mardi 15 novembre 2011

N° 138 - Athènes, Rome et Francfort : le Triangle des Bermudes de la démocratie

Ils portent des costumes trois-pièces cachemire-soie-mohair des meilleurs faiseurs de Saville Road, ou, dans le pire des cas, de chez Armani. Les très rares femmes parmi eux ne portent que du Prada ou du Christian Dior. En temps normal, on ne les voit pas tous les soirs à la télé, ni dans les JT ni dans les talk-shows. Mais nous ne sommes plus en « temps normal ». La révolution arabe a provoqué une forte chute du taux de profit dans la partie  du monde contrôlée par le capital européen, pour le plus grand profit des nouvelles puissances capitalistes : Chine, Inde, Brésil, Russie et Afrique du Sud. Les Chinois viennent de racheter le port de containers du Pirée, à partir duquel ils vont inonder l’Europe et les pays du pourtour méditerranéen de leur camelote fabriquée pour  des salaires d’esclaves modernes dans l’Empire du Milieu, devenu le « sweat shop » du monde.
Tandis que les enfants du Pirée se mettent à apprendre le chinois, ils viennent d’avoir un nouveau papa, le Papa du peuple, autrement dit Papademos, le nouveau Premier ministre grec.
Les Italiens, enfin libérés de Berlusca, qui pourra aller mener ses bunga bunga au fond d’une zanga zanga, se retrouvent avec un tout autre genre de Papa, Mario Monti, un Lombard au look protestant qui passerait inaperçu dans un gouvernement scandinave.
Papademos et Monti ont l’essentiel en commun : ce sont des banquiers, des technocrates formés à l’école yankee, section Goldman Sachs (la crème de la crème des banksters) et…des membres éminents de la Commission Trilatérale, cet obscur panier de crabes qui fait et défait les politiques économiques et financières des « grandes démocraties » depuis un demi- siècle et qui a été fondé, comme il se doit, par David Rockfeller (j’ai oublié son numéro dans la dynastie) en 1973.
Le logo de la Trilatérale
Jusqu’ici, les banquiers et les patrons de la Trilatérale se contentaient d’avoir et de conserver le pouvoir, laissant le soin aux politichiens de gouverner – selon leurs directives – toujours présentées comme des avis éclairés -, bien sûr. Mais les politichiens n’étant plus à la hauteur, la Commission a décidé de prendre les choses directement en main. Elle exerce donc le gouvernement à Athènes, à Rome et à Francfort, où la Banque centrale européenne est dirigée par un autre trilatéraliste goldmano-sachsien, Mario Draghi.
Les prédécesseurs de Papademos et Monti, le catastrophique Papandréou et le partouzeur mafieux Berlusca avaient, eux, au moins, été élus. Mais pas les deux trilatéralistes.
La Trilatérale est à la démocratie européenne ce que le Triangle des Bermudes est à la navigation ; un vortex mortel où elle risque de disparaître corps et biens.
Je dis donc avec les Grecs : O λαός(Δήμος) δεν χρειάζεται παπά (O laos/démos den chreiazetai papa  = le peuple n’a pas besoin de papa). Et j’ajoute Τα εν οίκω μη εν Παπαδήμω (Ta en oiko mi en Papadimo = le peuple ne doit pas laisser son argent entre les mains de Papademos) (expression parodiant celle-ci : Τα εν οίκω μη εν δήμω (Ta en oiko mi en dimo = ne pas divulguer ce qui se passe dans la vie personnelle).
Contre la dictature triangulaire, une seule solution : la révolution circulaire !
Ayman El Kayman, apprenti  en géométrie révolutionnaire

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !
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