mardi 13 mai 2014

N° 142-Haram soit qui mal y pense

Comme nous (sur)vivons dans une époque de plus en plus maboule, il faut s'attendre à tout. Par exemple que le Président au nom de fromage – lui n'est même pas rouge à l'extérieur, mais rose très pâle – envoie de valeureux pioupious des forces spéciales françaises (RPIMA et/ou REP) en goguette au Nigeria pour sauver les pauvres fillettes enlevées par les horribles bokoharamistes, qui les revendent dans les pays voisins pour la modique somme de 12 dollars. À moins que le Petit Gouda National ne se fasse doubler par Super-Bounty (Noir dehors, blanc dedans), lequel pourrait envoyer quelques drones pour pulvériser les enturbannés -et sans doute leurs victimes avec, ce qu'on appelle en slang yankee des « dommages collatéraux ».

Bien sûr, le sort de ces pauvres fillettes ne peut qu'émouvoir, même les vieux sauriens au cuir tanné. Mais réfléchissons un instant au sort de ces fillettes, quand elles ne sont pas kidnappées par d'affreux barbus enturbannés et raybannisés. Elles vont à l'école, quand elles peuvent, jusqu'à 13-14 ans. Ensuite, c'est boulot-sans métro-peu de dodo: dans leur famille, ou dans une famille proche ou chez des amis d'amis de leur famille, ou même chez une famille nigériane ou british dans la Perfide Albion. Bref, l'esclavage moderne: des milliers de jeunes filles nigérianes sont ainsi réduites en esclavage, non pas par des méchants barbus, mais par des respectables bourgeois, noirs et/ou blancs, au "cœur" de l'Europe unie (ouais) démocratique (re-ouais) et prospère (re-re-ouais). Et là, aucun risque que l'armée de Sa Majesté ou une autre vienne les libérer.

De quoi se plaindraient-elles ? Elles sont nourries, logées, et si l'on ose dire, blanchies. Et si elles se retrouvent engrossées par leurs maîtres à peine sorties de la prime enfance, qu'à cela ne tienne: la société moderne, au Nigeria comme en Grande-Bretagne, a les moyens d'interrompre les grossesses indésirables, vite fait-bien fait, ni vu-ni connu ! Mais ce n'est rien à côté du sort de centaines de très jeunes filles, principalement nigérianes, forcées à la prostitution dans l'ensemble des Iles britanniques, très-catholique Irlande comprise, enfermées dans des bordels-bagnes.

Certains se souviennent peut-être encore du trio infernal constitué par Thomas Carroll, sa femme Shamiela et sa fille Toma, condamnés en 2011 par un tribunal de Cardiff à des peines sommes toutes légères (de 3 à 7 ans de prison) pour leurs crimes. Ils géraient 35 bordels en Irlande du Nord et du Sud, qui leur rapportaient plus d'un million d'Euros de bénéfices par an. Avec leur trafic de chair fraîche nigériane et sud-américaine, ils avaient pu s'acheter 7 maisons, dont 4 en Afrique du Sud, et 4 bagnoles. La justice british a fait un drôle de deal avec le trio esclavagiste, leur laissant le choix entre payer des amendes et passer quelques années de plus en prison. Autrement dit, la justice – l'État ! – a récupéré l'argent du proxénétisme, se faisant super-proxénète. Elle est belle, la morale puritaine ! Et cette affaire n'est qu'une parmi toutes celles qui ont défrayé la chronique british...pour être presque aussitôt oubliées ! 


Pour en revenir au Nigeria, il n'y a pas photo : les médias mondiaux ont été longs à la détente avant de parler de l'enlèvement des filles de Chibok. Et si l'événement a fait la Une, c'est sans doute lié au fait que le pays devait être l'hôte du Forum économique mondial sur l'Afrique –le Davos du continent noir - qui devait s'ouvrir le 7 mai à Abuja. Et une fois que la machine s'est mise en branle, on a assisté à l'escalade, avec le top atteint par l' "appel poignant" de la Mère Michelle Oh-Bah-Mah. Il n'y a que BHL qu'on n'a pas entendu. Le p'tit gars est p'tèt un peu traumatisé par son aventure libyenne et l'échec de son aventure syrienne. Bref, attendons les drones.


L'inimitable Goodluck (=Bonnechance) Jonathan, président du Nigeria, dont les bokoharamistes perturbent quelque peu les rêves de grandeur économique et d'investissements occidentaux (pour faire peur aux capitaux pétromonarchiques, indiens ou chinois, il en faut plus que des barbus allumés…)


Un dessin de KHARTOON!, un dessinateur qui se présente ainsi : "Khartoon est un mix de Khalid, mon nom, Khartoum, la ville d'où je viens et cartoon, ce que je fais"


Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

...et à la semaine prochaine

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