lundi 24 septembre 2007

N°47 - Des bonzes, du gaz, BK et beaucoup d’hypocrisie : il pleut sur Rangoon

Le monde entier parle de la Birmanie, où les manifestations d’opposition ont repris depuis la mi-août et ont culminé avec la marche de plus de 100 000 personnes , dont plusieurs milliers de bonzes et de bonzesses, le lundi 24 septembre à Rangoon. Le mouvement démocratique birman a la chance d’être composé de bouddhistes. On ose à peine imaginer comment il serait traité par l’Occident très-chrétien s’il était composé de musulmans (il y a quand même quelques millions de Birmans sur les 53 millions de Birmans). Il bénéficie donc d’une sympathie générale qui va de Bush à Sarkozy en passant par le Dalai Lama et l’ONU. Ainsi, depuis le 19 août 2007 –quand les manifs ont repris en Birmanie, initiées par les bonzes -, la communauté internationale jure ses grands dieux que c’est sûr, elle va faire quelque chose pour ramener la junte militaire birmane à la raison. Alors, on se dit : bravo et on se demande : vont-ils donc décréter un embargo général sur le pétrole birman, sur le bois birman, sur les diamants birmans, sur le tourisme en Birmanie ? Vont-ils envoyer des Casques bleus pour dégager les pinochets birmans ? Détrompez-vous, le seul produit birman boycotté par la communauté internationale est…l’ananas, ce qui ne mange pas de pain (ou plutôt de riz) puisque la junte militaire elle-même en a interdit l’exportation. Et, nous dit-on, la communauté internationale est paralysée par les vetos de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité. Ce qu’on ne nous dit pas, c’est que la junte birmane entretient d’excellentes relations d’affaires avec tous les pays du monde. Tout comme avec certaines entreprises multinationales. Un exemple : TotalFinaElf. Cette entreprise pétrolière française a construit le gazoduc Yadana en Birmanie dans les années 1990. Accusée il y a quelques années d’avoir recouru à des travailleurs forcés fournis par l’armée birmane, Total s’est défendue comme un beau diable et a fait appel à…BK Conseil. C’est-à-dire le bon Docteur Kouchner, lequel, ça tombait bien, n’avait justement rien à faire (on était en 2002 et s’il rêvait alors d’être candidat à la présidentielle de 2007, il ne savait pas encore qu’il serait appelé à devenir proconsul de l’ONU/OTAN au Kosovo puis ministre des Affaires étrangères français, malgré son anglais exécrable et grandguignolesque : voir par exemple son interview désopilante in English à Newsweek television). Et pour la modique somme de 25 000 € (plus les frais, bien sûr), notre bon French Doctor a torché vite fait-bien fait un rapport exonérant totalement Total de tout crime de lèse-droits de l’homme. Pour ce rapport, BK a passé une journée à Genève, une journée à New York et trois petites journées en Birmanie. Et Total a pu publier sur son site web le rapport la blanchissant. Détail hilarant : dans ses recommandations, le bon Docteur faisait l’astucieuse suggestion que l’Institut Pasteur ouvre une filiale à Rangoon, pour lutter contre la malaria et le SIDA, qui galopent en Birmanie, filiale qui pourrait être sponsorisée par Total. Il va sans dire que BK s’imaginait à la tête de cet Institut. Il n’avait pas de boulot à l’époque et il faut dire que les Birmanes sont très jolies… Et notre French Doctor est un coureur mondial et invétéré de jupons en tous genres. L’affaire Total s’est ensuite réglée : les plaignants en Belgique se sont vus opposer qu’ils n’étaient pas belges – forcément, ils étaient birmans – et que donc la fameuse « compétence universelle » belge ne les concernait pas ; quant aux plaignants en France – auprès du tribunal de Nanterre -, leur avocat, Me William Bourdon, qui dirige l’association Sherpa, a négocié avec Total un dédommagement financier en échange du retrait de la plainte : ils ont touché 7 fois 10 000 Euro. Bref, l’opération blanchiment n’a coûté à Total que 100 000 petits €, ce qui est une goutte d’eau dans une mer de gaz.
Vous ne me croyez pas ? Eh bien lisez donc
Birmanie : Kouchner n’a pas vu d’esclaves mais Total les indemnise, par Maxime Vivas, 1er décembre 2005
Relation d’un voyage et la découverte d’une industrie muette, par Bernard Kouchner, 29 septembre 2003

Aujourd’hui, BK est ministre. Après ses deux gaffes sur l’Irak (en août, il a demandé à Condi Rice de dégager le Premier ministre fantoche Al Maliki, auprès duquel il s’est ensuite excusé, prétendant qu’il avait voulu citer des Irakiens qui demandaient sa démission) et sur l’Iran (en septembre, il a proféré une petite phrase sur la guerre imminente contre l’Iran, qui a de nouveau été « mal interprétée » : BK est un GI – Grand Incompris), que va-t-il faire ou plutôt dire – car il ne fait rien, il se contente de parler – sur la Birmanie ? Je crains moi aussi le pire.

En tout cas son boss va recevoir à l’Élysée le mercredi 26 septembre à 17 h 30 le Dr Sein Win, Premier Ministre du gouvernement de coalition nationale de l’Union birmane (gouvernement démocratique en exil, formé après l’annulation des résultats des élections de 1990 par la junte militaire) et cousin d’Aung San Suu Kyi. Il sera accompagné de l’actrice Jane Birkin ainsi que de Frédéric Debomy, coordinateur d’Info Birmanie, une association qui œuvre en soutien aux démocrates birmans depuis 1996.



Que va dire Sarko ? Que va-t-il faire ? Envoyer les paras à Rangoon ? Sauter en parachute sur Mandalay ? Trouvera-t-il un créneau dans son agenda, entre un raid sur la forêt gabonaise et une visite à la guérilla colombienne, en compagnie d’Hugo Chávez, pour ramener à la civilisation la malheureuse Ingrid Betancourt, qui se morfond dans la jungle ? C’est du moins ce qu’on dit. En tout cas, la directrice de campagne d’Ingrid, Clara Rojas –elle aussi prisonnière des FARC -, elle, ne semble pas trop s’ennuyer, dans cette fameuse jungle colombienne, puisqu’elle y a donné naissance à un beau bébé, Emmanuel, aujourd’hui âgé de trois ans, fruit de ses amours avec un guérillero.


Il pleut sur Rangoon : plus de 30 cm en quatre jours. Les valeureux bonzes et bonzesses continuent leur combat. En 1988, le mouvement pour la liberté avait eu 3 à 4 000 morts. Une nouvelle génération continue le combat contre une junte militaire au pouvoir depuis 45 ans, dirigée par un général malade de 74 ans, Than Shwe, qui nage dans le luxe.

En juillet 2006, lorsqu’il a marié sa fille Thandar, les Birmans ont été choqués par l’étalage de luxe, révélé par une vidéo qui a beaucoup circulé. Et on pouvait voir au cou de l’héritière une rivière de diamants et sur sa chevelure en pièce montée une flopée de perles, le tout d’une valeur de quelques petits millions de dollars.
Les Birmans n’ont pas peur de mourir sous les balles, puisque c'est bon pour le karma. Ils ont la constance de l’éléphant et la bravoure du tigre. Et ils n’attendent rien des French Doctors.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

Post-scriptum du 26 septembre : je fais une exception à ma règle de ne jamais retoucher mes chroniques une fois celles-ci publiées. J'ai pu voir la performance catastrophique de l'inénarrable Jane Birkin au journal de 20 heures de France2 mardi soir (dans mon marigot, on le capte par beau temps sur TV5). Eh bien, avec de tels avocats, le mouvement de résistance birman est vraiment mal barré. La pauvre Jane, comme toujours submergée par ses émotions, a bafouillé répétitivement des approximations, incapable de donner une seule information précise, se contentant de pleurer sur le sort de Aung San Suu Kyi, réduite au rang d'une vulgaire Ingrid Betancourt. Or, Daw Aung San mérite mieux que ça. Et ce crétin de Pujadas, en annonçant qu'une "délégation" allait rencontrer Sarkozy ce mercredi 26 n'a même pas dit qu'il s'agissait du Premier ministre du gouvernement birman en exil. Misère de la société spectacle face au spectace de la société misère...

lundi 17 septembre 2007

N°46 - Faut plus s’gêner !!! Le test Mariani ou la muraille génétique



Lisez bien ce texte :
"AMENDEMENT N° 36 présenté par M. Mariani, rapporteur au nom de la commission des lois
ARTICLE ADDITIONNEL
APRÈS L'ARTICLE 5, insérer l'article suivant :

I. – L’article L. 111-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est complété par deux alinéas ainsi rédigés :
« Toutefois, par dérogation aux dispositions de l’article 16-11 du code civil, les agents diplomatiques ou consulaires peuvent, en cas de doute sérieux sur l’authenticité ou d’inexistence de l’acte d’état civil, proposer au demandeur d’un visa pour un séjour d’une durée supérieure à trois mois d’exercer, à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques aux fins de vérification d’une filiation biologique déclarée avec au moins l’un des deux parents.
« Les conditions de mise en œuvre de l’alinéa précédent, notamment les conditions dans lesquelles sont habilitées les personnes autorisées à procéder à des identifications par empreintes génétiques, sont définies par décret en Conseil d’État. »
II. – Dans le premier alinéa de l’article 226-28 du code pénal, après les mots : « procédure judiciaire » sont insérés les mots : « ou de vérification d’un acte d’état civil entreprise par les autorités diplomatiques ou consulaires dans le cadre des dispositions de l’article L. 111-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ».

EXPOSÉ SOMMAIRE
Comme le rappelait un récent rapport du sénateur Adrien Gouteyron, la fraude documentaire est devenue un phénomène endémique dans certaines régions du monde, pouvant atteindre entre 30 à 80 % des documents d’acte civil présentés dans certains pays d’Afrique. Dans ces conditions, les autorités diplomatiques et consulaires ont le plus grand mal à s’assurer de l’existence d’une filiation légalement établie, ce qui encourage la fraude dans le cadre du regroupement familial ou du rapprochement familial (réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire).Afin que le doute portant sur ces actes d’état civil n’entraîne pas une rejet systématique des demandes, il est proposé de permettre au demandeur d’un visa la faculté de solliciter la comparaison, à ses frais, de ses empreintes génétiques ou de celles de son conjoint avec celles des enfants mineurs visés par la demande de regroupement familial.
Cette procédure, qui ne pourrait être mise en œuvre qu’à l’initiative d’un demandeur désireux de prouver sa bonne foi le plus rapidement possible, est utilisée par onze de nos partenaires européens. "

Cet amendement au projet de loi Hortefeux sur l'immigration – examiné par les députés français à partir du mardi 18 septembre - a été adopté par la commission des Lois de l'Assemblée nationale française le mercredi 12 septembre 2007. L’auteur de cet amendement s’appelle Thierry Mariani, un sarkozyste pur et dur. Voici la biographie officielle de ce représentant du peuple :



Un enfant de la Vème république
Député de Vaucluse
Conseiller régional PACA

Petits-fils de viticulteur de Cairanne, fils d’artisans du bâtiment à Valréas, Thierry Mariani est né à Orange, tout comme sa mère, qui après avoir travaillé dans une usine de cartonnage de l’Enclave des Papes, s’est occupée longtemps de personnes âgées à la Maison de retraite de Piolenc.
Après des études au Petit Séminaire d’Avignon, il rejoint l’École Militaire d’Aix en Provence, puis achèvera son parcours universitaire à Paris par un diplôme de droit international.
Né en 1958, Thierry MARIANI est un enfant de la Vème République, profondément attaché aux valeurs républicaines.
Engagé dans la vie politique dès 1976 au sein du mouvement gaulliste, il n’a cessé de défendre, depuis lors, le Haut Vaucluse et la France à travers ses différents mandats électifs.


À quoi carburent-ils ?
Que la Commission des Lois du Parlement français ait pu adopter un tel texte législatif est en soi un scandale – à propos de ce scandale, le président Sarkozy a eu ce commentaire : « Où est le problème ? »
Les nouveaux maîtres de la France semblent pris de folie furieuse. Mais qu’est-ce qu’ils prennent donc ? Des amphétamines ? De la cocaïne ?
J’ai une hypothèse : l’UMP a mis la main sur un stock secret et bien conservé de Vin Mariani, ce merveilleux élixir inventé en 1863 par Angelo Mariani et qui était concocté à partir de vin de Bordeaux et de feuilles de coca. Chaque verre de ce breuvage – détrôné à la fin du XIXème siècle par le Coca Cola – contenait l’équivalent d’une ligne de cocaïne pure.
Si le Conseil constitutionnel accepte cet amendement, les consulats français de Dakar, Bamako, Rabat, Tunis et ailleurs exigeront donc des tests génétiques pour les enfants mineurs souhaitant rejoindre leur père émigré en France. « Où est le problème ? » Eh bien, il réside dans le fait très simple que la notion de paternité n’est pas biologique mais sociale.
Prochaine étape ? Un test génétique pour prouver les liens biologiques entre parents et enfants en vue de l’attribution d’allocations familiales.
D’autres propositions pour étendre le champ d’application de ce nouveau droit du gêne, qui vient se substituer au droit du sol et au droit du sang ?
Je propose d’exiger de tous les élus UMP un test génétique pour établir si leurs enfants sont bien issus de leurs spermatozoïdes et, à tout seigneur tout honneur, de commencer par le locataire de l’Élysée. Faute de quoi, ils seront privés d’apéritif Mariani et devront se contenter de pastis.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 10 septembre 2007

N°45 - 11/9 : Questions sans réponses

Six ans jour pour jour après le fameux mardi 11 septembre 2001, des centaines de questions restent sans réponses. En voici quelques-unes :
1° - Où est passé l’avion censé s’être crashé sur le Pentagone ? Comment a-t-il pu se volatiliser purement et simplement ?
2° - Comment se fait-il que les restes du quatrième avion, le vol United 93, qui s’est crashé en Pennsylvanie, aient été retrouvés à plusieurs kilomètres à la ronde, alors qu’il était censé s’être écrasé d’un seul coup sur un champ ?
3° - Comment et pourquoi la troisième tour – le World Trade Centre Building 7 (aussi nommé le Salmon Brothers Building) s’est-elle écroulée en 6,6 secondes, le 11 septembre à 17 h 20 ? Elle n’a été frappée par aucun avion.
4° - Comment les infrastructures d’acier des deux tours ont-elles pu fondre alors que l’acier atteint son point de fusion à 1480° mais que le kérosène n’atteint, en brûlant, que la température de 820° ?
Tant qu’une réponse satisfaisante ne sera pas apportée à ces questions – et à beaucoup d’autres -, la version officielle du 11 septembre restera du domaine des contes et légendes du XXIème siècle.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 3 septembre 2007

N°44 - Le roi de Kiribati


À peine revenu de vacances empaparazzées à Wolfeboro, dans une maison de rêve dont le modeste loyer – 44 000 Euro , soit l’équivalent de 10 ans de RMI ou de 3 ans de SMIC, pour 14 nuitées – fut réglé par son ami Don Agostinelli, banquier italien de son état, notre Prince-Président, Monseigneur Sarkome du Zizi, selon Vanity Fair l’un des 10 hommes les plus élégants du monde depuis que, comme le diable, il s’habille chez Prada, s’est précipité à Brest, pour assister aux obsèques de Bernard Jobard, le patron-pêcheur breton mort lors de l’éperonnage de son chalutier, le Sokalique, par l’Ocean Jasper, un cargo vraquier battant pavillon de complaisance des îles Kiribati. Il a promis de tout faire pour que le commandant azerbaïdjanais du cargo puisse être jugé en France, mais a reconnu que ce serait difficile, sinon impossible. Et c’est justement pour cela que les pavillons de complaisance existent, pour échapper à la législation nationale des pays abordés par les navires. Et vous avez beau être le frénétique président d’une puissance nucléaire siégeant au Conseil de sécurité, vous ne pouvez rien contre la législation internationale. Et même si le Prince-Président décidait demain d’occuper militairement les îles Kiribati et d’y faire flotter le drapeau français, cela ne changerait rien au fait que l’Ocean Jasper, enregistré à Singapour, échappe à la législation française. Dommage, car le titre de roi de Kiribati lui aurait été comme un gant.

« L’éternel recommencement du temps »
Quelques jours avant de partir en vacances aux USA, Sarkome du Zizi s’était fendu d’un discours « historique » à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal. Un discours vraiment hénaurme (lire l’intégralité du discours), dont les phrases les plus choquantes furent celles-ci :
« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons (…) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais il reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout est écrit d’avance. Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique est là».
Rien que ça. Voici, choisi parmi les nombreuses réponses que ce discours suscitées, celle de l’écrivain malgache
Raharimanana :
Antananarivo, le 3 août 2007
Monsieur le Président,Vous étiez venu dites-vous à Dakar nous parler — nous les Africains —, avec franchise et sincérité, vous étiez donc venu avec tout le fond de votre pensée, car c’est ainsi je crois qu’on qualifie la franchise et la sincérité, un échange sans fard et sans arrière-pensée. Nous prenons donc acte de la conception que vous avez de ce continent et de ses habitants. Vous étiez venu dites-vous pour nous assurer que la France s’associera à nous si nous voulons la liberté, la justice et le droit, mais permettez-moi d’être franc et sincère également.Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? Je n’ose même pas vous poser la question concernant votre sourire à cet autre grand dictateur africain : Muammar al-Kadhafi ! Que dire du don nucléaire que vous lui promettiez ? Il serait maintenant fréquentable ? Sincèrement ? Mais soit… Nous les Africains manquons un peu de raison et ne comprenons pas ces subtilités qui nous éloignent de la nature et de l’ordre immuable des saisons.
Vous étiez donc venu — vidi vici complétera l’autre, regarder en face notre histoire commune. Fort bien ! Votre posture tombe à propos pour une génération d’Africains et de Français avides de comprendre enfin ces drames continuels frappant l’Afrique. Il nous reste simplement à tomber d’accord pour définir le sens de ce mot histoire. Car quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’Europe s’est partagé notre continent. Nous étions au cœur de l’histoire quand la colonisation a dessiné la configuration actuelle du monde. Le monde moderne doit tout au sort de l’Afrique, et quand je dis monde moderne, je n’en exclus pas l’homme africain que vous semblez reléguer dans les traditions et je ne sais quel autre mythe et contemplation béate de la nature. Qu’entendez-vous par histoire ? N’y comptent que ceux qui y sont entrés comme vainqueurs ? Laissez-nous vous raconter un peu cette histoire que vous semblez fort mal connaître. Nos pères, par leurs luttes sont entrés dans l’histoire en résistant à l’esclavage, nos pères par leurs révoltes, ont contraint les pays esclavagistes à ratifier l’abolition de l’esclavage, nos pères par leurs insurrections — connaissez-vous Sétif 1945, connaissez-vous Madagascar 1947 ? ont poussé les pays colonialistes à abandonner la colonisation. Et nous qui luttions depuis les indépendances contre ces dictateurs soutenus entre autres par la France et ses grandes entreprises — le groupe de votre ami si généreux au large de Malte par exemple, ou la compagnie Elf.
Savez-vous au moins combien de jeunes Africains sont tombés dans les manifestations, les grèves et les soulèvements depuis cette quarantaine d’années de dictature et d’atteinte aux droits de l’homme ?Fait-on partie de l’histoire quand on tombe dans un coin de rue d’Andavamamba, les bottes des militaires foulant votre corps et vous livrant aux chiens ? Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. Mais tout comme vous sûrement, nous reconnaissons qu’il y a eu des «justes». Or vous savez fort bien que les justes n’excusent pas le totalitarisme. Vous avez tort de penser que les dictateurs sont de nos faits. Foccart vous dit peut-être quelque chose ? Et les jeux des grandes puissances — dont la France évidemment, qui font et défont les régimes ? Paranoïa de notre part ? Oui, nous devons résister, et nous résistons déjà, mais la France est-elle franchement de notre côté ? Qui a oublié le Rwanda ? Vous appelez à une «renaissance africaine», venez d’abord parler à vos véritables interlocuteurs, de ceux qui veulent sincèrement et franchement cette renaissance, nous la jeunesse africaine, savons qu’ils ne se nomment pas Omar Bongo, Muammar al-Kadhafi, Denis Sassou Nguesso, Ravalomanana ou bien d’autres chefs d’Etat autoproclamés démocrates.Nous vous invitons au débat, nous vous invitons à l’échange. Par cette lettre ouverte, nous vous prenons au mot, cessez donc de côtoyer les fossoyeurs de nos espérances et venez parler avec nous. Quant à l’Eurafrique, en avez-vous parlé à Angela ?
Sincèrement et franchement à vous.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 9 juillet 2007

Droit à la paresse

La convention qui nous lie, chers lecteurs, est tacite : vous vous battez pour le droit au repos, à la paresse aux vacances bien méritées dans une époque sombre où vous êtes appelés à "travailler plus pour gagner plus". Moi qui n'ai pas de patron, je vous demande donc de faire preuve de compréhension et de m'accorder un temps de repos pour recharger mes accus. Je vous retrouverai, plein d'énergie et d'ardeur, le lundi 3 septembre !
Bon été quand même !
Que la Force de l'esprit reste avec vous !

lundi 2 juillet 2007

N°43 – Les paras du cœur

Le mercredi 26 juin, j’ai reçu ce message
je suis décu car le net est prévu à l'origine comme une vaste toile d'information et ce que je lit sur les évènements de Birao serait plutôt de la désinformation. Comment puis je l'affirmer? Tout simplement car j'y étais et je n'ai pas à me cacher de ce qui c'est passer.Vous voulez en parler? Voici mon adresse dij83@hotmail.fr.Mr El Kayman arrêtez d'écrire des inepties pour essayer de retourner l'opinion publique...faites pour une fois un acte loyal et démocratique.
Ce lecteur faisait allusion à ma chronique du 26 mars intitulée
Birao, ville fantôme : un crime de guerre français en pleine campagne électorale. Je lui ai ausstôt répondu
Bien, puisque vous étiez à Birao, j'attends votre version des événements de décembre dernier et surtout des journées autour du 4 mars. Je me ferai un plaisir de la publier.Et voici la réponse de celui qui signe…jean darme ( !)Bonsoir,
Tout d'abord je me permet à rêver que mes dires ne seront pas déformés...Je vais donc vous donner ma version des faits et je ne vous parlerez pas des évènements de décembre car je n'y étais pas.Avant les attaques des 3 et 4 mars le dispositif français sur Birao se composait de 18 personnels. Notre mission consistait à apporter une assistance opérationnelle aux FACA ce qui implique que nous ne prennons pas part aux éventuels combats qui pourraient les opposer aux rebelles et que nous agissons qu'en légitime défense. C'est exactement ce qui c'est passé les 3 et 4 mars.
Le 3 à 5h50,les rebelles ont attaqués les FACA et le dispositif français qui était clairement signalé par notre drapeau national et délimité par du barbelé.
Les rebelles ont d'ailleurs tenté de franchir ce barbelé. Nous avons été également la cible de plusieurs tir de lance roquette du type RPG7. Les avions de chasse sont arrivés sur zone mais ne sont pas intervenus le 3 car nous avons pu contenir les rebelles.
Le 4, nous avons fait l'objet d'une attaque beaucoup plus "appuyée" de la part des rebelles qui,menaçant l'intégrité de notre dispositif, nous a amener à utiliser la chasse. Les mirage ont fait une passe en tirant une vingtaine d'obus et les rebelles ont arrêté aussitôt leur attaque.Voilà si vous avez d'autres questions je suis à votre entière disposition.
Cordialement

Le jeudi 28 juin, j’ai répondu à mon tour à « jean darme »Oui, bien sûr, vous pensez que j'ai des questions :
1 - En quoi consistait votre "assistance opérationnelle" ? J'ai cru comprendre qu'elle consistait à reprendre l'aéroport aux mains des rebelles, ce qui a donc impliqué des combats avec eux et peut difficilement être appelé "légitime défense" puisqu'il s'agit là d'une action offensive ? Est-ce exact ? Sinon, où étiez-vous positionnés ?
2 - Outre les 18 éléments dont vous parlez, il y a eu 150 hommes déployés par le COS sur Birao après la prise de l'aéroport. En quoi a consisté leur mission ? Combien de temps sont-ils restés à Birao ?
3 - Quelles pertes les 20 obus ont-ils occasionnées chez les rebelles ?
4 - Qu'avez-vous vu de la destruction par le feu de la quasi-totalité des 600 maisons de Birao ? Qui était responsable selon vous de ces destructions ?
5 - Combien de soldats français y a-t-il aujourd'hui en RCA ? Comment justifiez-vous leur présence ? Niez-vous que le général Bozizé, l'actuel président de la République, est arrivé au pouvoir le 15 mars 2003 par un coup d'État appuyé par l'armée française ("assistance opérationnelle" ?) ? Tout comme tous ses prédécesseurs depuis 1960 (Dacko, Bokassa, re-Dacko, Kolingba, Patassé, Bozizé) ?
6 - Le peuple centrafricain a-t-il jamais été consulté sur la présence et l'intervention de l'armée française en RCA ?
Merci de me répondre
Ayman El Kayman
Et voici la réponse de notre vaillant combattant :Bonjour,
je me fais un plaisir de répondre aux questions auxquelles je le peux.
1.L'assistance opérationnelle de l'armée française aux FACA se matérialise par une aide logistique et de formation. J'affirme donc que nous avons pas pris part aux soit disant combat pour reprendre l'aéroport...je dis soit disant car il n'y a pas eut de combat pour le reprendre étant donné qu'il a été abandonné par les rebelles suite à de trop lourdes pertes contre les FACA. Donc le 3 après midi les FACA ont repris qu'une partie de la ville de Birao et ne se sont pas occupés de l'aéroport.
j'insiste que les FACA ont repris la ville sans notre aide car nous étions toujours posté dans notre dispositif avec ordre de ne pas en sortir. Les 18 militaires français étaient donc en poste à l'ONF
2. Pour la soit disante intervention du COS je ne peux vous répondre car je n'en ai pas les éléments.
3.Il est très difficile d'estimer les pertes rebelles suite au tir des mirages F1 car ils n'abandonnent ni leur morts ni leur blessés. Je pense tout de même que leur perte a été minime étant donné que les avions sont passé une fois sans tirer...ils etaient donc prévenus.
4.Tout d'abord il ne faut pas dire que la totalité des maisons ont été détruites.je pense que le chiffre de 60% que j'ai lu dans certaine presse est éroné. La mise à feu des maisons a commencé lorsque les rebelles ont quitté la ville. ils mettaient le feu au fur et à mesure de leur retraite...ensuite une partie de la population civile s'est vengé en mettant à feu les maisons de l'ethnie Goulha (ethnie proche des rebelles).Il est certain que les soldats français n'ont rien à voir à ces exactions etant donné que nous n 'avons pas bougé.
De même les avions n'ont pas pu mettre le feu dans les endroits concernés étant donné qu'ils n'y ont pas ouvert le feu. Quant aux FACA nous n'étions pas avec eux lors de la reprise de la ville.
5.Je ne suis pas en mesure de vous donner l'effectif français en RCA. Leur mission est d'aider la FOMUC à stabiliser la région. En espérant que mes réponses soient utiles et non déformées.
PS:Pourrez vous me donner le nom du site pour que je puisse consulter votre article.
Mon commentaire :Il est rare que des soldats d’active sortent de leur obligation de réserve. Ces quelques bribes d’informations sont donc certainement utiles. Malheureusement, « jean darme » ne répond pas aux questions gênantes et ses réponses sont très peu convaincantes. Il faudra élaborer une stratégie de communication un peu plus sophistiquée pour arriver à convaincre les sceptiques du bien-fondé de l’intervention militaire française en Centrafrique, au Tchad, au Gabon, à Djibouti et ailleurs en Afrique.
Un autre lecteur m’envoie un extrait instructif du Petit Journal, un hebdomadaire paraissant dans l’Aude, dont le chef-lieu est la bonne ville de Carcassonne, qui héberge le 3ème RPIMA.


Surtitre: Opération humanitaire

Titre : Carcassonne-birao

Texte : Chaque année qui passe, chaque mois, chaque saison, des tonnes et des tonnes de vêtements sont jetés car la mode passe et l'on s'aperçoit que tel ou tel vêtement n'est plus dans l'air du temps, alors on change, on achète. Quelque fois, on pense à donner, alors pourquoi ne pas participer à la collecte de vêtements et de fournitures scolaires, au profit des enfants centre africains ?

Les classe terminées, ne jetez pas vos fournitures scolaires, faites-en profiter ces enfants de Centre Afrique. Rejoignez le 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine. Venez déposer ces effets au point de collecte au

3e RPIMA (maison du para)

Rue Marquis de Lafayette à Carcassonne

Pour les renseignements, téléphonez au : 04 68 26 77 53

Laissez votre coeur parler et donnez !

Comme quoi les parachutistes de l’infanterie de marine font un effort pour changer leur image et se présenter comme des « paras du cœur » ou des « paras sans frontières ».
Bref, vous l’avez compris, les soldats français en Afrique ne font pas la guerre, mais le Bien…
Allez, je verse une larme, tant je suis ému.



Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 25 juin 2007

N°42 – La Brigade Arc-en-ciel des Amazones du Nouvel Attila


Le gouvernement Fillon II, formé le 19 juin, au lendemain des élections législatives, comprend quatre super-nanas qui gagnent à être connues, une ministre et trois secrétaires d’État. Ces quatre jeunes femmes – l’Algéro-marocaine, la Française à l’ancêtre polonais, la Kabylo-auvergnate et la Sénégalaise, constituent en quelque sorte la Brigade Arc-en-ciel des Amazones du Nouvel Attila. Là où elles passeront, l’herbe risque de repousser, mais génétiquement modifiée. Je commence donc par vous présenter ces quatre Cavalières de l'Apocalypse, avec l’aide de wikipédia, l’encycloplédie en ligne. J'aurai l'occasion de revenir sur ces dames dont les faits et gestes seront très surveillés.

Rachida Dati, 42 ans, Garde des Sceaux, ministre de la Justice
Née le 27 novembre 1965 à Saint-Rémy en Saône-et-Loire, Bourgogne, elle a été porte-parole du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle française de 2007
Fille d'un maçon marocain et d'une mère algérienne, deuxième d'une famille de douze enfants (huit filles et quatre garçons), elle passe son enfance à Chalon-sur-Saône, dans le quartier des Prés-Saint-Jean. Sa scolarité se déroule dans une école privée catholique puis au lycée public Mathias.
Pour financer ses études, étant issue d'une famille modeste, Rachida Dati effectue plusieurs petits boulots, notamment comme vendeuse au porte-à-porte ou aide-soignante. Elle suit un parcours universitaire pour obtenir une maîtrise de sciences économiques et une autre en droit public, un MBA (financé par Matra, avec l'appui de Jean-Luc Lagardère).
En 1987, elle devient chargée d’étude auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine grâce à Albin Chalandon, tout en poursuivant des études supérieures en sciences économiques et gestion des entreprises. Après une rencontre avec Jean-Luc Lagardère en 1990, elle entre à la direction de l'audit de Matra communication, puis en 1993 passe un an à Londres, auprès de Jacques Attali à la BERD[5], toujours dans l'audit. En 1994, elle est contrôleuse de gestion et secrétaire générale du bureau d'études sur le développement urbain à la Lyonnaise des eaux, puis de 1995 à 1997 conseillère technique à la direction juridique du ministère de l'Éducation nationale.
Sur les conseils de Simone Veil, elle entre à l'école nationale de la magistrature, admise sur titre (art.18-1 et 18-2 du statut de la magistrature) sans passer le concours d'entrée, où elle étudie de 1997 à 1999. Elle est auditrice de justice au tribunal de grande instance de Bobigny puis occupe le siège de juge commissaire aux procédures collectives au tribunal de grande instance de Péronne et enfin est nommée substitut du procureur au tribunal d'Évry.
En septembre 2003, elle devient conseillère de Nicolas Sarkozy, pour qui elle travaille sur le projet de loi sur la « prévention de la délinquance », et, entre décembre 2004 et juin 2005, est directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine. Réintégrant le cabinet du ministre de l'Intérieur ensuite, elle s'inscrit à l'UMP en décembre 2006. Elle est nommée le soir du dimanche 14 janvier 2007 porte-parole de Nicolas Sarkozy, désigné le même jour candidat du parti UMP pour l'élection présidentielle française de 2007.
Après la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy, elle entre dans le gouvernement Fillon en tant que Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Elle est la première personnalité ayant des origines nord-africaines à diriger un ministère régalien.
Le 31 mai 2007, Jean-Marie Le Pen a déclaré souhaiter que toutes les personnes susceptibles d’avoir une nationalité étrangère en plus de la française fassent un choix entre les deux, citant le cas de la Garde des sceaux.
D'après Le Parisien/Aujourd'hui en France, Rachida Dati pourrait être invitée à porter le drapeau de l'UMP aux prochaines municipales à Chalon-sur-Saône.
Rachida Dati est membre de l'Institut Montaigne, du club Le Siècle et cofondatrice du Club XXIe Siècle.


Nathalie Kosciusko-Morizet, 34 ans, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie auprès de Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie
Nathalie est issue d'une vieille famille politique française. Descendant de la famille du patriote polonais Tadeusz Kosciusko*, elle est la fille du maire de Sèvres, François Kosciusko-Morizet et de Bénédicte Treuille, enseignante. Elle est également la petite-fille de Jacques Kosciusko-Morizet, résistant gaulliste de la première heure et ambassadeur de France, et l'arrière-petite-fille d'André Morizet, sénateur-maire SFIO de Boulogne-Billancourt.Par ailleurs, elle est la sœur de Pierre Kosciusko-Morizet, P.-D.G. de Priceminister.
Sa scolarité se passe au lycée de Sèvres, au lycée Daniélou de Rueil-Malmaison puis au lycée Louis-le-Grand à Paris.Polytechnicienne (promotion 1992), elle a choisi la biologie comme spécialité et est aussi ingénieur de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF), et membre du corps des ingénieurs du génie rural, des eaux et des forêts.
Proche du Président de la République Jacques Chirac, elle a été le rapporteur de la Charte de l'environnement et de la mission d'information sur l'effet de serre. Elle s'est ainsi distinguée localement dans la défense de l'environnement (nuisances aériennes, projets d'infrastructures) et de l'emploi (Alcatel, Thales, Sanofi). Comme parlementaire, elle s'est aussi distinguée par son activisme en faveur de la défense du consommateur, notamment dans la lutte contre les frais bancaires abusifs imposés par les banques.
Membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), elle est d'abord responsable de l'environnement à la direction des études puis présidente du groupe parlementaire santé et environnement à partir de 2002. Depuis 2003, elle est secrétaire nationale chargée de l'écologie et depuis 2004, présidente de l'association Consodurable et administratrice de la Fondation Charles-de-Gaulle.
Depuis les élections régionales de mars 2004, elle est aussi conseillère régionale (UMP), pour la région Île-de-France.
Lors des élections législatives de juin 2007, elle obtient 46,97 % des voix au premier tour face à 14 autres candidats dont Olivier Thomas (25,04 %) son concurrent socialiste pour le second tour. En 2002, Pierre-André Wiltzer avait obtenu 44,09% au premier tour. Au second tour, elle est élue députée avec 56,09 % des voix face au socialiste Olivier Thomas (43,91 %)
*Andrzej Tadeusz Bonawentura Kościuszko (1746 – 1817) est un héros national polonais, lituanien et bielorusse, général et dirigeant du soulèvement de 1794 contre la Russie. Il participe à la guerre d'indépendance américaine comme colonel dans l'armée continentale aux côtés de Washington. En signe de reconnaissance de ses services, il est élevé par le Congrès au grade de général de brigade en et naturalisé citoyen des États-Unis en 1783. Une ville du Mississipi porte son nom.

Fadela Amara, 43 ans, secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville


Présidente de l'association Ni putes ni soumises, de son vrai nom Fatiha Amara, elle est née en 1964 à Clermont-Ferrand. Elle est issue d'une famille algérienne (Petite Kabylie) de onze enfants, elle a quatre sœurs et six frères. Son père était un ouvrier en bâtiment la semaine, et il travaillait sur les marchés le week-end. Sa mère était femme au foyer.
Se destinant à des études de lettres, elle est finalement orientée vers un CAP d'employée de bureau. En 1978, à l'âge de 14 ans, Fadela Amara assiste au drame qui va changer sa vie. Son frère Malik est renversé par une voiture. Il décède quelques heures plus tard. Elle dit avoir été bouleversée par l'attitude des policiers, qui auraient défendu le chauffard sur les lieux même de l'accident.
Elle participe ainsi à la première marche civique à Clermont-Ferrand pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dès 16 ans quand la mairie de Clermont-Ferrand décide de raser entièrement son quartier, elle décide de faire du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation.
Elle participe en 1983 à la marche des beurs et elle milite à SOS Racisme à partir de 1986. Elle est élue en 2000 présidente de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP).
En 1989 elle met en place la « Commission femmes » dont le principal objectif était de faire un état des lieux sur les femmes des quartiers et d'entendre les demandes formulées par la population vivant dans les quartiers.
Elle est ensuite élue conseillère municipale du Parti socialiste à Clermont-Ferrand en 2001, mais n'y siègera jamais.
En 2002 elle organise des états généraux à la Sorbonne qui ont réuni plus de 250 femmes et elle a rédigé une pétition qui compte près de 20 000 signataires, elle met en place un tour de France de l'association Ni putes ni soumises qui s'achèvera à Paris le 8 mars 2003.
La soeur de Sohane dénonça la récupération de la mort de sa soeur par Fadela Amara.
En 2005, elle est faite docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles et en 2006 elle reçoit un Honorary Degree for French civil rights campaigner de la Manchester Metropolitan University[2].
Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Rama Yade, 31 ans, secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des affaires étrangères et des droits de l'Homme
Rama Yade (prononcer Yade et non Yadé), de son vrai nom Ramatoulaye Yade-Zimet, est née le 13 décembre 1976 à Dakar (Sénégal).
Son père est un diplomate, secrétaire particulier du président Léopold Sédar Senghor. Il la sensibilise à la politique dès son plus jeune âge. Sa mère est professeur et la famille est de religion musulmane.
Elle vit à Dakar jusqu'à l'âge de 8 ans. En 1987, la famille de Rama Yade quitte le pays pour la France où son père est envoyé en mission. La famille vit d'abord dans un quartier résidentiel de Colombes, en banlieue parisienne.
Après le départ de son père, elle est élevée par sa mère avec ses 3 frères et soeurs dans une cité modeste de Colombes dans les Hauts-de-Seine.
En 1994, elle passe son baccalauréat à Colombes (92).
Diplômée en 2000 de l'Institut d'études politiques de Paris, elle entre par concours au Sénat comme administratrice en 2002.
Après avoir travaillé pour la commission des affaires sociales du Sénat où elle a été en charge de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'Outre-Mer, elle est détachée auprès de Jean-Pierre Elkabbach, à la Chaîne parlementaire Public Sénat, au début de l'année 2005, où elle devient directrice adjointe des programmes puis directrice de la communication.
En 2006, elle réintègre les cadres du Sénat comme administratrice au sein du service des collectivités territoriales où elle est en charge des aspects sociaux de la décentralisation.
En 2005, bien qu'issue d'une famille de gauche, elle rejoint l’UMP. Elle avoue que ce ralliement doit surtout à la personne de Nicolas Sarkozy dont elle déclare admirer le charisme et non aux valeurs traditionnelles de la droite.
Le 6 mars 2006, elle fait partie des douze femmes promues dans les instances de l'UMP où elle est nommée secrétaire nationale chargée de la francophonie.
Elle est propulsée sur la scène médiatique le 14 janvier 2007 lors du congrès d’investiture de Nicolas Sarkozy où elle s'en prend avec virulence au parti socialiste qu'elle accuse de cécité et à des élites de gauche « sans projet, sans idée, sans vision » qu'elle accuse d'avoir instauré une « République du guichet » en accordant aux enfants de l'immigration « de la pitié plutôt que le respect ».
Elle invoque souvent en référence la figure de Gaston Monnerville, l'ancien président du Sénat qui fut également un opposant emblématique à l'élection du président de la République au suffrage universel.
Durant la campagne présidentielle, elle réapparaît lors de meetings de Nicolas Sarkozy, partageant également avec Rachida Dati, les faveurs des médias.
Ses positions s'écartent parfois de la ligne officielle de l'UMP[5]. Ainsi, Yade s'est prononcée contre la constitution européenne en 2005 et ne s'est pas déclarée choquée par l’intervention américaine en Irak, estimant toutefois « le résultat pas vraiment à la hauteur des attentes ».
Elle est vice-présidente du Club XXIe siècle qui milite en faveur de la diversité et membre du club Averroès qui regroupe des professionnels pour promouvoir les "minorités actives" dans les médias français.
Son mari, Joseph Zimet, est chargé des relations avec les ONG à l’Agence française de développement, et est sympathisant socialiste. D'après Rama Yade (émission Franc Parler sur France-Inter du 18 juin 2007) son mari n'est pas formellement membre du Parti socialiste au sens « encarté ». Elle a confirmé qu'il a voté pour Mme Royal au 1er tour.
Elle vient de publier le livre Noirs de France, les Nouveaux Neg'marrons, Récit d'un rendez-vous manqué entre la République et les Afro-antillais, Calmann-Lévy, 2007 ;
Ça vous en bouche en coin, avouez-le, non ?


Proposition de tenue d’apparat pour les Amazones de Sarko-Borloo

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 18 juin 2007

N°41 – Rose bonbon

Eh non, ça n’a pas été la déferlante, mais seulement une amère victoire: l’UMP comptait avoir plus de 350 députés élus, elle n’en a que 314. À qui la faute ? Tous désignent Jean-Claude Borloo, le ministre de l’Économie, qui s’est fait tout simplement piéger par Laurent Fabius au soir du 10 juin, sur TF1, en annonçant une augmentation de la TVA pour « financer les délocalisations ». Selon Raffarin, cette « TVA sociale » a fait perdre 60 députés à l’UMP. Au-delà de cette anecdote, l’électorat français a fait preuve de sa légendaire intelligence et, après avoir donné un coup de massue bleu à l’élection présidentielle, il a donné un coup d’aiguillon rose bonbon aux législatives. Mais de nouveau, le premier parti de France ont été les abstentionnistes : 40%, soit 14 millions d’électeurs.
La défaite la plus cinglante pour le parti sarköziste a eu lieu à Bordeaux, où Alain Juppé s’est fait éliminer.
La défaite la plus logique est celle d’Alain Carignon dans l’Isère. Apparemment, les électeurs n’aiment pas voir des repris de justice siéger à l’Assemblée nationale.
Mais la défaite la plus réjouissante est celle d’Arno Klarsfeld à Paris. Les électeurs du 12ème arrondissement n’ont pas été séduits par l’ancien garde-frontières israélien.
À gauche, le grand perdant, c’est Jean-Pierre Chevénement, le maire de Belfort et chantre du « souverainisme » de gauche, qui n’a pas pu retrouver le siège de député perdu en 2002. La fin de sa carrière – à 68 ans, on peut prendre sa retraite – coïncide avec la fin de son Mouvement citoyen.
Bref, la gauche s’en est pas trop mal sortie. On va voir maintenant comment elle va se « recomposer ». Jean-Luc Mélenchon a assisté à Berlin au congrès fondateur du nouveau parti de gauche, « Die Linke » (La Gauche), créé par les anciens communistes de l’Est de Gregor Gysi et les socialistes dissidents emmenés par Oskar Lafontaine. Verra-t-on une initiative similaire en France ? Verra-t-on la LCR, une partie du PCF, la gauche socialiste, certains Verts et quelques anti-libéraux se regrouper pour créer un nouveau parti ? C’est difficile à imaginer. L’heure serait plutôt au divorce.
À l’image du couple le plus célèbre de cette année électorale, qui vient de se séparer dans la vie privée, mais reste uni dans la vie publique.
« Je voudrais dire très simplement que nous avons décidé de ne plus être ensemble. Comme tous les couples, nous avons connu des difficultés. Ces difficultés, j'avais choisi de les mettre entre parenthèses pendant la campagne (...) C'était aussi pour moi une nécessité pour protéger mes enfants. Et aujourd’hui je crois que nous rentrons dans une nouvelle étape, c’est important de dire les choses comme elles sont…Nous ne sommes plus au même domicile… » C’est ce qu’a déclaré Canine Royale Suprême dans une «
interview exclusive » diffusée par France-Inter, une interview réalisée samedi, qui aurait du être diffusée mardi matin mais l’a été lundi matin, suite aux « pressions médiatiques ». Un petit bijou médiatique, ne serait-ce que par le long soupir que l’on entend au début de l’interview.
Pour conclure sur la gauche, les communistes ont connu un « succès » inespéré en obtenant 18 sièges. Il ne leur manque donc qu’un député pour constituer un groupe parlementaire. Les 4 élus verts devraient les rejoindre dans ce groupe. À défaut de mariage d’amour, un PACS de raison…
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 11 juin 2007

N° 40 - Bleu Marine

Yves Klein

En novembre 1919, avec la victoire du Bloc national, les élections législatives donnent à la France une Chambre « bleu horizon », la plus à droite depuis 1871. Bleu comme la couleur de la droite, bleu comme l’uniforme des Poilus de 14-18. Ce tsunami de droite était porté par une vague de patriotisme et la peur du bolchevisme. Le slogan du Bloc national : « l’Allemagne paiera ». Et pour convaincre l’Allemagne défaite de payer pour la guerre, l’armée française occupera la Ruhr en 1923. Ce sera un échec, qui ne contribuera qu’à une chose : fouetter le nationalisme allemand, avec le résultat que l’on sait : dix ans plus tard, Adolf Hitler est élu Chancelier du Reich. Dès les lendemains de sa constitution, le gouvernement « bleu horizon » réprime la grève des cheminots – 15 000 d’entre eux sont licenciés – et les manifestations du 1er Mai 1920. 5 ans plus tard, le Cartel des Gauches gagnera les élections
En juin 1968, les élections législatives donnent aussi une majorité écrasante au parti de la peur et de la réaction à la « subversion » du joli mois de Mai. Un an plus tard, De Gaulle était chassé purement et simplement du pouvoir.
Au lendemain du premier tour des élections de juin 2007, on constate ce qui suit :
- de 37% à 39,5% des électeurs se sont abstenus, le plus fort score d’abstention depuis 1958 ;
- L'UMP et ses alliés oscillent entre 41,3% et 45,8%, ce qui serait le score le plus élevé depuis les 46,7% aux législatives de 1978. La gauche et ses alliés recueilleraient près de 37% des voix, le Mouvement démocrate de François Bayrou avoisine les 7%, le Front national les 5%, son plus mauvais score depuis son apparition sur l'échiquier politique dans les années 80 ;
- TNS-Sofres crédite la droite (UMP-Nouveau Centre-Divers droite) de 45,8%, la gauche (y compris les Verts) de 36,4% et le MoDem de 7,4%, le FN et Mouvement national républicain de 4,6%.
On peut d’ores et déjà conclure que :
- le Front national a été laminé (à l’exception de Marine Le Pen, qui a recueilli 24,47% des voix dans le Pas-de-Calais et affrontera le candidat socialiste au deuxième tour) et Sarközy, en intégrant l’essentiel du bagage idéologique frontiste, a récupéré le plus gros des troupes électorales du Bâtard borgne breton. Cela met un terme au rôle historique joué par Le Pen, qui était de diviser la droite pour permettre à la gauche de gagner. La Chambre bleu sarközy sera donc une chambre bleu…Marine !
- l’hypothèse du « Nouveau Centre » de Bayrou (le « modem » orange, qui ressemble à une mauvaise copie de la pub… d’Orange, l’opérateur Télécom) est pratiquement balayée. Les opportunistes (Azouz Begag à Lyon, Claude Ribbe à Sarcelles) et autres transfuges (les ex-Verts Jean-Luc Bennahmias à Marseille et Olivier Pagès à Paris) ont raté leur coup. Ils ne seront pas députés.
Bref, cette rhapsodie en bleu Marine a de quoi filer le blues !
Le mot de la fin à Robert Solé, dans le Monde du 5 mai dernier :
« Selon les sondages, ce ne sera pas une vague bleue, mais un raz de marée, un tsunami. Les heureux députés de la majorité présidentielle commandent déjà leur garde-robe. Le costume bleu nuit s'impose, bien sûr, avec une chemise azur. On fait aussi de très jolies chaussures marine. Attention ! Le chef de l'État, grand cordon bleu de la cuisine électorale, ne veut pas d'une majorité "godillot". Chacun doit pouvoir exprimer sa différence, avec audace et imagination. Une pochette turquoise, par exemple, serait du meilleur effet. Une cravate bleu de Prusse témoignerait d'une ouverture internationale. Pour les bretelles et les caleçons, ne pas hésiter à explorer tout l'arc-en-ciel : bleu outremer, bleu lavande, bleu pervenche, bleu pétrole, bleu roi...Mais vous n'avez pas, Messieurs, le monopole de la couleur, comme dirait Valéry Giscard d'Estaing. Regardez François Bayrou : couvert de bleus, il repart vaillamment au combat. Et si le PCF a une peur bleue de disparaître, c'est une rose un peu fanée qui donne aux socialistes des bleus à l'âme. »
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

Joan Miró, Bleu II

lundi 4 juin 2007

N°39 – Les Ogres de Barback et le peigne-cul sarkozyen

Blottie au fond d’une vallée des Monts du Jura, Oyonnax est une charmante ville de 25 000 habitants située entre Lyon et Genève, dans le département de l’Ain. Spécialisée dans la fabrication de peignes en corne au XIXème siècle, la vallée du Haut Bugey est devenue la « plastics valley » à partir de 1925, avec les premières lunettes en plastique, puis avec le polystyrène (1936) et les nouvelles matières utilisées par injection (1953).

Il n’y aurait rien à raconter sur Oyonnax qui fut héroïque pendant l’occupation nazie (elle est Croix de guerre et médaille de la résistance), si cette ville n’avait un maire qui est un véritable peigne-cul.



Le 5 mai dernier, le groupe Les Ogres de Barback donnait un concert au centre culturel qui porte le nom du poète communiste Louis Aragon. Ce groupe, créé en 1994 par quatre frères et sœurs de Cergy-Pontoise, Alice, Mathilde, Sam et Fredo Burguière, remporte un franc succès auprès d’un public mélangé car il pratique un syncrétisme alliant les influences de Brel, Brassens, Ferré, Renaud, le freejazz, le rock alternatif et la musique tzigane. Bref, un vrai fleuron de la nouvelle musique française.


Le 10 mai, le groupe a reçu le courrier suivant du maire d’Oyonnax, digne de figurer dans le GNLRS (Grand Livre Noir de la Repüblik de Sarköland) :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
OYONNAX, le 10 mai 2007


VILLE D'OYONNAX
Jacques GOBET
Maire d'OYONNAXJG/CV
« Les Ogres de Barback »
Madame Virginie HUREL, Présidente
242 avenue Jean Jaurès
95 100 ARGENTEUIL
Madame la Présidente,

J'ai, dès le dimanche 6 mai au matin, été informé de l'incident qui a eu lieu au Centre Culturel lors du spectacle donné le samedi 5 mai au soir par les « Ogres de Barback », incident au cours duquel le spectacle a servi de prétexte à une action de propagande politique dirigée contre l'un des candidats à l'élection présidentielle, Nicolas SARKOZY, et en faveur de son adversaire, Ségolène ROYAL.
Cet incident appelle 4 remarques de ma part :
1. La prise de position publique a violé la neutralité républicaine qui doit avoir cours à l'intérieur des bâtiments publics.
2. Au moment des faits, la campagne officielle était close depuis la veille à minuit, ce qui constitue une circonstance aggravante.
3. La prise de position des artistes a heurté et choqué les convictions d'une partie importante du public qui n'a pas manqué, dès le lendemain et les jours suivants, de m'en faire pan.
4. Cette intervention intempestive autant que mal venue a eu lieu au cours d'un spectacle pour lequel les artistes étaient payés par la Ville d'Oyonnax : elle a donc eu lieu aux frais des contribuables locaux d'une ville où les électeurs ont voté SARKOZY à près de 60 %.
Sur ces 4 points, j'exige des explications écrites de la part des artistes des « Ogres de Barback »
Dans l'attente, je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, mes salutations distinguées.
Le Maire

J. Gobet

HÔTEL DE VILLE – B.P. 817 – 01108 CEDEX – TÉL ; 04 74 77 00 06 – FAX 04 74 77 18 60


Et voici la réponse exemplaire des Ogres de Barback à Môssieu Jacques Gobet
les OGRES de BARBAiCK
242 Avenue Jean Jaurès - 95100 ARGENTEUiL
Monsieur,
Dans votre courrier, vous vous permettez d'exiger une réponse de notre part. Mais qui êtes-vous donc et quelle saurait être votre légitimité pour exiger quoi que ce soit d'artistes, aussi libres que n'importe lequel des citoyens de ce pays ?
Tout d'abord sachez. Monsieur, que la personne qui vous a informé ne semble pas en mesure d'apprécier correctement le sens des mots. En effet, il n'y a eu aucun « incident » lors de notre représentation. Un passage vidéo de notre spectacle, non relayé par la moindre intervention orale des membres de notre groupe qui plus est [ce qui serait pourtant notre légitime droit d'expression], a semble-t-il dérangé l'un(e) des élu(e)s de votre commune. Cela s'arrête là.
Vous conviendrez. Monsieur, qu'il n'y pas lieu ici de parler d'« incident ».
Si, donc, nous avons choisi de répondre à cette missive hargneuse et foncièrement creuse en termes d'argumentation, c'est pour vous rappeler à notre tour quelques évidences qui semblent vous échapper :
II est profondément dommage qu'un élu de la République ignoré que le principe de neutralité républicaine ne s'applique, bien évidemment, qu'aux agents de l'Etat dans l'exercice de leurs fonctions. C'est, en outre, un principe applicable aux personnes et non aux lieux, que ceux-ci soient publics ou non.
Le problème. Monsieur, tient dans le fait que vous mélangez malheureusement un certain nombre de choses pour servir votre propos, qui s'en trouve, du coup, profondément décrédibilisé.
Ainsi, la date de clôture de la campagne officielle ne concerne qu'une minorité de catégories, dont les principales sont les partis politiques ou associations affiliées à ceux-ci, et à quelques autres [audiovisuel, notamment).
Vous serait-il également venu à l'esprit d'interdire, entre le vendredi 4 mai à 23h59 et le dimanche 6 à 20h, à vos contribuables, citoyens au même titre que nous, de débattre de politique là où ils le veulent ?
Vous affirmez ensuite qu'une partie importante du public aurait été heurtée dans ses convictions : notre groupe, puise une part de sa reconnaissance dans le fait de véhiculer à travers ses chansons des valeurs d'humanisme, de générosité et de tolérance.
Ce que vous écrivez ne saurait donc recouvrir la moindre réalité. Il faut avoir été absent ce soir-là pour oser poser sur le papier de telles aberrations ! Surtout, depuis quand les artistes, peu importe le champ dans lequel ils évoluent, doivent-ils prendre garde à ne heurter personne ? À vous entendre, nombre d'auteurs de théâtre ou de chansons devraient être interdits de représentation dans votre ville (nous vous épargnons cette liste).
Vous manifestez là une approche de la culture quelque peu effrayante. La prise de position reste, qu'elle aille ou non dans le sens du pouvoir en place, indispensable à toute démocratie. Croyez bien que nous en sommes désolés pour vous, Monsieur, mais c'est ainsi.
Enfin, et c'est la cerise sur cet indigeste gâteau, vous brandissez un argument particulièrement novateur. Une ville devrait, pour les dépenses qu'elle prend en charge au niveau culturel tout au moins, tenir compte, en pourcentage, de l'orientation politique de ses habitants. Il vous faudrait donc accueillir, à cachet équivalent, trois spectacles estampillés « de droite » pour deux autres que vous présenteriez « de gauche ». Lecole républicaine nous avait pourtant appris qu'un édile doit raisonner en terme d'intérêt général plutôt que d'orientation partisane.
Et, tant qu'à être cohérent, vous devriez commencer par débaptiser votre Centre Culturel Aragon, pour lui substituer celui de Johnny Hallyday ou de Doc Gynéco.
Monsieur, nous ne vous saluons pas. PS : II va de soi que nous entendons donner une certaine publicité à votre courrier. A bon entendeur...
Les Ogres de Barback
Si vous ne connaissez pas encore les Ogres de Barback, voci les prochaines occasions de les entendre live :
09/06/2007 - Le Zenith - Dijon (21)
16/06/2007 - "Un Printemps au Parc et les Bakayades" - Grand Quevilly (76)
28/06/2007 - La Sarabande des Bouchauds - Rouillac (16)
29/06/2007 - Festiv'été - Moutiers sous Chantemerle (79)
30/06/2007 - Festival EHZ - Idaux Mendy (64)
01/07/2007 - Festival Fest'Route - Tournon sur Rhone (07)
05/07/2007 - Domaine de Montjoux - Thonon les Bains (74)
06/07/2007 - L'Ile d'Or - Amboise (37)
07/07/2007 - Lac de Montendre - Montendre (17)
08/07/2007 - Festival Roule ma Poule - Avallon (89)
13/07/2007 - Esplanade St Jean d'Acre - La Rochelle (17)
15/07/2007 - Dour Festival - Dour (Belg)
17/07/2007 - Festival de la Pleine Lune - Montselgues (07)
28/07/2007 - Festival les 3 éléphants - Lassay les châteaux (53)
10/08/2007 - Lac de Villegusier - Langres (52)
11/08/2007 - Festival Du bout du Monde - Crozon (29)
13/08/2007 - Festival Musicalarue - Luxey (40)
15/08/2007 - Festival Musicalarue - Luxey (40)
23/11/2007 - Salle de la carrière - St Herblain (44)
24/11/2007 - Cité des Congrès - Nantes (44)
Et visitez leur site web http://www.lesogres.com

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 28 mai 2007

N° 38 – Vol Air France 796 Paris-Bamako, samedi 26 mai 2007, aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en Repüblik de Sarköland

Le samedi 26 mai 2007, le cinéaste Laurent Cantet (Ressources humaines, L'Emploi du temps) son assistant et directeur de production, Michel Dubois et leur équipe de tournage ont été témoins de scènes barbares à bord d’un vol Air France à destination de Bamako. Ils racontent :

« Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako. Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l'avion. Une reconduite à la frontière classique.
Deux personnes tentent de contenir un homme d'une quarantaine d'années qui se débat violemment. On croit d'abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître.
S'ensuit une scène d'une grande violence : l'un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l'autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n'a aucun effet sur les violences en cours.
L'un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l'opération, qui menace d'arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires. Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l'homme n'est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.
Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l'évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran l'émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l'appareil, rajoutant à la confusion.
C'est alors qu'une bonne dizaine d'agents de la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l'appareil. Désigné par la responsable de l'opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D'autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.
A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché : Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l'avion, et même de l'éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d'échange.
Cette proposition inacceptable est d'ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l'égard des passagers qui campent sur leurs positions. Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de "manoeuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son pays d'origine, et de manifestations d'une minorité de passagers pour expliquer l'annulation du vol.
Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l'état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l'appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.
Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d'ailleurs permis de douter, puisqu'afin de ne pas attirer l'attention des autres voyageurs, les policiers avaient d'abord décidé de le faire voyager sans le menotter).
Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d'avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l'attitude du Commandant de bord d'Air France qui n'est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu'il se soit d'assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.
Nous sommes enfin révoltés d'avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d'une telle brutalité ? Pouvions-nous accepter l'arbitraire de l'arrestation de l'un d'entre nous dont le seul tort avait été de s'indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l'état de notre démocratie.
Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu'elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.
Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l'a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager malien, nous n'avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.
Des passagers du vol AF 796»

Épilogue provisoire de cette affaire, relaté par le Réseau Éducation sans frontières :
« Le Malien dont l'expulsion a été empêchée le 26 mai par l'intervention de passagers indignés des violences qu'il subissait sur le vol Air France Paris-Bamako est libre.
En effet, bien que la police l'ait particulièrement chargé en portant plainte pour trois motifs (« opposition à une mesure d'éloignement », « refus d'embarquement » et « coups et blessures contre un policier »), le Juge des libertés et de la détention du TGI de Bobigny a décidé de ne pas le traduire en comparution immédiate, de le libérer et de le convoquer en justice le 28 juin.
Une décision qui est un démenti cinglant aux rumeurs colportées aussi bien par les policiers dans l'avion que par un collaborateur du ministre tendant à le faire passer pour un dangereux délinquant.
Les conditions de brutalité particulièrement choquantes dans lesquelles s'est déroulée cette tentative d'expulsion sont aussi un démenti sans appel aux propos du nouveau ministre qui, dans ses déclarations, prétend conjuguer "fermeté et d'humanité" (« l'un ne va pas sans l'autre ») alors que dans les faits, la brutalité et elle seule préside aux expulsions.
Cette violence à l'égard des expulsés s'accompagne d'une volonté de plus en plus affirmée de réprimer tous ceux qui seraient tentés de ne pas laisser faire, de ne pas se taire, de ne pas fermer les yeux.
Cette affaire, qui a conduit à l'annulation du vol du 26 mai pour Bamako place Air France devant ses responsabilités : rien, aucune loi, aucun règlement n'oblige une compagnie aérienne, privée de surcroît à accepter des voyageurs contraints sur ses vols, menottés, parfois bâillonnés, attachés à leur siège et tabassés quand ils protestent.
Les clients de la compagnie ne prennent pas non plus des billets Air France pour être menacés par la police quand ils s'élèvent contre des scènes choquantes, et, pour certains d'entre eux, évacués de force de l'avion, molestés, placés en garde à vue et poursuivis comme le sont Kadidja et François Auguste traînés en justice et menacé de 5 ans de prison et 18 000 € d'amende pour n'avoir pas toléré les conditions inhumaines imposées aux reconduits. Les passagers d'Air France achètent des billets pour se déplacer dans des conditions normales de sécurité et de confort. Ils veulent voyager dans un avion, pas dans un fourgon cellulaire volant. »

Cette affaire n’est pas la première du genre :
« Pour mémoire, les cas précédents de répression engagée contre des militants du RESF ou des personnes ayant agi dans le cadre de ses actions.
* Michel Guérin jugé pour diffamation à l'encontre d'un préfet, sur plainte du ministre de l'Intérieur de l'époque, M. Sarkozy après avoir protesté dans un courrier contre l'expulsion du journaliste Elvis Kouanga Kazeta. Le verdict est en délibéré.
* Florimond Guimard, instituteur de Marseille, accusé de violence en réunion avec arme par destination pour avoir empêché, le 11 novembre 2006, l'expulsion d'un père algérien de 2 enfants à l'aéroport de Marignane. En réalité, il s'est contenté de suivre avec sa voiture le véhicule de police qui transportait l'expulsé. Il sera jugé le 22 octobre et risque 3 années de prison et 45 000 € d'amende.
* Kadidja, passagère du vol Paris-Bamako du 29 novembre 2006 a protesté avec d'autres contre la présence à bord d'un reconduit qu'elle pensait être Daïm, étudiant toulousain que ses camarades du RUSF et du RESF étaient venu défendre à Roissy. Elle risque 5 années de prison et 18 000 € d'amende pour entrave à la circulation d'un aéronef.
* Le 2 décembre 2006, François Auguste, vice-président de la Région Rhône-Alpes, s'adressait aux passagers d'un vol Lyon-Paris pour tenter d'empêcher l'expulsion d'une famille. Jeté à terre, molesté, placé en garde-à-vue, il est accusé d'entrave à la circulation d'un aéronef. Il sera jugé le 26 novembre à Lyon. Il risque 5 années de prison et 18 000 ? d'amende.
* Tout récemment, quatre militants du Collectif de solidarité avec les Migrants et du RESF de Méru (Oise), par ailleurs militants FSU et CGT (dont le responsable de l'UL de Méru) ont été mis en examen pour diffamation envers le maire UMP de Méru pour avoir taxé de « délation » la volonté affichée du Maire de dénoncer les prétendus 10% de mariages blancs célébrés dans un quartier de la ville. Ils seront jugés le 29 mai au TGI de Beauvais. »
Chers lecteurs, vous êtes donc avertis : désormais, quand vous prendrez l’avion dans un aéroport du territoire sarkölandais, ce sera à vos risques et périls ! Et vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas avertis !
Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 21 mai 2007

N° 37 – « 22 », la nouvelle série


Une dose de « Dallas », une dose de « Dynasty », une dose de « 24 », une dose de « Soprano », une pincée de Loft Story, un parfum de « Star Academy », le tout assaisonné de souvenirs du « Parrain » : mélangez, servez tiède et ça donne. « 22 », le nom de la nouvelle série télévisée qui passe sur toutes les chaînes françaises en continu. 22, c’est le nombre de protagonistes de la série. Premier rôle : Don Nicco Sarkozzi, nouveau chef de la Coupole. Les 21 autres sont :
Premier ministre François Fillon, UMP, 53 ans.
Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durablesAlain Juppé, UMP, 61 ans.
Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi Jean-Louis Borloo, Parti radical, 56 ans.
Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités locales Michèle Alliot-Marie, UMP, 60 ans.
Ministre des affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner, Parti socialiste, 67 ans.
Ministre de l'immigration , de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement Brice Hortefeux, UMP, 49 ans.
Ministre de la justice Rachida Dati, UMP, 41 ans.
Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité Xavier Bertrand, UMP, 42 ans.
Ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos, UMP, 59 ans.
Ministre de l'enseignement supérieur et de la rechercheValérie Pecresse, UMP, 39 ans
Ministre de la défense Hervé Morin, UDF-majorité présidentielle, 45 ans.
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sportsRoselyne Bachelot, UMP, 60 ans.
Ministre du logement et de la ville Christine Boutin, UMP, 63 ans.
Ministre de l'agriculture et de la pêche Christine Lagarde, 51 ans.
Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement Christine Albanel, 51 ans.
Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique Eric Woerth, UMP, 51 ans.
Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, auprès du premier ministre Roger Karoutchi, UMP, 55 ans.
Secrétaire d'Etat à la prospective et évaluation des politiques publiques, auprès du premier ministre Eric Besson, ex-PS, 49 ans.
Secrétaire d'Etat aux transports, auprès du ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durableDominique Bussereau, UMP, 54 ans.
Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes Jean-Pierre Jouyet, 53 ans.
Hors gouvernementMartin Hirsch, 43 ans, président d'Emmaüs-France, haut commissaire aux solidarités actives contre les pauvretés.
Le thème de la série : après de le départ du « Grandfather », Don Chiracco, un nouveau parrain prend sa place et nomme son équipe, dans laquelle on remarque un repris de justice (Alain Juppé) et deux traîtres : Bernard Kouchner et Eric Besson.
Alain Juppé : c’est l’homme dont Don Chiracco a exigé la présence au sein de la Coupole, à la droite de Don Nicco. Juppé est le candidat de Don Chiracco pour l’élection de 2012. En attendant, il sera chargé de faire la liaison avec le Grandfather déchu, lequel va créer une Fondation pour le développement durable, administrée par un vieil ami de la famiglia, Michel Camdessus, ancien président de la Coupoles des Coupoles, le FMI, puis conseiller du Vatican. Après avoir été condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris en 2004, Juppé s’était exilé au Québec où, dans la contemplation des vastes espaces enneigés du grand Nord, il a été touché par la grâce écologiste. Don Nicco, en le nommant, a tenu à remplir la promesse faite à Nicolas Hulot, dont il avait signé le « Pacte écologique », pendant la campagne électorale.
Mais les deux hommes dont la présence dans la Coupole a fait le plus jaser, ce sont Eric Besson et Bernard Kouchner. Don Nicco, dont la phase préférée, répétée dans chacun de ses discours, est « Je ne vous trahirai jamais » -une telle obsession est pour le moins suspecte – a fait très fort, en débauchant deux pontes du Parti socialiste, qui s’en étrangle de fureur. Mais au fait, sont-ce vraiment des traîtres ? Pour Eric Besson, je ne sais pas, mais pour Bernard Kouchner, voici ce que je peux vous dire.
Kouchner, baptisé depuis longtemps par les Palestiniens francophones « Kauchemar », est le doyen des 22. Il a 67 ans, alors que la moyenne d’âge des 21 autres est de 52 ans. On aurait pu penser qu’il avait atteint l’âge de la retraite. Mais non, il a expliqué à ses amis socialistes qu’il avait besoin d’un boulot. C’est qu’après avoir raté la présidence de l’Organisation mondiale de la santé, il était désoeuvré. Son dernier petit boulot ne lui avait rapporté que 30 000 Euro. Il avait concocté un petit rapport vite fait bien fait pur dédouaner l’entreprise pétrolière Total des accusations d’avoir recouru à des travailleurs forcés pour la construction d’un gazoduc en Birmanie. Pour écrire ce rapport, il avait passé : 1 journée à Genève, 1 journée à New York et 1 journée ½ à Rangoon.Depuis 15 jours, les médias français avec un touchant ensemble ont répété matin midi et soir que Kouchner, en Mai 68, était sur les barricades. Faux, faux et archi-faux : en Mai 1968, Kauchemar, qui avait alors 29, était un jeune médecin et opérait au Biafra, où Jacques Foccart, l’homme chargé par De Gaulle de réorganiser l’empire colonial français en Afrique, avait monté une petite sécession pour arracher les ressources pétrolières au Nigeria. Que Kauchemar roule pour l’Élysée n’est donc pas une nouveauté. En 1994, il a remis ça, au Rwanda, où il a mené la mission exploratoire qui a débouché sur l’Opération Turquoise. Cette opération, sous couvert d’intervention humanitaire, a permis d’exfiltrer les responsables et auteurs du génocide rwandais. Kauchemar est l’inventeur de « l’ingérence humanitaire ». Les Soudanais n’ont qu’à bien se tenir : là où Kauchemar trace un « corridor humanitaire », l’herbe n’est pas près de repousser. Sa présence dans la série « 22 » devrait apporter un zeste d’ « Urgences », d’autant plus que le héros d’Urgences, George Clooney, est totalement engagé dans l’opération « Sauvons le Darfour ».Pour conclure, une petite suggestion aux scénaristes de « 22 » : si vous voulez pulvériser les records d’audience, embarquez donc les 22 à bord du yacht Paloma et concoctez-nous une super Loft Story. Si vous trouvez que ça manque de femmes, ajoutez-y Cecilia et Christine. Les spectateurs ne risquent pas de s’ennuyer.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !