lundi 2 juillet 2007

N°43 – Les paras du cœur

Le mercredi 26 juin, j’ai reçu ce message
je suis décu car le net est prévu à l'origine comme une vaste toile d'information et ce que je lit sur les évènements de Birao serait plutôt de la désinformation. Comment puis je l'affirmer? Tout simplement car j'y étais et je n'ai pas à me cacher de ce qui c'est passer.Vous voulez en parler? Voici mon adresse dij83@hotmail.fr.Mr El Kayman arrêtez d'écrire des inepties pour essayer de retourner l'opinion publique...faites pour une fois un acte loyal et démocratique.
Ce lecteur faisait allusion à ma chronique du 26 mars intitulée
Birao, ville fantôme : un crime de guerre français en pleine campagne électorale. Je lui ai ausstôt répondu
Bien, puisque vous étiez à Birao, j'attends votre version des événements de décembre dernier et surtout des journées autour du 4 mars. Je me ferai un plaisir de la publier.Et voici la réponse de celui qui signe…jean darme ( !)Bonsoir,
Tout d'abord je me permet à rêver que mes dires ne seront pas déformés...Je vais donc vous donner ma version des faits et je ne vous parlerez pas des évènements de décembre car je n'y étais pas.Avant les attaques des 3 et 4 mars le dispositif français sur Birao se composait de 18 personnels. Notre mission consistait à apporter une assistance opérationnelle aux FACA ce qui implique que nous ne prennons pas part aux éventuels combats qui pourraient les opposer aux rebelles et que nous agissons qu'en légitime défense. C'est exactement ce qui c'est passé les 3 et 4 mars.
Le 3 à 5h50,les rebelles ont attaqués les FACA et le dispositif français qui était clairement signalé par notre drapeau national et délimité par du barbelé.
Les rebelles ont d'ailleurs tenté de franchir ce barbelé. Nous avons été également la cible de plusieurs tir de lance roquette du type RPG7. Les avions de chasse sont arrivés sur zone mais ne sont pas intervenus le 3 car nous avons pu contenir les rebelles.
Le 4, nous avons fait l'objet d'une attaque beaucoup plus "appuyée" de la part des rebelles qui,menaçant l'intégrité de notre dispositif, nous a amener à utiliser la chasse. Les mirage ont fait une passe en tirant une vingtaine d'obus et les rebelles ont arrêté aussitôt leur attaque.Voilà si vous avez d'autres questions je suis à votre entière disposition.
Cordialement

Le jeudi 28 juin, j’ai répondu à mon tour à « jean darme »Oui, bien sûr, vous pensez que j'ai des questions :
1 - En quoi consistait votre "assistance opérationnelle" ? J'ai cru comprendre qu'elle consistait à reprendre l'aéroport aux mains des rebelles, ce qui a donc impliqué des combats avec eux et peut difficilement être appelé "légitime défense" puisqu'il s'agit là d'une action offensive ? Est-ce exact ? Sinon, où étiez-vous positionnés ?
2 - Outre les 18 éléments dont vous parlez, il y a eu 150 hommes déployés par le COS sur Birao après la prise de l'aéroport. En quoi a consisté leur mission ? Combien de temps sont-ils restés à Birao ?
3 - Quelles pertes les 20 obus ont-ils occasionnées chez les rebelles ?
4 - Qu'avez-vous vu de la destruction par le feu de la quasi-totalité des 600 maisons de Birao ? Qui était responsable selon vous de ces destructions ?
5 - Combien de soldats français y a-t-il aujourd'hui en RCA ? Comment justifiez-vous leur présence ? Niez-vous que le général Bozizé, l'actuel président de la République, est arrivé au pouvoir le 15 mars 2003 par un coup d'État appuyé par l'armée française ("assistance opérationnelle" ?) ? Tout comme tous ses prédécesseurs depuis 1960 (Dacko, Bokassa, re-Dacko, Kolingba, Patassé, Bozizé) ?
6 - Le peuple centrafricain a-t-il jamais été consulté sur la présence et l'intervention de l'armée française en RCA ?
Merci de me répondre
Ayman El Kayman
Et voici la réponse de notre vaillant combattant :Bonjour,
je me fais un plaisir de répondre aux questions auxquelles je le peux.
1.L'assistance opérationnelle de l'armée française aux FACA se matérialise par une aide logistique et de formation. J'affirme donc que nous avons pas pris part aux soit disant combat pour reprendre l'aéroport...je dis soit disant car il n'y a pas eut de combat pour le reprendre étant donné qu'il a été abandonné par les rebelles suite à de trop lourdes pertes contre les FACA. Donc le 3 après midi les FACA ont repris qu'une partie de la ville de Birao et ne se sont pas occupés de l'aéroport.
j'insiste que les FACA ont repris la ville sans notre aide car nous étions toujours posté dans notre dispositif avec ordre de ne pas en sortir. Les 18 militaires français étaient donc en poste à l'ONF
2. Pour la soit disante intervention du COS je ne peux vous répondre car je n'en ai pas les éléments.
3.Il est très difficile d'estimer les pertes rebelles suite au tir des mirages F1 car ils n'abandonnent ni leur morts ni leur blessés. Je pense tout de même que leur perte a été minime étant donné que les avions sont passé une fois sans tirer...ils etaient donc prévenus.
4.Tout d'abord il ne faut pas dire que la totalité des maisons ont été détruites.je pense que le chiffre de 60% que j'ai lu dans certaine presse est éroné. La mise à feu des maisons a commencé lorsque les rebelles ont quitté la ville. ils mettaient le feu au fur et à mesure de leur retraite...ensuite une partie de la population civile s'est vengé en mettant à feu les maisons de l'ethnie Goulha (ethnie proche des rebelles).Il est certain que les soldats français n'ont rien à voir à ces exactions etant donné que nous n 'avons pas bougé.
De même les avions n'ont pas pu mettre le feu dans les endroits concernés étant donné qu'ils n'y ont pas ouvert le feu. Quant aux FACA nous n'étions pas avec eux lors de la reprise de la ville.
5.Je ne suis pas en mesure de vous donner l'effectif français en RCA. Leur mission est d'aider la FOMUC à stabiliser la région. En espérant que mes réponses soient utiles et non déformées.
PS:Pourrez vous me donner le nom du site pour que je puisse consulter votre article.
Mon commentaire :Il est rare que des soldats d’active sortent de leur obligation de réserve. Ces quelques bribes d’informations sont donc certainement utiles. Malheureusement, « jean darme » ne répond pas aux questions gênantes et ses réponses sont très peu convaincantes. Il faudra élaborer une stratégie de communication un peu plus sophistiquée pour arriver à convaincre les sceptiques du bien-fondé de l’intervention militaire française en Centrafrique, au Tchad, au Gabon, à Djibouti et ailleurs en Afrique.
Un autre lecteur m’envoie un extrait instructif du Petit Journal, un hebdomadaire paraissant dans l’Aude, dont le chef-lieu est la bonne ville de Carcassonne, qui héberge le 3ème RPIMA.


Surtitre: Opération humanitaire

Titre : Carcassonne-birao

Texte : Chaque année qui passe, chaque mois, chaque saison, des tonnes et des tonnes de vêtements sont jetés car la mode passe et l'on s'aperçoit que tel ou tel vêtement n'est plus dans l'air du temps, alors on change, on achète. Quelque fois, on pense à donner, alors pourquoi ne pas participer à la collecte de vêtements et de fournitures scolaires, au profit des enfants centre africains ?

Les classe terminées, ne jetez pas vos fournitures scolaires, faites-en profiter ces enfants de Centre Afrique. Rejoignez le 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine. Venez déposer ces effets au point de collecte au

3e RPIMA (maison du para)

Rue Marquis de Lafayette à Carcassonne

Pour les renseignements, téléphonez au : 04 68 26 77 53

Laissez votre coeur parler et donnez !

Comme quoi les parachutistes de l’infanterie de marine font un effort pour changer leur image et se présenter comme des « paras du cœur » ou des « paras sans frontières ».
Bref, vous l’avez compris, les soldats français en Afrique ne font pas la guerre, mais le Bien…
Allez, je verse une larme, tant je suis ému.



Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !
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