dera Sachkhand, communément appelée les Ravi Dassi, du nom du gourou Ravid Dass, qu’ils vénèrent. Cette secte est une des nombreuses sectes qui se sont développées dans la nébuleuse sikhe et regroupe essentiellement des Dalits, des intouchables, auxquels l’orthodoxie sikhe ne laisse qu’une place subalterne et marginale. Les « hérétiques », en général des pauvres, cherchent leur salut auprès de gourous dissidents, en général d’excellents businessmen, dans un mouvement analogue à ceux qui, dans des pays comme le Brésil, voient les pauvres affluer en masse dans les temples des sectes évangéliques.


Jalandhar, Pendjab, 26 mai 2009

Amritsar, Pendjab, 26 mai 2009

Les Sikhs orthodoxes reprochent à ces dissidents de mettre sur un pied d’égalité le fondateur de la religion sikhe et leurs gourous et de ne pas respecter fidèlement la règle des 5 K, que tout Sikh se doit de suivre fidèlement :
Kesha (cheveux longs, non coupés et rassemblés sous un turban),
Kangha (peigne pour entretenir les cheveux),
Kara (bracelet d'acier),
Kachha (pantalon court)
Kirpan (épée).
On imagine qu’un tel incident ne pouvait pas laisser indifférents les successeurs de Jörg Haider à la tête du parti d’extrême-droite FPÖ, Heinz-Christian Strache et Andreas Mölzer, qui mènent actuellement une tonitruante campagne électorale pour les élections au Parlement européen du 7 juin prochain. Les deux hommes viennent de se découvrir une nouvelle tête de Turc, après l’Islam : la religion sikhe. Strache a déclaré que la « politique des portes ouvertes » des deux partis dominants (SPÖ, sociaux-démocrates, et ÖVP, conservateurs) ouvrait la « voie au chaos et au crime multitculturel » (sic).
Le FPÖ a déjà défrayé la chronique avec une affiche électorale proclamant : « Abendland in Christenhand » (toutes les affiches électorales du FPÖ portent des slogans rimés), autrement dit : « L’Occident doit rester chrétien ». Il ne lui reste plus qu’à produire une affiche affirmant, contre les 5 K, la primauté des 3 K : « Kinder, Küche, Kirche » (Enfants, cuisine, église), le fameux slogan par lequel l’empereur Guillaume II avait défini la place de la femme dans la société, et qui fut habilement repris par le régime nazi. Rien à voir bien sûr avec les autre 3 K, ceux du Ku Klux Klan.

Ayman El Kayman, gourou du 2K (Klan Kaymanesque)

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 12 mai 2009

N° 106 - Lectures obligatoires


Apprenant que Monsieur Nicolas Sarkozy , président de la République française, alias le LSE, avait entrepris la lecture du livre Les mots de Jean-Sol Partre, le SFEIK (Service des filatures, enquêtes et investigations kaymanesques) a envoyé ses souris détectives fouiner dans les bureaux et appartements des intéressés et est en mesure de dévoiler le programme de lecture du dessus de panier de la Sarkolandia:

Carla Bruni Sarkozy, Première Dame et Troisième Épouse : La P. respectueuse, de Jean-Sol Partre

Bernard Kauchmar, Seigneur du Key Dorsey : Antoine Bloyé, de Paul Nizan

Eric Baissons, ministre de 3IND : L'Étranger , de Camus

Michèle Allô-Mary?, Première Casquette de France : L'agent secret, de Joseph Conrad

Rama Yabon, Secrétaire des Tas aux Défilés de Mode: La Négresse blonde, de Georges Fourest

NKM, alias Madame ôjéèmecéodeux : La Nausée, de Jean-Sol Partre

Rachiadada, gardienne des (pu)sceaux): Zazie dans le métro, de Raymond Queneau.

Enfin, voici le programme détaillé des lectures programmées par le Lecteur Suprême Élyséen d'ici 2012 :

L'enfance d'un chef, de Jean-Sol Partre (1er tome des Chemins de la liberté)
Les mains sales, de Jean-Sol Partre
Huis Clos, de Jean-Sol Partre
En attendant Godot, de Samuel Beckett
Les chaises, d'Eugène Ionesco
Technique du coup d'État, de Curzio Malaparte
Le Viol des foules par la propagande politique, de Serge Tchakhotine

Bref, comme aurait dit le Grand Charles, un "vaste programme" !

Quant à vous, misérables geeks, je vous recommande comme lecture urgente le Manuel du guérillero urbain, par Carlos Marighella (1969), un classique qui, malgré ses quarante ans d'âge, n'a pas pris une seule ride...

AEK, sous-commandant de l'AKLIG (Armée kaymanesque de libération inter-galactique), chargé de la gestion des BPM (bibliothèques populaires mobiles)

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !


mardi 7 avril 2009

N°105 - Bravo, mon Général !

Une fois n'est pas coutume: cette semaine je tiens à transmettre des félicitations les plus chaleureuses et mes remerciements les plus sincères à l'homme que vous voyez ci-contre, le Général de brigade Avichai Mandelblit, procureur général de l'armée israélienne.

Ce brave général-procureur vient une fois de plus donner raison à la sentence de Georges Clémenceau: "la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique."
Il vient en effet de classer sans suite l'ébauche d'enquête engagée sur les témoignages de soldats israéliens parus en Israël, sur des crimes de guerre commis à Gaza en janvier. Ces témoignages se fondaient, selon Mandelblit, sur des "ouï-dire", donc: circulez, il n'y a rien à juger.

La justice militaire israélienne n'en est pas à son premier déni de réalité et de justice. Ainsi, le résultat des 30 plaintes déposées pour des meurtres de civils palestiniens pendant la 2ème Intifada (4747 victimes, dont 942 femmes et enfants) a été squelettique : 5 condamnations, dont une seule à une peine de prison quelque peu consistante.

Vous vous demandez donc pourquoi je tiens à féliciter le Général Mandelblit ? Eh bien, c'est très simple : sa décision de classer sans suite les crimes de guerre commis à Gaza ouvre une avenue royale à la Cour pénale internationale pour juger ces crimes. En effet, si la justice civile ou militaire israélienne décidait d'ovrir une enquête sur ces crimes, cela paralyserait toute action de la CPI. Il ne reste plus qu'à prier pour que la justice civile israélienne n'ait pas la mauvaise idée d'ouvrir une enquête sur ces mêmes crimes.

Je pèche peut-être par excès d'optimisme, mais je crois que les autorités pénitentiaires de la prison Haaglanden à Scheveningen peuvent commencer à préparer les suites destinées à accueillir les Ehud Barak, Tzipi Livni, Ehud Olmert et autres crimnels de guerre. Et M. Pidakos, le directeur de la prison, peut commencer à prendre des dispositions pour pouvoir fournir des plateaux-repas kasher à ses futurs hôtes.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 31 mars 2009

N° 104 - Cabinet Noir

Le nouveau cabinet formé par Bibi Netanyahou pour gouverner l’UDMO (Unique Démocratie du Moyen-Orient) n’est ni bleu horizon ni blanc comme neige ni rose bonbon, il est NOIR. Noir, c’est Noir, il n’y a plus d’espoir, comme dit la chanson.

C’est d’abord un GROS cabinet : 30 ministres et 6 vice-ministres, soit un quart des députés élus à la Knesset.

C’est ensuite un cabinet ARC-EN-CIEL : y voisinent le Likoud, le Shas, Israel Beitenou et ceux qu’on s’acharne à appeler les « travaillistes » et qu’il faudrait plutôt appeler les « judéo-travaillistes », car en fait de Parti du Travail, la section israélienne de l’Internationale socialiste n’a jamais été rien d’autre que le Parti du Travail…Juif et n’a jamais chanté « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », mais « Prolétaires et bourgeois juifs de tous les pays, expatriez-vous » (…en Palestine). Et le fleuron de ce petit monstre, son leader suprême n’est autre que le général Ehud Barak, qui est reconduit dans sa fonction de ministre de la « Défense », où il pourra tranquillement préparer la prochaine guerre. Tranquillement ? Oui, sauf si la Cour pénale internationale, par miracle, décidait de l’inculper pour les crimes de guerre ordonnés à Gaza il y a 3 mois.

Mais ce n’est pas la présence de Barak qui choque le monde bien-pensant et les médias dominants. Non, c’est la présence d’Avigdor Lieberman « le fasciste », l’ancien videur de boîte moldave, l’homme qui ne sait pas faire un noeud de cravate, l’homme qui voudrait noyer les Palestiniens dans le Lac de Tibériade, l’homme qui…et qui….
Mais que je sache, Liberman s’est jusqu’ici contenté de dire des horreurs et pas d’en commettre, comme par exemple Barak.

« Être de droite et dire des horreurs : pire qu’être de gauche et faire des horreurs »

(Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues, Nouvelle édition revue et corrigée par Ayman El Kayman, UDMOlogue)

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !


Ehud Barak, vu par Kerry Waghorn

mardi 10 mars 2009

N°103 - Week-end pour deux à Cihuatlan

C’est une modeste maisonnette face à l’océan Pacifique, avec une chambre à coucher, une piscine et un jacuzzi en plein air. La nuit pour deux y coûte la bagatelle de 3 500 $ -prix « nu » - auxquels s’ajoutent quelques milliers de dollars pour les divers services proposés, et évidemment, les pourboires, qui ne peuvent être que…présidentiels. Car la maisonnette s’appelle en toute simplicité « Presidential Villa ».
C’est un décor de rêve, ça s’appelle El Tamarindo (Le Tamaris) et ça se trouve à Cihuatlan, près de Puerto Vallarta, dans l’État mexicain du Jalisco, au bord du Pacifique, sur la Costalegre, la Côte non pas d’Azur mais Joyeuse.
Cet hôtel de très grand luxe appartient à un milliardaire mexicain du nom de Roberto Hernandez Ramirez, membre du Conseil d’Administration de la banque Citigroup et vaguement associé au commerce, vaguement illicite, du produit colombien le plus réputé au monde, aussi blanc que le café est noir.
Et ce cher Roberto aurait payé un petit week-end en amoureux à Nicolas et Carla dans le décor enchanteur d’El Tamarindo.
Et alors ? Où est le problème ? Ya quand même pas de quoi en faire un fromage, non ? C’est autant que les contribuables n’auront pas eu à débourser ! Et, selon des sources hautement confidentielles mais très bien informées, la coke distribuée au petit déjeuner à El Tamarindo est la meilleure du monde.
De quoi vous plaignez-vous, les râleurs ?
Vous en avez marre de Berck-Plage et Palavas ?
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 3 mars 2009

N°102 - Échos d'un pays situé entre le Rwanda et l'Afrique du sud

En 1989, les patrons blancs de l'Afrique du sud de l'apartheid firent leurs comptes. Résultat : l'apartheid leur coûtait pus cher qu'elle ne leur rapportait. Ils allèrent donc voir l'ANC et lui proposèrent un deal : on vous laisse le pouvoir politique et vous nous laissez le pouvoir économique. On connaît la suite : Frederick de Klerk céda la place à Nelson Mandela.
Il existe un pays appelée Guadeloupe, dont la situation est une des monstruosités anachroniques de notre XXIème siècle. Elle partage cette situation avec la Martinique, la Guyane, la Réunion - (départements français d'outre-mer, donc "Régions ultrapériphériques de l'Union européenne", qui vont être rejointes par Mayotte, après le référendum prévu pour le 29 mars prochain) et avec la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre et Miquelon et les Terres australes françaises (territoires français d'outre-mer): ce sont encore et toujours -au XXIème siècle !- des colonies, les derières colonies européennes, avec les Antilles néerlandaises et le Groenland (colonie danoise en route vers son indépendance).
Les animateurs de la grève générale chantante, dansante et percussive qui "paralyse" (façon de parler, car l'île n'a jamais été aussi peu paralysée) la Guadeloupe depuis le 20 janier dernier sont en train de trouver une manière originale d'accéder à l'indépendance : avec leur revendication d'une augmentation générale de salaires de 200 € par mois, ils sont en train de dégoûter les patrons (blancs) de continuer à exploiter les indigènes (noirs, indiens et métis). Le MEDEF (syndicat patronal) de Guadeloupe refuse de signer l'accord conclu il y a qelques jours. Eh bien ! Si les patrons blancs trouvent que leurs Nègres leur coûtent trop cher, ils n'ont qu'à aller exploiter ailleurs! Les Guadeloupéens peuvent très bien se gouverner tout seuls, comme des grands, qu'ils sont. Je laisse la parole à Elie Domota, que les médias français s'aharnent à présenter comme le "leader" de la grève, alors qu'il n'est que le porte-parole. Lisez ce document éloquent de l'ambiance qui règne en pays Gwadloup.


Extrait de la déclaration de M. ELIE DOMOTA du LKP
Rappel du contexte :
Le mercredi 28 janvier 2008, lors des négociations entre le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon, les élus , les représentants des socio-professionnels et l’encadrement de l’Etat, le préfet quitte les négociations. L’ambiance est lourde. Monsieur Willy ANGELE, président du MEDEF Guadeloupe affirme qu’il est prêt à travailler sur un projet de territoire s’il le faut, il exprime, à travers son expérience de Mai 1967, son aversion pour les débordements violents et ne veut pas voir son pays se déchirer comme le firent les Tutsis et les Hutus.


"Je tiens à réagir au propos concernant les hutus et tutsis.Je salue Monsieur ARCONTE, directeur du Travail qui est resté dans cette réunion,je ne sais pas s’il est Hutu ou Tutsi.Tout simplement pour affirmer monsieur ANGELE (patron du MEDEF Guadeloupe),que nous ne pouvons nier que vous, madame KOURY (présidente de la Chambre deCommerce et d’Industrie de Pointe A Pitre) M. PAYEN (membre du ComitéEconomique et Social) soyez des guadeloupéens, ce n’est pas notre propos.
Ce que nous affirmons est que la société guadeloupéenne s’est construite sur desrapports de race et de classe depuis 400 ans.
Aujourd’hui dans la pyramide, le pouvoir correspond à une couleur, on vient de leconstater (les représentants de l’Etat ont quitté les négociations).
En Guadeloupe actuellement, au sommet de la pyramide, on retrouve les blancs etles européens, au bas de l’échelle se situent les nègres et les indiens, c’est unconstat.On nous parle de paix sociale ! La paix sociale ne peut exister dans un pays quandla majorité de ses enfants est exclue du travail, est exclue du savoir, est exclue desresponsabilités (…)
Aujourd’hui, en analysant les 50 plus grandes entreprises en Guadeloupe, leurscadres ne sont pas des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne, c’est lavérité !En observant les administrations, les services de l’Etat, les chefs de services et lescadres ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine ouindienne !
Dire le contraire, c’est mentir, c’est la vérité ! Quels sont les services que les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent en Guadeloupe ?
Ce sont les services qui relèvent de la gestion de la misère !
La CMU (la Couverture Maladie Universelle), monsieur YACOU, le RMI (le RevenuMinimum d’Insertion) monsieur LUBETH, le pôle emploi ANPE-ASSEDIC monsieurDUMURIER, la CAF et l’API (l’Allocation Parent Isolé) monsieur SAINT-CLEMENT.
Les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent la misère desguadeloupéens !Dans tous les autres services de l’Etat qui exercent un pouvoir, tant dans leurdirection que dans leur staff d’encadrement, on ne trouve pas de guadeloupéensd’origine africaine ou indienne !
Bien évidement, on nous parle de formation, c’est faux, archi faux !Nous connaissons des diplômés « à la tonne », ils ne travaillent pas en Guadeloupe !
Dernièrement, j’ai reçu une jeune femme diplômée en ressources humaines quipostulait sur un poste à Air France ; on lui a proposé un poste d’hôtesse de l’air. Sur ce poste a été recrutée une personne venant de France avec moins de diplômes qu’elle !
Nous l’interprétons ainsi, des questions de couleur de peau, la réalité telle que nousla percevons.En France, concernant les offres marchandes dans le secteur privé, 6% des ces offres sont gérées par l’intérim et les cabinets de consultants.
En Guadeloupe 50%des ces offres sont gérées par ce secteur ! Et qui dirige ces cabinets d’intérim et de consultants ? Qui y travaille?
Ce ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine et indienne !
Aujourd’hui en Guadeloupe, on embauche du personnel sous le sigle BBR ! Un bleublanc rouge !J’ai travaillé en France, il m’a été demandé d’embaucher un BBR, un 01 codificationinformatique 01 signifiant « nationalité française » ! Ou un vrai 01 signifiant unfrançais blanc !
Voilà ce qui se passe sur la discrimination raciale à l’embauche. Cela expliquepourquoi de jeunes diplômés guadeloupéens et martiniquais ont déjà mis en ligne plusieurs blogs dont http://antildiscrim.skyrock.com/où ils expriment ce qui leurarrive, la victimisation dans le système !
C’est la vérité, la Guadeloupe a été construite sur des rapports de classe et de race qui perdurent depuis 400 ans !
Le système de la plantation a été maintenu, prenons des exemples monsieurANGELE.
Prenons des entreprises comme CARREFOUR, MR BRICOLAGE, est-ce que la photographie de leur encadrement correspond à la réalité ethnique de laGuadeloupe, à la réalité sociale ?
NON etNON! C’est une évidence !
Face à cette situation, nous affirmons pour répondre à votre remarque sur les Tutsis et Hutus, que nous ne sommes pas du tout dans ce schéma, nous ne contestons pasque vous soyez guadeloupéen tout comme monsieur PAYEN, sinon on se mettra àcontester le caractère guadeloupéen de n’importe qui !
Nous l’affirmons de nouveau, la paix sociale ne peut exister dans un pays quand la majorité d’un peuple est exclue !
Et aujourd’hui en Guadeloupe, 99,99% des chômeurs sont des guadeloupéens d’origine africaine et indienne !
Prenons encore des exemples, à Jarry, des commerces qui ont ouvert récemment comme Décathlon, Kiabi, Casino.Je travaille à l’ANPE, qui était chargée de réaliser le recrutement de Décathlon.
Nous avons travaillé à la sélection, aux offres d’emploi comme il le fallait. Par la suite, un cabinet de consultants payé par le groupe HAYOT a « nettoyé » le travail, ensuite le personnel est venu de Paris !
Je suis persuadé qu’en visitant ce magasin n’importe qui a été interpellé, nousn’interdisons à personne de travailler, par le fait qu’il est surprenant d’embaucher un personnel venant de PARIS pour être caissière à Pointe-à-Pitre !
Lorsque nous posons ce problème, on nous taxe de racisme !
Nous résidons dans un pays de 1600 km2, 460 000 habitants, 60 000 chômeurs,nous avons avec la Guyane le plus important taux de chômage !Nous avons vu récemment un courrier de monsieur VION (hôtelier) affirmant qu’on soit de la Creuse, de la Guadeloupe, de la Corrèze ou de la Normandie on est français.
Ce n’est pas aussi simple monsieur VION ! Comment voulez-vous que la paix sociale existe en Guadeloupe si les guadeloupéens ne peuvent pas y travailler ! J’ai eu l’occasion de vous rencontrer, madame Jeanny Marc (maire de Deshaies, député de la 3è circonscription) sur ces questions concernant particulièrement l’hôtel Fort Royal.
Un jour est arrivée à l’ANPE une offre d’emploi pour l’embauche de 40 personnes ayant comme tâches de couper de l’herbe, laver la vaisselle, nettoyer les chambres, faire les lits, porter les bagages, avec comme contrainte « anglais lu parlé et écrit obligatoire ! »
Cela signifie que si nos enfants formés au lycée hôtelier avec un niveau bac+2 ou bac+3 parlent anglais couramment, c’est cela leur destinée que de laver la vaisselle dans un hôtel à Deshaies ? Nous avons de nombreux jeunes diplômés en Guadeloupe qui sont obligés de procéder à l’ensachage de clous dans des entreprises à Jarry ou réalisent des sandwichs dans des fast-foods ! C’est cela qui leur arrive car ils refusent de partir et de quitter leur pays espérant à terme trouver un job !
D’autres par contre, partent, prennent l’avion ! Une fois arrivés par exemple en Allemagne ou ailleurs, c’est fini : ils ne reviendront qu’en vacances, un fois peut être, ils fonderont une famille, leurs enfants seront allemands, australiens ou autre et c’est ainsi que la Guadeloupe perd ses forces vives !
Le processus que nous venons de décrire concernant l’hôtel Fort Royal est très subtil, vous le savez bien monsieur ARCONTE : dès qu’une offre d’emploi a été déposée dans le service public de l’emploi et que cette offre n’a pas été satisfaite dans un délai de 30 jours, car pour cette offre on n’aurait trouvé personne en Guadeloupe, dans ce cas la législation permet d’opérer « l’introduction de main d’œuvre étrangère » !
C’est ainsi que tout naturellement 45 Suédois ont pris les postes dans un hôtel appartenant à la collectivité régionale !!! Cela nous permet d’affirmer haut et fort qu’il faut une priorité d’embauche aux guadeloupéens en Guadeloupe !
Il faut que ce qui se passe au sommet corresponde à la situation ethnique et sociologique du pays ! Cela est la règle dans tous les pays ! Pourquoi aujourd’hui en France à partir de ce qui s’est déroulé au Etats-Unis, Christine KELLY a été nommée au CSA, on a avec empressement nommé une préfète d’origine camerounaise sans même s’apercevoir que madame PIERROT, guadeloupéenne de Trois-Rivières occupe depuis longtemps ce type de poste !
Ces questions nous les posons sans haine de façon justement à ne pas arriver à la haine ! Car si l’embrasement des banlieues a eu lieu il y a 2 ans, c’était justement parce que ces jeunes se sentant exclus affirmaient : « Nous sommes français ! » De ce fait une série de mesures furent appliquées, train pour l’emploi, etc… Ici nous sommes toujours dans le même système, un système construit sur des rapports de classe et de race depuis 400 ans ! Nous ne reviendrons pas sur les chiffres, nous sommes les premiers concernant les jeunes filles mères, nous sommes les premiers avec les guyanais pour le SIDA, nous sommes les premiers dans nombre d’aspects négatifs !Par contre dans le domaine sportif, lorsqu’il s’agit du capitanat de l’équipe de Francede foot, réaliser des performances en athlétisme, nous sommes demandés !
Au point pour nous d’intégrer les domaines où nous sommes cantonnés !
Lilian THURAM est un grand sportif mais tout nos enfants, seront-ils des LilianTHURAM ? Seront ils des Teddy RINER ? Non !
Cela signifie que tout nos enfants ont droit à la réussite !
Quand j’étais petit, je lisais BLEK, YATACA, ZAMBLA et AKIM ! Comme tous lesjeunes de mon âge !En grandissant, un adulte m’a interpellé me déclarant « Domota, quelque chose ne va pas : le héros, tout seul le plus fort dans la foret, commande tous les nègres, tousles serpents, tous les gorilles, toutes les bêtes, le seul blanc commande tout lemonde ! »
Alors évidemment on se réfère au héros !
Les héros des guadeloupéens aujourd’hui, qui sont-ils ?Thierry HENRY, Lilian THURAM !L’épanouissement, la réussite par le sport sont des notions fondamentales !Admettons que nos enfants ne peuvent avoir comme seuls modèles Thierry HENRY et Lilian THURAM !
Il faut que nos enfants aient comme modèle Nicolo, d’autres personnes s’illustrant dans d’autres domaines, il faut que nos enfants osent affirmer : « je voudrais être unjour monsieur Météo ! » Depuis 25 ans c’est toujours le même actuellement M. R. MAZURIE !
Nous devons viser l’excellence mais pour la Guadeloupe !
Nos enfants dans leur développement, lorsqu’ils regardent la télévision ne voient personne qui leur ressemble ! Dans les activités professionnelles, celui qui symbolise la réussite ne nous ressemble pas ! Par contre celui qui est dans la rue nous ressemble ! On finira par intégrer si nous sommes croyants que c’est une malédiction !
Rappelons nous lorsque CHAM fut banni, « Tu seras l’esclave de tes frères », n’est-ce pas monsieur LUREL, vous parliez de Dieu précédemment. CHAM était l’esclave de JAPHET et de SEM. SEM étant la lignée des sémites, les juifs et les arabes, JAPHET celle des blancs !
Depuis la nuit des temps était écrit que les nègres seraient les esclaves des juifs, des blancs et des arabes !
Nous finirons par intégrer cette soi-disant malédiction !

Ou bien nos enfants finiront par se dire à quoi bon aller à l’école, continuer à faires des études d’agriculture, de toutes les façons nous sommes au pied de la croix, restons dans la rue, prenons les armes !
Voilà le modèle de société vers lequel nous nous dirigeons, que nous devonscondamner combattre et nous mettre ensemble pour en changer le cours et ne pasnous diriger vers une impasse !
Car nous dans cette assemblée, nous pouvons penser que nous avons réussi notre parcours social : j’ai 42 ans et 3 enfants ; je suis directeur adjoint à l’ANPE.J’ai réussi quoi aujourd’hui ? Un parcours personnel ? Mais que laissons-nous pour nos enfants ? Un pays meurtri ! Nous avons eu la démonstration aujourd’hui que nous devons prendre notre destin en main car la politique publique de l’Etat français ne répond pas à nos exigences !
Monsieur LUREL, rassurez-vous, nous ne sommes pas dans une démarche politicienne car chaque fois que vous vous exprimez, vous êtes toujours en train de régler les comptes avec d’autres mais cela ne peut s’adresser à nous. Notre démarche vise à régler les exigences sociales prioritaires du peuple guadeloupéen en souffrance aujourd’hui !
Ajoutons concernant les Hutus et les Tutsis et le respect de la démocratie : le gouvernement Pétain était légitime (s’adressant à monsieur ANGELE), le code noir était légitime (rectification de monsieur ANGELE : « Pas légitime, légal »), pardon il était légal ; donc vous êtes pour la légalité. C’est pour cela que j’affirme que tout a une limite et que c’est donc le fait qui fait le droit ! Si nos ancêtres n’avaient pas estimé que le Code Noir légal ne fût pas illégitime, nous en serions toujours à l’esclavage ! Je voulais simplement apporter cette nuance pour affirmer que ce n’est pas parce que un concept est légal qu’il soit correct. Aussi nous avons entendu les propositions de monsieur LUREL, celles de monsieur GILOT, celles de madame Jeanny Marc. Nous souhaitons travailler sur vos propositions et nous vous serions gré de nous les faire parvenir par écrit, de façon que nous puissions les étudier nous aussi. "

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 10 février 2009

N° 101 - Ils ont veauté, et puis après ???

J'allais une fois de plus décocher un coup de dent à l'UDMO, suite au mardi électoral, quand j'ai trouvé sous la signature d'un collègue blogueur vénézuélien, un texte qui exprimait exactement ma vision des élections israéliennees. Je cède donc mon espace à Okrim Al Qasal :

Élections israéliennes : L'extrême-droite s’impose d’une faible marge contre l'extrême-droite, mais elle devra pactiser avec l’extrême-droite pour gouverner

À mon avis c’est à peu près ce que disent les résultats des élections parlementaires israéliennes du 10 février (à propos, jour du 30è anniversaire de la Révolution Islamique iranienne).

Kadima, le parti qui a orchestré les récents bombardements sur Gaza, s’est imposé d’une faible marge face au Likoud, le parti qui l'a observé avec envie, car les premiers assassinaient femmes et enfants sans discrimination, tandis que les seconds, ne faisant pas partie du gouvernement, ne pouvaient pas le faire.



livninetanyahuIsra_l_Beitenou_ED
Tzipi Livni Benjamin Netanyahu Avigdor Lieberman

Cependant, le résultat est insuffisant pour que Kadima ait la majorité garantie pour gouverner, qui est de 61 parlementaires sur les 120 qui composent la Knesset (Parlement).

Kadima aura dans les 29-30 représentants dans cette assemblée, tandis que le Likoud est crédité de 27-28.

La troisième force du pays est maintenant Israël Beytenou, une formation tellement fasciste et raciste que dans l'amalgame de fanatiques sadiques qui ont le pouvoir en Israël ils sont considérés comme radicaux. Cette formation, avec ses 15-16 parlementaires, sera la clef au moment de former le gouvernement.

Si Israël était un pays « normal » pour la répartition typique des démocraties représentatives, Kadima serait le parti social-démocrate, le Likoud démocrate-chrétien et lsraël Beyteinou un parti d'extrême-droite.

Mais si nous nous en tenons à la coutume de leurs gouvernements d'usurper des territoires, assiéger des réfugiés et bombarder les civils, nous pouvons dire que pour ce qui est de leur comportement les trois partis sont de l’extrême droite à l’état pur.

Et comme je ne veux pas être injuste, car même dans l'extrême-droite il y a des nuances, la conclusion finale de ces résultats est celle-ci :



L'extrême-droite radicale est battue par l'extrême-droite modérée, qui devra pactiser avec l’extrême-droite fasciste pour gouverner.

J'exagère ? Le temps le dira.

Source : Elecciones en Israel: Ultraderecha se impone por estrecho margen a la Ultraderecha, pero tendrá que pactar con la Ultraderecha para gobernar. Traduit par Esteban G. et Fausto Giudice, Tlaxcala.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 3 février 2009

N° 100 - The Big Davos Circus

Pour mon 100ème Coup de Dent, je vous offre un document historique : le débat surréaliste sur Gaza au Forum Économique de Davos, à l'issue duquel le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan est parti en claquant la porte. La trasncription et la traduction on été réalisées par les vaillants traducteurs du réseau Tlaxcala. Qu'ils soient ici remerciés.





Modérateur : Je suis David Ignatius, chroniqueur au Washington Post et je vais modérer la discussion de cet après-midi sur Gaza. Notre discussion sur Gaza fait suite à une guerre qui nous a rappelé à tous le poids de l’histoire au Moyen-Orient et nous a aussi rappelé la fragilité du processus de paix. J’’espère que ce soir, nous allons mettre un peu plus de substance dans ce processus en discutant où nous allons maintenant, comment remettre ensemble les morceaux. Nous avons un panel extrêmement distingué avec nous ce soir pour discuter de ces questions. Permettez-moi de les présenter brièvement. À ma droite immediate, le Premier ministre de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan. À sa gauche le Président d’Israël, Shimon Peres. À sa gauche le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et à sa gauche le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa. Je vais demander au secrétaire général Ban Ki-moon des Nations Unies, qui s’est concentré particulièrement sur les aspects humanitaires de la crise de Gaza d’ouvrir la séance de ce soir avec ses remarques pendant cinq minutes. À vous, M. le secrétaire général.
Ban Ki-moon: Merci, Monsieur le modérateur. Excellences, Mesdames et Messieurs; c’est un grand palisir de aprticiper à ces discussions très importantes sur le processus de paix au Moyen-Orient. Le mot-clé de ce Frum de Davos semble être “crise”, une crise multiple, nos avons parlé de crise financière, de crise climatique, de crise alimentaire, de crise énergétique, mais pour les plus d’un million et demi de Palestiniens de Gaza, ces crises semblent bien distantes, en comparaison avec la crise quotidienne qu’ils ont à subir, à souffrir, particulièrement après ce conflit militaire de trois semaines, qui continue encore. C’est très triste. Quand j’ai visité Gaza, j’ai vu de mes propres yeux le niveau de destruction, le niveau de difficultés tragiques que ces gens ont à subir du fait de cette crise. Je suis revenu avec une résolution renforcée, qu’en tant que secrétaire général des Nations Unies, je dois faire quelque chose de toute urgence pour aider ces gens à soulager les souffrances de ces questions humanitaires (sic). Ce matin, j’ai lancé un appel urgent se montant à 613 million de dollars pour une assistance humanitaire d’urgence, seulement de secours d’urgence. Nous parlons maintenant de reconstruction à moyen et à long terme. C’est ce dont j’aimerais discuter avec vous. Actuellement, j’ai quatre priorités. Je pense que ce n’est pas moi en tant que secrétaire général, c’est toute la communauté internationale qui doit affronter quatre questions prioritaires, pour aborder le processus de paix du Moyen-Orient de manière globale. Deux questions immédiates et prioritaires : comment rendre le cessez-le-feu durable et soutenable et qu’il soit respecté par toutes les parties concernées. Ce cessez-le-feu unilatéral est très fragile. Comme nous l’avons vu il y a deux jours, un soldat israélien a été tué et un autre au point de passage de Rafah, si bien que le moindre incident peut amener à une rupture du cessez-le-feu. Les efforts de la communauté internationale doivent se concentrer sur la prévention de toute introduction en contrebande d’armes illicites à Gaza et le gouvernement israélien doit ouvrir tous les points de passage pour permettre le passage libre et fluide de l’assistance humanitaire et autres matériaux de reconstruction. Il est très important que ce cessez-le-feu soit durable et soutenable.. Il y a des questions humanitaires urgentes, les écoles et les routes, l’électricité, l’assainissement et les égouts, tout a été détruit. Les gens ont perdu leurs proches, leurs amis et plus de 5000 personnes ont été blesses, et 1300 tués. C’est une tragédie humaine. J’ai visité le complexe des Nations Unies, qui a été bombardé lors d’une attaque des forces israéliennes. C’était très choquant, alarmant et inacceptable. Ce sont donc les deux priorités les plus urgentes que nous avons à affronter. Les deux autres questions ont à voir avec le processus à moyen et à long terme, c’est l’unité des Palestiniens. Avec cette division du peuple palestinien vivant à Gaza et en Cisjordanie, divisé entre Fatah et Hamas, ce sera très difficile pour la communauté internationale d’envisager une reconstruction en douceur, un bien-être en douceur pour le peuple palestinien. C’est très triste et je pense, j’espère que les pays arabes, tous les pays arabes – nous avons actuellement le secrétaire de la Ligue Arabe ici pour faciliter cette unité des Palestiniens d’une manière unie (sic). La quatrième priorité, qui est fondamentale, c’est le processus de paix. Le processus de paix du Moyen-Orient devrait être mis en route sur une base urgente et là nous avons eu…Je suis très encouragé par le nouveau Président des USA, le Président Obama, qui a déjà pris des mesures décisives en nommant son Envoyé Spécial le Sénateur George Mitchell; qui est déjà en voyage dans la région. Les Israéliens et les Palestiniens ont accompli des progrès substantiels Durant l’année dernière (sic), ils doivent construire là-dessus, je voudrais donc prier instamment les Nations Unies à continuer à participer et à apporter leur appui à cela. Maintenant, comment assurer tout ce processus de paix, comment le rendre durable ? Le Hamas doit cesser de lancer des fusées, il ne doit pas provoquer les Israéliens, et les Israéliens devraient faire preuve du maximum de modération pour entretenir ce processus de paix, ce processus vraiment fragile. Depuis que la crise a éclaté, j’ai téléphoné et rencontré les leaders de la région et de la communauté internationale, dont les trois distingués leaders qui sont à nos côtés. Cela a été très difficile, mais l’ONU ne peut agir seule. Toute la communauté internationale, en particulier tous les pays arabes et les leaders des principaux pays, en particulier les USA, devraient prendre un rôle dirigeant et nous devons engager le processus de paix au Moyen-Orient sur une base urgente et immédiate, et je voudrais de nouveau lancer un appel urgent aux donateurs internationaux, à être généreux et positifs dans la fourniture l’assistance fin… humanitaire nécessaire. Merci beaucoup.Modérateur: Merci, Monsieur le secrétaire général. [Applaudissements]. Permettez-moi de donner la parole au Premier minister Erdoğan de Turquie. M. Le Premier ministre, votre gouvernement a joué un rôle-clé comme intermédiaire dans les négociations indirectes entre Israël et la Syrie, qui étaient en train d’avancer quand la guerre de Gaza a commencé. Permettez-moi de vous poser la même question qu’au secrétaire général des Nations Unies, et à la quelle je voudrais que tous nos hôtes répondent : que faut-il faire plus particulièrement pour empêcher le processus de paix du Moyen-Orient de faire marche arrière de nouveau ?
Recep Tayyip Erdoğan : (interprétation simultanée du turc) Avant tout, avant de répondre à la question sur ce qu'on a besoin de faire, il me paraît également important d'analyser la situation actuelle, parce que nous avons besoin d'une analyse adéquate afin de définir les mesures nécessaires.

Je ne vais pas remonter 40 ans en arrière dans l'analyse, je veux seulement revenir à juin 2008. Si nous partons de cette date, juin 2008, nous verrons qu'il avait été décidé un cessez-le-feu et il n'y avait eu aucun problème avec cette décision qui devait durer six mois ; mais lorsque le délai du cessez-le-feu prit fin, six mois après, il n'y avait eu aucune attaque avec des missiles et Israël devait lever le blocus, les choses devaient changer en Palestine. Cependant, les territoires palestiniens sont comme une prison à l'air libre, car ils sont complètement isolés du reste du monde, c’est un isolement total, un siège, et si quelqu'un essaye d’entrer une caisse de tomates en Palestine par n’importe quel passage frontalier, il est nécessaire d’avoir l'autorisation du côté israélien, d'une autre manière c’est impossible. Je le vois d'un point de vue humanitaire et je veux dire également quelques mots en tant que Premier ministre : il y a un certain temps j'ai visité Israël et ensuite je suis allé en Palestine, et en ma qualité de Premier ministre j'ai attendu en compagnie de mon épouse pendant une demi-heure dans la voiture pour pouvoir entrer dans les territoires palestiniens depuis Ramallah.

Jamais un diplomate israélien n'a dû attendre tant de temps à nos frontières. Je crois que nous devons tenir compte de ces aspects de la situation. J'ai aussi demandé à Monsieur Olmert s'il y avait eu des morts à cause des attaques avec des missiles. Il m’avait répondu que non, mais que les attaques étaient un fait, donc des missiles étaient utilisés sans qu'ils ne tuent personne, j'ai alors compris que l'affaire était que ces missiles n’étaient pas de très bonne qualité; d'autre part plus de 24 Palestiniens avaient été assassinés pendant le cessez-le-feu depuis juin dernier, l'électricité avait été coupée, il n'y avait pas de nourriture, les hôpitaux manquaient d'énergie électrique, la situation était difficile et la Turquie avait déjà commencé à envoyer de l’aide humanitaire à la Palestine, c'est-à-dire, il y avait déjà une situation à caractère humanitaire à partir ce moment-là. Je voudrais ajouter que je suis un dirigeant qui a toujours déclaré de manière explicite que l'antisémitisme constitue un crime contre l'humanité. L'islamophobie constitue également un crime contre l'humanité.

Pour moi, l’important n'est pas qu’une personne soit chrétienne, juive ou musulmane mais c’est quand elle est soumise à une situation de stress ; pour moi, le dénominateur commun est qu'il s'agit d'êtres humains, et d’après cela l’objectif humanitaire doit primer. Ceci a inspiré mes propres efforts; par exemple, nous essayons d'envoyer de l’aide humanitaire, le Croissant Rouge turc a essayé d'offrir de l’aide, mais cela nous a pris beaucoup de temps, jusqu'à deux semaines, pour obtenir que les camions traversent les passages frontaliers. Je ne sais pas si le président Peres est au courant, mais cela nous a pris beaucoup de temps, nos diplomates ont dû travailler dur pour s'assurer que l'aide arrive jusqu'aux territoires palestiniens. Plus intéressant encore, est le fait que le Premier ministre israélien a été en Turquie, Monsieur Olmert a été en Turquie quatre jours avant le début de la guerre à Gaza. Comme il a déjà été dit, la Turquie a assumé le rôle de médiateur entre Israël et la Syrie pour des échanges indirects ; il y avait déjà eu quatre rencontres, des échanges indirects, et de fait la cinquième rencontre a été réalisée en présence du Premier ministre Olmert et de moi-même, et avec nos envoyés spéciaux à Ankara ; nous sommes restés ensemble pendant cinq ou six heures pour discuter des sujets qui sont de la compétence de la Syrie et d'Israël. J'ai eu une conversation téléphonique avec le président Assad tandis qu'un de mes envoyés spécial s’entretenait avec le ministre des Affaires étrangères Moallem afin de voir s'il était possible de passer à la phase suivante, qui consisterait en des discussions directes entre Israël et la Syrie, donc c’est cela que nous étions en train d’essayer. Notre objectif tout au long du processus a été d'obtenir la paix dans la région et nous avons essayé de réunir des fonctionnaires des deux pays qui jusqu’à aujourd’hui ne se sont pas rencontrés. Nous avions si bien avancé, que nous n’avions des problèmes seulement avec quelques mots, c'est-à-dire, avec des questions de langage. On avait décidé qu'il était nécessaire de laisser passer quelques jours pour pouvoir prendre une décision finale et, pendant ce temps, j’ai parlé avec Monsieur Olmert en présence de mon ministre des Affaires étrangères et de notre envoyé spécial ; le premier ministre Olmert était aussi accompagné de ses conseillers et a dit que nous pourrions travailler ensemble à la libération du soldat israélien capturé et retenu par le Hamas, mais j'ai dit, et j’ai moi aussi posé la demande, j’ai dit que le Parti du changement et de la réforme avait gagné les élections en Palestine. Nous parlons de démocratie, nous aimerions voir que la démocratie fasse des racines ; s'il en est ainsi, nous devons alors respecter, avant tout, ces personnes choisies par le vote du peuple devant lequel elles se sont présentées, peut-être ne sont-elles pas de notre goût, mais nous devons respecter le processus. J'ai dit au Premier ministre Olmert qu'ils retenaient les ministres et les membres du Parlement palestinien ; j'ai suggéré qu'on pourrait faire un geste semblable à celui qui avait été fait en direction du président Abbas, peut-être en libérant ces personnes. Mais le Premier ministre Olmert a affirmé que ceci compliquerait beaucoup les choses pour le président Abbas. Alors j’ai répliqué qu'il serait peut-être possible de libérer quelques femmes et les enfants, que cela pourrait être un geste. M. Olmert m'a dit qu'il parlerait avec ses collègues et qu’il me donnerait une réponse le jour suivant, mais la réponse n'est pas arrivée et presque quatre jours après, le 27 décembre, nous avons vu la guerre à Gaza. Ce qui s’est passé c’est que plus de 1.200 personnes ont été assassinées, parmi elles des femmes et des enfants. Plus de 5.000 ont été blessés à cause d’un usage disproportionné de la force ; si nous voyons les faits dans une perspective humanitaire et nous réfléchissons à la puissance militaire d'Israël, qui comprend des armes de destruction massive, et que nous examinons s'il y a ou pas quelque chose de comparable à Gaza, si les Palestiniens ont ce type de puissance militaire, mais c’est évident qu’il ne l'ont pas. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies s'était réuni et avait émis une résolution, mais Israël n'a pas reconnu cette résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; comme l’a dit le secrétaire général Ban Ki-moon, le centre des Nations Unies a été aussi bombardé pendant cette guerre. Des écoles et des mosquées ont été bombardées, mais surtout, l'humanité dans son ensemble n'a pas agi avec la rapidité nécessaire pour essayer d'aider la population. Dans le cas de la Géorgie les gens ont agi avec hâte, y compris mon pays, dans cet effort parce que nous avons beaucoup travaillé pour aider la population géorgienne dans ces moments difficiles. Ce que je veux dire c’est que nous ne devons juger personne pour sa race ou sa religion dans une situation de souffrance. Notre objectif, l'objectif de tous, est d'essayer d'aider les personnes qui traversent des difficultés. J'ai visité la Syrie, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, l'Égypte et j’ai discuté avec beaucoup de dirigeants, j'ai conversé par téléphone avec des dirigeants européens; malheureusement, ceci a duré trois semaines et a eu une couverture médiatique dès le début. Les chaînes de télévision, par exemple la BBC, avaient prédit que cela durerait environ trois semaines et, en effet, tout le processus ou toute la guerre a duré trois semaines, ce qui a causé la destruction des infrastructures. Et les chiffres que le Secrétaire Général des Nations Unies a mentionné ne suffisent pas pour résoudre le problème : nous avons besoin de beaucoup plus, un milliard ou deux milliards de dollars ne suffiront pas pour reconstruire les structures là-bas, car ce peuple ne dispose d’aucun moyen pour réhabiliter son infrastructure et maintenant ils doivent à nouveau se sacrifier.

On parle beaucoup du Hamas, mais le Hamas ne constitue pas toute la population de Gaza ; il y a aussi des civils. Le Hamas est aussi une face distincte du Parti du changement et de la transformation. Le problème est que ses droits démocratiques n'ont pas été reconnus, respectés. Nous sommes maintenant au point dans lequel Israël a annoncé unilatéralement un cessez-le-feu et le jour suivant c’est le Hamás qui a annoncé à son tour un cessez-le-feu de manière unilatérale. Un côté parle d'un processus de cessez-le-feu d’une durée d'un an, l'autre côté propose un an et demi. Une autre question est, évidemment, de mettre fin à l'isolement du peuple palestinien. Sera t-il possible à Israël de le faire, c'est-à-dire, ouvriront-ils les passages frontaliers pour les gens ? Car il n’y a aucune chance qu’ils survivent où qu’ils se trouvent maintenant et dans les conditions dans lesquelles ils sont. Si nous respectons la Déclaration Universelle des Droits Humains et les conventions internationalement acceptées, la première chose est que ces passages frontaliers soient ouverts pour que les gens puissent bénéficier de leurs droits, les droits de la vie. Il y a aussi le sujet des armes qui entrent clandestinement dans la zone. Si une des extrémités du tunnel se trouve en Égypte, alors l'Égypte doit arrêter le flux illicite des armes. Mais si nous considérons la Palestine comme un État, chose qui, me semble, être aussi un sujet en lui-même, ou peut-être une affaire contestable pour certaines personnes, il s'agit du sujet de la division à l’intérieur de la Palestine et de comment régler les différences entre le Fatah et le Hamas. Si nous essayons de fermer cette blessure, nous devons alors prendre en considération toutes les parties. Ceci je l'avais aussi discuté avec Monsieur Olmert, parce que si la seule partie présente du côté palestinien est le Fatah, cette présence ne sera pas suffisante pour la projection des résultats sur tout le peuple palestinien; il est également indispensable de prendre en considération le Hamas, parce que ses membres font partie de cette société, ils ont remporté un processus électoral et, par conséquent, nous devrons les inclure dans l'équation. Si ce sont les Nations Unies qui assument la direction, eh bien qu’il en soit ainsi, et j’espère que les Nations Unies orientent tous leurs efforts en ce sens ou que les USA avec le gouvernement d'Obama puissent assumer un rôle important. J'ai l'espoir et la perspective que le président Obama soit la voix des masses silencieuses et qu’il mette tout son poids, le poids de son gouvernement dans la quête d'une solution. Il doit le faire en dehors du cadre des accords passés par l’administration précédente précédent, y compris le dernier passé entre la Secrétaire de d'État d’alors Condoleezza Rice et Madame Livni. Nous devons ouvrir une nouvelle possibilité et prendre en considération le Hamas dans le processus. Si on demandait à la Turquie de participer de quelque manière, nous serions également disposés à le faire, mais nous devons être prudents et penser au processus comme un tout quand nous essayons de définir les parties impliquées et, nous devons parvenir définitivement à la paix au Proche-Orient comme un élément important et nécessaire pour la paix mondiale. Si le processus de paix au Proche Orient ne conduit pas à un résultat positif, il n'y aura pas de paix dans le monde. Je pense alors que ce Parti de la réforme et du changement doit être présent dans le gouvernement d'Unité Nationale qui devra être établi en Palestine, et c’est ainsi que le gouvernement d'Unité Nationale devra ensuite s’instaurer afin d’organiser des élections et, une fois que le nouveau gouvernement sera établi, indépendamment de la sympathie qu’il éveille en nous, nous devrons le reconnaître comme le gouvernement du peuple palestinien, car nous devons respecter la volonté du peuple palestinien.


Modérateur : Merci Monsieur le Premier Ministre Erdoğan pour votre réponse très complète et qui, je dois dire, apporte du nouveau. Je m'adresse maintenant à M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, pour lui poser la même question : comment pouvons-nous revenir à un processus de paix après Gaza ? Et peut-être pourriez-vous également parler des deux points soulevés par le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon.

Donc, d'abord, comment parvenir à une unité au sein des Palestiniens ? Et deuxièmement, que peut faire la nouvelle administration américaine, alors que l'émissaire de M. Barack Obama, au Proche Orient, M. George Mitchell, commence une tournée dans la région ?

Amr Moussa : Merci beaucoup. Je tiens tout d'abord à remercier le secrétaire général des Nations Unies pour la position ferme qu'il a prise et pour les actions qu'il exige afin de rétablir la situation à Gaza, pour sauver Gaza après le carnage qui a été commis contre sa population. Je veux également louer le rôle joué par la Turquie, un rôle très positif, courageux et clair. Je remercie la Turquie, un membre de la famille des nations du Moyen-Orient, du rôle qu'elle veut bien jouer pour rétablir la paix et aider à traiter des fautes majeures qui ont été commises contre les Palestiniens, et pour demander que soit instaurée une paix juste et équitable afin que la paix soit durable. Maintenant, David, vous me demandez de parler du futur et de la façon dont nous devons l'aborder. Les choses ne doivent pas être balayées sous le tapis, car ces choses appartiennent au futur proche et peut-être aussi à un avenir plus éloigné. La situation à Gaza ne s'est pas produite en réaction, l'agression contre les Gazaouis n'était pas juste une réaction aux roquettes lancées contre le sud d'Israël. Et là, j'ouvre une parenthèse pour dire que nous sommes contre tout ce qui affecterait enfants, femmes, civils qu'ils soient palestiniens ou israéliens. Je ferme la parenthèse. Cette situation à Gaza et en Palestine est une situation d'occupation militaire étrangère. Et les gens (...) et un siège, un blocus. Gaza vit une situation de blocus, un très grave blocus. La Cisjordanie est sous occupation militaire avec des barrières, des colonies, ce sont les territoires, ainsi les Palestiniens essayent de manifester leur besoin d'avoir un avenir. Vous ne pouvez pas demander aux gens à Gaza qui vivent avec la famine et la faim à cause du blocus, un blocus très sinistre, de rester calmes et leur demander : « pourquoi jetez-vous des pierres contre vos occupants ? ». C'est contre la nature humaine, vous les étranglez, vous les affamez puis vous leur demandez de rester tranquilles ? Et, comme il en a été discuté, la question de la contrebande : bien sûr, la contrebande est illégale, c'est un commerce illicite, un mouvement illicite des choses, des denrées et autres, peut-être du trafic d'armes. Vous les étranglez sans une seule issue d'opportunités et vous leur parlez de commerce illégal ? Si vous voulez empêcher cela, vous devez ouvrir les points de passage, vous devez leur donner de la nourriture, vous devez leur donner de l'eau, leur donner des médicaments. C'est une vie misérable que les Palestiniens ont vécu et qu'ils vivent aujourd'hui à Gaza à cause du blocus qu'Israël leur a imposé depuis maintenant 3 ans. Deuxièmement, un autre fait : les Palestiniens croient à la nécessité de la démocratie. Il y a eu des politiques, des politiques internationaux, à une certaine période, qui ont demandé au Moyen-Orient : « Appliquez la démocratie, la démocratie est la solution à tout ! », et il se trouve que je suis d'accord avec ça. Les Palestiniens ont cru ces conseils et ont organisé des élections que le Hamas a gagné et une demi-heure, 25 minutes après l'annonce des résultats de l'élection, le Hamas a reçu une notification comme quoi l'aide serait suspendue puis vint le blocus, un grave blocus, et c'est à partir de là que le Hamas s'est mis sur la défensive. Mais tout comme l'a dit le Premier Ministre, M. Erdoğan, le peuple de Gaza n'est pas que le Hamas, ce n'est qu'une organisation parmi d'autres organisations, mais les gens, 1,5 millions de gens, de femmes, d'enfants, toute une population de gens, furent attaqués et ils ont payé le prix de ce jeu qui se déroule entre Israël et le Hamas et le jeu a été causé, et est encore causé aujourd'hui par l'occupation militaire.

Pourquoi le Hamas a été écouté dans les territoires occupés, dans les rangs palestiniens, au Moyen-Orient, au sein du monde arabe ? Parce qu'il a une logique. Ils ont dit d'accord, Président Aobu Mazen, allez négocier et si quelque chose d'utile sort de vos négociations, nous vous soutiendrons assurément. Et en fait, ils ont dit nous sommes prêts à accepter l'État palestinien dans les frontières de 1967 mais nous n'allons pas rien signer avant de savoir quelle en sera la conséquence. Ainsi, le Président Abou Mazen n'a rien ramené. Il n'a rien ramené. D'une année entière de négociations avec le gouvernement israélien actuel. C'est ce qu'il a dit. Il a été enregistré lorsqu'il a dit cela et en fait, il l'a dit, ici même, l'année dernière. Je crois que c'était le Premier Ministre Salam Fayyad. Alors voilà la situation. La question n'est pas qu'Israël a réagi à des tirs de roquettes, c'est plus profond que cela, c'est une action d'occupation, une action de blocus, puis une réaction de résistance suivie d'une réaction de destruction menée par Israël. D'accord, c'est arrivé. Devons-nous en rester là et attendre la fin du monde ? Non. Peut-être sommes-nous tous maintenant sollicités pour sauver la situation. Comme le secrétaire général vient de le dire, il y a trois ou quatre choses qui doivent être faites : un cessez-le-feu, un cessez-le-feu solide, un cessez-le-feu durable, ouvrir les passages, arrêter le trafic illégal et une médiation entre les Palestiniens. Voilà ce que nous devons faire et je veux que vous sachiez que je ne nous absous pas, du côté arabe, des erreurs que nous avons commises mais aucune erreur, aucune erreur que nous ayons commise ne peut rivaliser avec la faute grave qui a été commise par Israël en détruisant Gaza et en tuant tous ces gens en seulement vingt jours. Nous avons essayé d'impliquer les Nations Unies plutôt que d'engager plus de meurtres et plus de carnages. Malheureusement, ces dernières années avant ce mois de janvier, et c'était avant le 28 janvier, la philosophie était « non », laissez le Conseil de Sécurité en dehors de ça, donnez une chance à Israël pour qu'il fasse ce qu'il s' était fixé». Nous en avons été témoins en 2006 au Liban, et nous en avons été témoins à nouveau en janvier à New York, mais c'est une longue histoire, je ne crois pas que nous aurons le temps de la raconter maintenant, de l'expliquer intégralement. Maintenant, que devrions-nous faire ? Nous avons une nouvelle administration aux USA. Ce qu'a déclaré le Président Obama est rassurant. Le changement. Il s'est adressé au monde arabe à travers une de nos plus importantes chaîne de télévision, Al Arabiya, depuis Dubai. Il s'est adressé à nous. Et nous l'avons écouté, nous avons entendu, nous avons compris. Il a envoyé son émissaire, le sénateur Mitchell, qui est un homme très raisonnable, nous avons parlé avec lui, il y aura de nouvelles discussions et je crois qu'il y a des perspectives pour que les USA reviennent à un rôle d'intermédiaire honnête, ce dont nous avons manqué ces dernières années. C'est un point essentiel pour l'avenir, que les USA reviennent au rôle d'intermédiaire honnête qui écoute les différents camps et disent : « Oui, vous avez raison pour cela mais vous avez tort sur ceci », et disent la même chose à l'autre camp. Nous n'avons pas vu ce discours ces dernières années. Oui, c'est le premier point positif, nous espérons avoir raison dans notre appréciation et dans nos espoirs. Le deuxième point positif est l'initiative arabe. Nous sommes prêts. Officiellement, au plus haut niveau, nous sommes tous engagés pour instaurer la paix avec Israël. Pour reconnaître Israël, pour normaliser la situation avec Israël, et pour poursuivre tous nos engagements en accord avec les résolutions du Conseil de Sécurité, avec les décisions de la Conférence de Madrid et avec tous les engagements que nous avons pris, qui ont été signés entre tout pays arabe et Israël. Nous sommes prêts à cela. Mais le fait est que nous n'avons reçu aucune réponse de la part d'Israël durant ces sept dernières années. Le Président Peres est un homme très éloquent, il déclare : « Nous acceptons », mais ce ne sont que des mots, aucune décision officielle n'a été prise par le gouvernement d'Israël en réponse au message officiel envoyé lors d'un sommet arabe qui s'est tenu en 2002. Alors que notre position est totalement officielle, nous n'avons eu aucune réponse, aucune réponse en tous cas à part des communications que nous avons lu dans des journaux ou dans des traductions. Donc nous demandons à Israël maintenant : quelle est votre position au sujet de cette initiative ? Une position officielle. Une position officielle et pas juste une déclaration. Une position officielle. De même notre position était officielle. S'il y a une adhésion de la part d'Israël, une adhésion officielle alors nous sommes sur la bonne voie. Ainsi le second point est pour nous de recevoir une réponse officielle sur l'adhésion à l'initiative arabe qui demande à nous, Arabes, de tourner la page, tourner la page du conflit, reconnaître Israël, normaliser la situation avec Israël et qu'Israël fasse partie de la famille des nations du Moyen-Orient dont elle ne fait pas partie à l'heure actuelle. Mais si Israël se retire, permet l'établissement de l'État palestinien, se retire des autres territoires, nous ne voyons pas d'obstacle pour que nous et les Israéliens vivions ensemble et agissions ensemble. Quand allons-nous recevoir ce message ? Point d'interrogation. Le troisième point...

Modérateur : Secrétaire général, nous avons l'occasion d'avoir une réponse de la part du Président d'Israël et c'est peut-être le bon moment de le faire car nous n'avons plus beaucoup de temps...

Amr Moussa : Je sais que le Président va prendre tout son temps. Alors donnez-moi encore deux minutes, s'il vous plaît.

Modérateur : je ne veux pas marchander (nous devons faire un cessez-le-feu). Nous serons tout oreilles pour écouter le Président Peres... Nous vous laissons conclure.

Amr Moussa : maintenant, en 2009. L'année 2008 a été pleine de promesses. Et elle s'est terminée dans un bain de sang. Pour nous, passer d'une administration à une autre, de l'année 2000 à l'année 2008, puis 2009, 2010 et 2011, c'est une manoeuvre que nous n'allons pas accepter. C'est pourquoi : aujourd'hui nous sommes en 2009, s'il existe une intention réelle, si un travail réel est fait par un médiateur honnête, si la volonté politique d'Israël s'exprime en faveur de la paix et du progrès, alors nous sommes sur la bonne voie. Si à la fin de cette année, nous arrivons au 31 décembre sans résultat, comme cela s'est passé en 2008, alors nous devrons reconsidérer notre proposition. Il y a beaucoup d'autres alternatives. Mais je crois en ce que dit la Turquie, en ce qu'a déclaré le Premier ministre, M. Erdoğan, nous ne pouvons pas et Israël ne peut pas non plus, atteindre nos objectifs par des moyens militaires. Nous avons besoin d'un accord politique mais d'un accord juste durant l'année 2009. Merci beaucoup.

Modérateur : Merci, M. le secrétaire général Moussa et maintenant le Président Peres d'Israël. Personne n'a travaillé aussi longuement et aussi durement que vous sur ce que nous appelons le processus de paix. Dites-nous comment vous pensez que nous puissions revenir à ce processus de paix ?


Shimon Peres : Bien, merci Monsieur le Président [Une femme arrange les cheveux de Peres. Rires. Ses cheveux tombent ?], j’ai écouté les distingués orateurs parler d’Israël et je n’ai pu reconnaître l’image du pays qu’ils présentent. Je veux commencer par le début. C’est très difficile pour un pays démocratique de faire face à un groupe terroriste illégal. Tout ce que nous faisons est photographié, quoi que nous fassions, mais personne ne voit ce qu’ils font. Par exemple, quand ils lancent un missile sur une ville en Israël, ce n’est pas photographié. Vous ne pouvez pas voir la mère qui tente de défendre son enfant la nuit entière, ni ses nuits d’insomnie. Avez-vous déjà vu à la télévision une nuit sans sommeil ?

Je vous dois le respect Monsieur le Premier ministre, mais je dois dire les choses comme elles sont réellement. Laissez-moi commencer par la démocratie. En premier lieu, qui les Palestiniens ont-ils élu, pas le Hamas mais Monsieur Abbas, celui qu’ils appellent Abou Mazen. Soixante-deux pour cent des Palestiniens votèrent pour lui pour être Président du peuple palestinien et nous négocions avec lui. Le Hamas a participé aux élections mais a une idée très spéciale de la démocratie. Ils pensent que la démocratie est l’histoire d’un jour tous les quatre ans, quand ils se présentent aux élections. Après les élections vous pouvez commencer à tirer, à tuer et à menacer. C’est fini. La démocratie n’est pas une question d’élections. C’est une civilisation et je veux entrer en conflit avec leurs mots en citant le Hamas ; je ne vais pas interrompre l’histoire mais le Hamas nous concerne ; le Hamas a publié des statuts ; laissez-moi lire 2 ou 3 lignes des statuts du Hamas : “Le jour du jugement final ne surviendra pas tant que les musulmans n’auront pas tué les juifs, quand les juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, il n’y a aucune solution pour une initiative de paix, des propositions, les conférences internationales sont une perte de temps”. Cela est le statut officiel. Je ne sais pas de quel Hamas vous parlez.

Maintenant sur les proportions. Au cours des huit dernières années, bien je veux dire, je déteste le dire, mais comme vous l’avez mentionné, laissez-moi donner l’autre partie de l’histoire, ainsi Israël a perdu cent, mille cent soixante-sept vies des mains des terroristes, huit mille cinq cents ont été blessés. Ce n'est pendant vingt jours que ça s'est passé, mais sur des années. Nous avons tout le temps fait preuve de retenue. Et ensuite, dans les quatre dernières années, quand le Hamas a eu le contrôle de Gaza, 5500 missiles et 4000 obus de mortiers ont été lancés sur la vie civile en Israël au hasard : il ne leur importait pas si c’était un jardin d’enfants, si c’est [inintelligible], nous n’avons pas répondu. Pour cette raison, l’idée du cessez-le-feu, Monsieur le Premier ministre, est très étrange à notre sens. Nous n’avons jamais commencé à tirer. Et nous l’avons dit et redit aux Palestiniens : “Ne tirez pas et nous ne tirerons pas ; nous ne le faisons pas, jamais nous ne sommes les premiers”. Et qui a rompu... et à propos, nous n’avions pas un accord formel sur le cessez-le-feu, ils l’ont annoncé et les Palestiniens ont dit : “C’est fini”. Ils l’ont rompu. Et quand le Premier ministre était chez vous quatre jours avant que les opérations ne commencent, le gouvernement d’Israël n’avait pas encore décidé d’agir contre eux.

Maintenant laissez-moi... Je veux que vous écoutiez, parce que vous voyez tout à votre télévision, je peux comprendre vos sentiments. Israël a abandonné complètement Gaza, aucune occupation. Nous avons retiré tous nos soldats de Gaza, tous nos civils. Les gens parlent de colonies, nous avons retiré de Gaza toutes les colonies et tous les colons, quinze mille. Personne ne nous a forcés, nous avons décidé de le faire. Nous avons dû mobiliser quarante-cinq mille policiers pour les rapatrier, pour un coût de 2.5 milliards de dollars.

Je veux comprendre pourquoi ils nous lancent des missiles. Pourquoi ? Il n’y avait aucun siège contre Gaza. Tous les passages étaient ouverts. Non seulement cela, mais nous avons participé à l’investissement d’argent à Gaza, pour développer une agriculture. Nous, le Centre Peres, nous avons investi vingt mille dollars, pardon vingt millions de dollars pour construire des serres, développer les fraises, l’exportation de fraises, des fraises excellentes, des fleurs.

Jimmy Wolfensohn, qui a été représentant du Quartet, a sorti de sa poche cinq millions de dollars pour participer à cela. Ils l’ont détruit. Pourquoi ? Ils ont bombardé tous les passages. Pourquoi ? Pourquoi ils nous ont tiré dessus, que voulaient-ils ? Nous n’occupions pas, il n’y a jamais eu un jour de famine à Gaza. A propos, c’est Israël qui fournit quotidiennement de l’eau à Gaza, c’est Israël qui fournit du combustible à Gaza, la seule chose que nous ne permettons pas d’entrer sont les missiles d’Iran. Et eux, ils construisent des tunnels pour cela. Et vous le savez, nous avons aussi des femmes et des enfants, et ils veulent dormir la nuit. Vous savez ce que cela signifie, chaque jour quasiment cent missiles qui tombent au hasard, un million de personnes qui doivent être dans des refuges. Ils sont allés au gouvernement et lui ont dit : “Que vous arrive t-il ? Nous voulons la sécurité, pourquoi permettez-vous cela ?”. Et je veux que quelqu’un me dise, clairement, quels furent les motifs de l’attaque ? Quels étaient les objectifs de l’attaque ? La paix ? Nous avons fait la paix avec l’Égypte, pas avec des armes, par des accords et des négociations, et nous avons réalisé toutes les conditions de l’Égypte. Nous avons de même fait la paix avec la Jordanie, nous leur avons rendu toute la terre et toute l’eau. Nous nous sommes ouverts aux Palestiniens et leur avons dit que nous appuyons un État palestinien, j’ai commencé à Oslo, contre la majorité peut-être de notre peuple qui n’était pas d’accord. Et tout le temps, vous le savez, Monsieur le Premier ministre, pendant que vous deviez attendre, beaucoup d’autobus venaient de Cisjordanie à Jérusalem pleins de dynamite. J’étais alors le Premier ministre, je l’ai vu de mes propres yeux, le sang et les corps. Vous le savez, je n’ai pas à regarder la télévision et quand j’étais là, il y avait des milliers de personnes qui me criaient : “Traître, assassin, regarde ce qu’ils nous ont fait!”. Vous devez, il y a beaucoup de détails que vous devez savoir, Israël a soixante ans, vous connaissez un autre pays qui en soixante ans a dû passer par sept guerres, deux intifadas, un boycott en cours ? Quoi, pourquoi ? Et malgré cela nous avons fait la paix avec l’Égypte. J’ai le plus grand respect pour le président Moubarak. A ce propos le président Moubarak a accusé le Hamas, pas nous. Et le président Moubarak connaît la situation tout comme vous, Monsieur le Premier ministre. Et le président Abbas connaît la situation tout comme vous, et il a accusé le Hamas, pas nous. Et ensuite les mères et les enfants sont venus et ont interrogé le gouvernement. Que va-t-il se passer ? Un million de personnes deviennent chaque nuit des réfugiés, des mères qui ne peuvent dormir, exactement que veut dire cela ? A ce sujet je n’ai jamais vu quelqu’un se manifester contre ces missiles. Cela était bien, personne ne dit un mot. Et nous ne répondions pas, chaque jour, chaque année, tout a une limite. Et à propos, j’ai beaucoup de respect pour le secrétaire général, il était un ami et j’espère qu’il l’est toujours, j’apprécie beaucoup l’initiative arabe, mais il y a un problème, je ne veux pas le cacher. Le problème n’est pas le monde arabe, le problème est l’ambition iranienne de gouverner le Proche-Orient. Ils fournissent les missiles au Hezbollah, ils fournissent les missiles au Hamas, ils sont opposés à la démarche arabe, et vous savez que nous n’avions pas d’autre option. Le leader du Hezbollah, Nasrallah, a dit : “Si nous avions su qu’Israël réagirait avec une telle force, nous n’aurions pas commencé”. Merci beaucoup. Et ensuite vint Mashaal, le leader du Hamas, qui a dit : “Israël a réagi trop fort”. Que croyaient-ils que nous ferions ? Je ne le comprends pas. Que ferait tout pays ? Que feriez-vous si cela se passait à Istanbul, chaque nuit dix missiles, cent missiles ? Et nous n’avons jamais infligé de représailles, toute ma vie, comme vous l’avez dit, monsieur le Président, je l’ai apprécié, j’ai lutté pour la paix, ce que nous avons fait n’est pas... ce que nous voulions faire... Cela n’est pas notre option, notre option est la paix. Ce que nous avons fait c’est parce qu’il nous manquait une option, ils nous ont menacés avec une option. Voteriez-vous en faveur d’un tel objectif, tuer les juifs ? Bon, cela sont des mots, mais tuer les juifs et envoyer des missiles pour les tuer. Que vouliez-vous que nous fassions ? Nous avons commencé à négocier avec Monsieur Arafat, avec beaucoup de respect, ce n’était pas simple. Au début, l’OLP était une organisation terroriste. Arafat consentit à arrêter la terreur et continua les négociations. À ce propos ce qui fut obtenu pacifiquement, positivement ne le fut pas avec des missiles ni par la force ni par la puissance, mais par les négociations. Cela demande du temps, cela demande du temps. C’est un pays très compliqué. C’est un petit pays avec trois religions, avec beaucoup d’histoire. Avec différents groupes ethniques, ce n’est pas simple. Nous avons fait la paix, une fois, deux fois, maintenant nous négocions avec les Palestiniens. Il y eut une crise entre les Palestiniens, nous n’avons pas l’intention d’être ceux qui décident si les Palestiniens doivent être unis ou non. Tant que le Hamas ne s’est pas rebellé pas contre le Fatah, ce n’était pas notre affaire, nous n’avons pas dit un mot. Vous savez ? Je suis en train de parler d’Israël, regardez ce que les gens, les Palestiniens, le secrétaire général du Fatah disent sur le Hamas, il y a trois jours. Son nom est Yasser Abed Rabbo, un Palestinien que je connais et respecte, un secrétaire général de l’OLP, du comité exécutif, et je le cite, je le cite il y a trois jours : “Le Hamas a transformé Gaza, les écoles de Gaza et les mosquées, toutes les universités en centres de détention, d’interrogatoire et de torture. Des dizaines ont reçu des tirs dans les jambes, ils les ont frappés sauvagement et leur ont brisé les os. Le Hamas a volé des camions qui apportent... et distribuent seulement à ... les aliments... seulement aux partisans de son mouvement”. Ils ne donnent pas d’aliments aux gens du Fatah. Ils ont tué une centaine de leaders du Fatah en plein jour. Ils les jettent depuis les terrasses. Que voulez-vous dire ? Est-ce une question de définitions ? Israël ne veut tirer sur personne, pour nous tous les enfants sont très importants comme vous pouvez le penser. J’ai fondé le Centre Peres, tout l’argent que nous avons récolté a été pour soigner des enfants. Des enfants palestiniens. Ils n’avaient pas d’assurance maladie, ils n’avaient pas d’hôpitaux, en cinq ans nous avons envoyé en Israël 5500 enfants palestiniens et leurs mères pour les soigner. À ce propos, il n’y a plus aucun hôpital en Israël qui n’ait des médecins arabes, ainsi les enfants peuvent communiquer avec les médecins dans les hôpitaux israéliens. C'est notre choix. Toucher un enfant ? Mais si vous mettez un enfant, si vous mettez des bombes dans le jardin d’enfants, et si vous vous cachez derrière des familles innocentes, et nous avant de bombarder, avant de tenter de bombarder quelqu’un, nous tentons d’appeler les gens par téléphone, nous leur disons : s’il vous plaît abandonnez ce lieu. Nous ne voulons pas vous faire de mal. Nous avons fait cela durant les vingt jours, 250.000 appels téléphoniques avant de tirer. Que pouvions-nous faire, quelle était notre alternative ? Et que pourrait faire tout gouvernement ? Je déplore beaucoup, Monsieur le secrétaire général, le bombardement de l’immeuble des Nations Unies, et selon nos informations, pas les vôtres, ils avaient commencé à tirer depuis ce bâtiment, et d’ailleurs vous l’Europe, vous avez bombardé le Kosovo et vous avez détruit l’ambassade chinoise, est-ce qu vous vouliez cela ? Et des centaines de civils ont été tués dans les bombardements. C’est bien. Je veux, s’il vous plaît, parler clairement,
Israël n’a pas besoin d’un cessez-le-feu, parce que nous n’avons jamais commencé à tirer et ne le ferons jamais.
Et nous ne le ferons jamais. Et une minute après qu’ils auront arrêté de tirer il y aura un cessez-le-feu. Il ne nous faut rien d’autre. À tout moment, chaque jour, on ne veut pas le feu ; on n’est pas intéressé par faire du mal ou par tuer personne. Maintenant sur le processus de paix. Tout d’abord, je veux dire que c’était un grand pas de la part du Secrétaire Général de la Ligue Arabe que de présenter l’Initiative Arabe. Je pense que c’était un pas très positif dans une histoire amère faite d’incompréhension et de confrontations. Les problèmes auxquels nous faisons bien face sont les suivants : a) nous avons commencé à négocier directement avec les Palestiniens. Le président Moubarak m’a dit : « Regardez, finissez vos négociations avec les Palestiniens, ce serait selon nous le premier pas vers une paix totale ». Nous sommes en train de négocier et je pense que nous avons avancé dans un problème extrêmement compliqué. Ils mettent en avant le problème de Jérusalem. Jérusalem n’est pas un morceau de terre. Jérusalem est du feu. Il s’y trouve trois religions différentes avec différents courants dans chacune d’elle, et les gens se battent pour la moindre fenêtre, la moindre porte. C’est facile de dire « trouvez un arrangement », on en cherche le moyen. Nous avons dit aux Palestiniens que nous sommes vraiment prêts à accepter [inintelligible], ce qui veut dire que nous sommes prêts à leur rendre la plupart, presque toute la terre de la Cisjordanie. Gaza, nous l’avons complètement quittée. Pourquoi se battre à ce propos ? Aussi le cessez-le-feu, pour autant qu’il en est question, n’est pas un problème pour nous. Nous n’avons jamais commencé, nous ne devrions jamais commencer à faire feu et quand ils ont fait feu sur nous, nous avons répondu, mais après de grande réticences et des milliers de gens furent tués aussi. Ils n’ont pas été tués de manière concentrée. Et alors ? Ce n’est pas important. Je pense que ce que nous avons à faire, et à ce propos je suis pour la restauration de Gaza, nous n’avons rien, il n’y a pas eu un jour où nous n’ayons approvisionné en eau et en carburant. Personnellement, j’ai lu chaque semaine un rapport sur la situation humanitaire à Gaza. Si quelque chose manque, le gouvernement et moi-même nous intervenons pour être sûrs qu’il y aura du carburant et de la nourriture. La tragédie de Gaza, ce n’est pas Israël, c’est le Hamas, qui a décrété une dictature, très moche, et ils créent le problème des passages, ce n’est pas parce qu’on veut contrôler l’approvisionnement en nourriture et en matériel médical ou de construction. Ils font des tunnels pour y importer des missiles et ils élaborent un système souterrain de tunnels, et à ce propos les chefs s’y cachent eux-mêmes et ils ont oublié le peuple. Je pense, oui, que nous aimerions bien voir Gaza devenir florissant, Gaza est un petit endroit avec des gens intelligents. Quand j’ai commencé à parler avec Arafat nous avons pris Singapour comme exemple. La Cisjordanie et Gaza réunies sont neuf fois plus grandes que Singapour et à Singapour il y a plus de gens qu’à Gaza et qu’en Cisjordanie. Le problème de nos jours, ce n’est pas la terre mais réellement l’éducation et Gaza n’est pas notre ennemie, et les gens à Gaza ne sont pas nos ennemis, et nous voulons vivre en paix avec eux. Nous n’avons pas de haine et nous n’avons pas de plans, ce pourquoi nous avons quitté Gaza et nous sommes pour restaurer la vie à Gaza mais sans dictateurs et sans tirs non seulement contre nous mais contre les gens du Fatah…
Modérateur: On pourrait en finir là… Plus qu’une minute.
Shimon Peres: Et nous voulons alors renouveler les négociations avec l’Autorité palestinienne autorisée. Nous avons fait du chemin. Nous voulons commencer sur le champ, nous voulons le faire avec le Quartet, nous voulons le faire tout de suite, nous ne voulons pas perdre de temps. Notre but est la paix, pas la guerre, et quand nous gagnons une guerre nous ne le considérons pas comme une victoire. Pour nous la victoire est la paix, pas la guerre. Nous avons la puissance, nous ne devrions jamais utiliser la puissance sauf s’il n’y a pas d’autre choix, et quand nous avons le choix nous voulons la paix et je pense que le Hezbollah a appris la leçon, ils ont arrêté de tirer, rien ne les empêche de tirer hormis notre réaction. J’espère que le Hamas aura aussi appris la leçon, qu’ils arrêteront de tirer et commenceront à discuter, c’est en parlant qu’on peut arriver à tout réaliser, pas en tirant et c’était, et c’est, et cela restera la position d’Israël.
Merci Monsieur.
Modérateur: Ce débat a été fort et passionné. C’est un débat qu’on pourrait poursuivre des heures ce soir mais nous avons déjà bien dépassé l’heure de fermeture. Je veux dire…
Recep Tayyip Erdoğan: Une minute.
Modérateur: Monsieur le Premier ministre… mes excuses à Mr. Le Premier ministre Erdoğan…
Recep Tayyip Erdoğan: Une minute, une minute, une minute…
Modérateur: Et bien, je…
Recep Tayyip Erdoğan: Une minute ! Ce n’est pas possible ! Une minute ! Une minute !
Modérateur: D’accord, mais je vais devoir vous demander de vous en tenir à cette minute, s’il vous plaît.
Recep Tayyip Erdoğan: Cher Mr. Peres, vous êtes plus vieux que je ne le suis. Et vous avez une voix qui porte beaucoup. J’ai le sentiment que vous vous sentez coupable et que c’est pour cela que votre voix était si forte. Ma voix ne sera pas aussi forte parce que vous savez ce que je vais vous dire. Quand il est question de tuer, vous savez très bien comment tuer. Je sais très bien comment vous avez tué, comment vous avez atteint des enfants sur les plages. Dans votre pays, deux personnes, deux Premiers ministres ont dit quelque chose de très important pour moi. L’un d’eux a dit : « Quand je suis rentré en Palestine avec un tank j’ai été heureux ». Quand les tanks sont entrés en Palestine ils ont été heureux. C’était ce qu’avaient ressenti certains de vos Premiers ministres. Là vous nous parlez de chiffres. Je peux vous donner des noms. Peut-être que certains d’entre vous êtes curieux. Je condamne ceux qui applaudissent à la cruauté. Parce qu’applaudir ces gens qui ont assassiné des enfants est un crime contre l’humanité. On ne peut fermer les yeux sur cette réalité. Regardez, j’ai pris plein de notes [à propos de l’intervention de Peres] mais maintenant je n’ai pas la possibilité de répondre à tous ces points. Je ne vous parlerai que de deux choses sur ce problème. La première…
Modérateur: Premier ministre, on ne peut pas recommencer le débat.
Recep Tayyip Erdoğan: Je m’excuse. La première chose, la première chose…
Modérateur: Je suis désolé.
Recep Tayyip Erdoğan: Ne m’interrompez pas.
Modérateur: On doit vraiment laisser les gens aller dîner.
Recep Tayyip Erdoğan: Le 6e commandement de la Torah dit : Tu ne tueras point. Mais ils ont tué les Palestiniens. La deuxième chose, attendez, est très intéressante. Gilad Atzmon : « La barbarie d’Israël est au-delà de la cruauté ». Il est juif. Et puis il y a le professeur de relations internationales de l’Université d’Oxford Avi Shlaim, qui a servi dans l’armée israélienne. Il a dit la chose suivante dans un journal anglais, le Guardian : « Israël est un État voyou ».
Modérateur: Premier ministre, Premier ministre. Je veux demander à notre animateur. Merci.
Recep Tayyip Erdoğan: Je veux aussi le remercier car pour moi c’est terminé. Pour moi, pour moi, Davos c’est fini. Je ne retournerai pas à Davos, que vous le sachiez, c’en est fini. Vous ne me laissez pas parler. Il a parlé 25 minutes, et je n’ai pu parler que 12 minutes. Ça ne peut pas se passer comme ça. [Il se lève et s’en va, le Secrétaire de la Ligue Arabe lui sert la main]
Modérateur: Permettez que je laisse notre animateur s’occuper de cela. Premier ministre, faites ce que…
Prof. Schwab : Mesdames et Messieurs, merci, merci beaucoup, si vous, si vous voulez bien rester un moment, une minute, s’il vous plaît. Je pense qu’en dépit de toutes ces émotions et bien sûr quand il est question de la vie d’enfants etc., nous devons tous être sous le coup de l’émotion. Mais malgré tout je pense que nous avons aussi entendu quelques raisons et quelques arguments qui nous encouragent à croire qu’il y a un terrain d’entente. Et je pense que le rôle des USA comme médiateur honnête – ce qui a été souligné – en est une qui est très importante et je suis heureux que madame Charrette était là et va certainement transmettre à son retour ce message au président Obama. Permettez-moi maintenant de conclure cette session sur une note dans un esprit de conciliation. Le Forum Économique Mondial a parmi ses communautés des leaders religieux et nous avons parmi nous ici vingt leaders religieux de haut niveau qui représentent l’ensemble des croyances et des religions abrahamiques. Permettez-moi simplement de lire ce qu’ils ont rédigé comme message à votre attention et à celle de ceux qui négocient. Je lis : « La communauté des leaders religieux associés au Forum Économique Mondial, engagés pour la justice, la dignité et le respect mutuel pour tous, exprime sa profonde détresse à l’égard de la peine éprouvée par des innocents qui souffrent, où qu’ils soient, et en particulier dans la terre qui est sainte pour les religions abrahamiques, pour nous, et qui a récemment été le lieu d’importantes pertes humaines et de destructions. Alors que ce conflit est un conflit territorial, trop souvent, la religion a été exploitée et a été considérée comme faisant partie du problème. Par conséquent, la communauté des leaders religieux croit passionnément que les cultes religieux doivent faire partie de la solution. En fait, aucune solution ne sera possible sans un engagement de ceux-ci. Par conséquent, la communauté des leaders religieux lance un appel aux dirigeants politiques pour qu’ils engagent comme partenaires, comme vrais partenaires, les représentants religieux des trois fois abrahamiques, et notamment le Conseil des leaders religieux de la Terre Sainte, pour chercher un règlement qui aboutira à deux États indépendants vivant en paix, libérés de la violence, de l’incitation à la haine, et de la terreur. La Communauté donne son soutien à toutes les initiatives pour apporter la paix au Moyen-Orient, la plus récente étant la nomination par le président Obama du sénateur George Mitchell comme envoyé spécial, et pour le succès de laquelle nous prions ». Prions tous pour le succès parce que notre destin et celui de nos enfants dépendra de la bonne volonté de ces politiciens à travailler ensemble. Veuillez aussi vous joindre à moi en exprimant vos encouragements à toutes les personnes de bonne foi qui veulent négocier, pour nous assurer que bientôt un rêve pourra être réalisé, un rêve pour une paix durable pour longtemps.
Merci
Transcription de l’original et traduction par les membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
Source :
http://tlaxcala.es/gestion/modif_texte_artiste.asp?reference=275

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !