mardi 22 janvier 2008

N° 61 - Fadela, combien de divisions ?

Au cours de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il voulait mettre en oeuvre "un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes" des quartiers. Il a donc chargé Fadela Amara, nommée secrétaire d’État à la Politique de la Ville, rattachée à Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, d’un « grand plan » pompeusement baptisé « Espoir Banlieues ».
Lundi, Fadela a présenté les « grandes lignes » de ce plan, dont le Boss lui-même révèlera bientôt les détails. Il semble bien que la montagne ait accouché d’une souris. La première à réagir a été Christine Boutin, qui a carrément désavoué Fadela en disant qu’elle avait manqué de prudence en promettant la création de 45 000 emplois et la réduction du chômage des jeunes de banlieue de 45 %.
Bref, Fadela n’est pas le général George Marshall, lequel, entre deux guerres, avait eu le temps de distribuer généreusement 5 milliards de dollars à l’Europe pour « aider à sa reconstruction » et surtout faire barrage au communisme.

Fadela – la secrétaire-d’État-en-baskets - n’a eu que des clopinettes pour faire barrage à l’islamisme. Elle fera donc, comme d’habitude, du saupoudrage.
Je laisse la parole à Jérome Charré, 23 ans, étudiant préparant le CAPES d’Histoire-géographie, un enfant du Neuf-Trois, puisqu’il est né à Villepinte et réside à Aulnay sous-Bois, qui résume très bien ce qu’il faut penser du plan foireux de la Générale Fadela. Jérôme est membre du MODEM de François Bayrou (nul n’est parfait…)

Le plan machin pour les banlieues
Lundi dernier, à Vaulx-en-Velin, Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville, accompagnée de Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, a dévoilé quelques bribes de son plan "Espoir banlieue".
Après un accouchement difficile et plusieurs fois, le dernier de la vingtaine de plans banlieue élaborés par une vingtaine de ministres ou secrétaires d'Etat, n'apporte rien de bien concret pour résorber les fractures entre les banlieues et le reste de la société.
Encore une fois, on promet de tout résoudre en un minimum de temps, on va changer la vie. Nous connaissons ces phrases, ces belles promesses depuis 1981. Et au final, la banlieue change, mais pas forcément en mieux. Quand je regarde la différence entre le collégien que j'étais et les collégiens d'aujourd'hui, je peux dire sans crainte que la situation s'est largement dégradée.
Parmi les énièmes promesses, l'accompagnement personnalisé des jeunes sans emploi, le renforcement des moyens de lutte contre l'échec scolaire et un plan de désenclavement des quartiers. Bref, du vu, revu, archivu.
En ce qui concerne l'accompagnement des jeunes sans emploi, les dispositifs existent en principe. Ce sont l'ANPE ou les Maisons de l'emploi. Fadela Amara veut créer 45 000 emplois et définir 100 quartiers prioritaires, soit 450 emplois par quartier. Pour renforcer les moyens de lutte contre l'échec scolaire, il faut s'attaquer aux causes qui font que, dans ces quartiers, les jeunes sont en échec scolaire. Enfin, pour désenclaver les quartiers, il faut des moyens financiers et une stratégie territoriale.
Enfin, il faut de l'argent, encore. Mais, comme on ne laisse pas les précédents plans banlieue se faire, comme on ne prend pas le temps de les évaluer, on gaspille de manière idiote des millions d'euros. Le rapport de la Cour des comptes est, sur ce point, assez édifiant.
De plan Marshall, Fadela Amara a conçu ce que j'appelle un plan "machin" sans aucune réflexion sur les causes du "malaise" des banlieues. Il sert, comme pour tout ministre, à imprimer son nom sur une loi, qui au final sera vite oublié par un autre ministre. Et pour la banlieue, on attendra encore.
Source : http://www.jerome-charre.fr/2008/01/le-plan-machin.html

Note : « Le Pape ? Combien de divisions ? » : phrase prêtée à Joseph Staline lors d'un entretien avec Pierre Laval le 13 mai 1935, lors de la signature du pacte franco-soviétique d’asssistance mutuelle. Laval avait demandé à Staline de faire un geste favorable envers le Vatican.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

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