lundi 25 juin 2007

N°42 – La Brigade Arc-en-ciel des Amazones du Nouvel Attila


Le gouvernement Fillon II, formé le 19 juin, au lendemain des élections législatives, comprend quatre super-nanas qui gagnent à être connues, une ministre et trois secrétaires d’État. Ces quatre jeunes femmes – l’Algéro-marocaine, la Française à l’ancêtre polonais, la Kabylo-auvergnate et la Sénégalaise, constituent en quelque sorte la Brigade Arc-en-ciel des Amazones du Nouvel Attila. Là où elles passeront, l’herbe risque de repousser, mais génétiquement modifiée. Je commence donc par vous présenter ces quatre Cavalières de l'Apocalypse, avec l’aide de wikipédia, l’encycloplédie en ligne. J'aurai l'occasion de revenir sur ces dames dont les faits et gestes seront très surveillés.

Rachida Dati, 42 ans, Garde des Sceaux, ministre de la Justice
Née le 27 novembre 1965 à Saint-Rémy en Saône-et-Loire, Bourgogne, elle a été porte-parole du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle française de 2007
Fille d'un maçon marocain et d'une mère algérienne, deuxième d'une famille de douze enfants (huit filles et quatre garçons), elle passe son enfance à Chalon-sur-Saône, dans le quartier des Prés-Saint-Jean. Sa scolarité se déroule dans une école privée catholique puis au lycée public Mathias.
Pour financer ses études, étant issue d'une famille modeste, Rachida Dati effectue plusieurs petits boulots, notamment comme vendeuse au porte-à-porte ou aide-soignante. Elle suit un parcours universitaire pour obtenir une maîtrise de sciences économiques et une autre en droit public, un MBA (financé par Matra, avec l'appui de Jean-Luc Lagardère).
En 1987, elle devient chargée d’étude auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine grâce à Albin Chalandon, tout en poursuivant des études supérieures en sciences économiques et gestion des entreprises. Après une rencontre avec Jean-Luc Lagardère en 1990, elle entre à la direction de l'audit de Matra communication, puis en 1993 passe un an à Londres, auprès de Jacques Attali à la BERD[5], toujours dans l'audit. En 1994, elle est contrôleuse de gestion et secrétaire générale du bureau d'études sur le développement urbain à la Lyonnaise des eaux, puis de 1995 à 1997 conseillère technique à la direction juridique du ministère de l'Éducation nationale.
Sur les conseils de Simone Veil, elle entre à l'école nationale de la magistrature, admise sur titre (art.18-1 et 18-2 du statut de la magistrature) sans passer le concours d'entrée, où elle étudie de 1997 à 1999. Elle est auditrice de justice au tribunal de grande instance de Bobigny puis occupe le siège de juge commissaire aux procédures collectives au tribunal de grande instance de Péronne et enfin est nommée substitut du procureur au tribunal d'Évry.
En septembre 2003, elle devient conseillère de Nicolas Sarkozy, pour qui elle travaille sur le projet de loi sur la « prévention de la délinquance », et, entre décembre 2004 et juin 2005, est directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine. Réintégrant le cabinet du ministre de l'Intérieur ensuite, elle s'inscrit à l'UMP en décembre 2006. Elle est nommée le soir du dimanche 14 janvier 2007 porte-parole de Nicolas Sarkozy, désigné le même jour candidat du parti UMP pour l'élection présidentielle française de 2007.
Après la victoire présidentielle de Nicolas Sarkozy, elle entre dans le gouvernement Fillon en tant que Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Elle est la première personnalité ayant des origines nord-africaines à diriger un ministère régalien.
Le 31 mai 2007, Jean-Marie Le Pen a déclaré souhaiter que toutes les personnes susceptibles d’avoir une nationalité étrangère en plus de la française fassent un choix entre les deux, citant le cas de la Garde des sceaux.
D'après Le Parisien/Aujourd'hui en France, Rachida Dati pourrait être invitée à porter le drapeau de l'UMP aux prochaines municipales à Chalon-sur-Saône.
Rachida Dati est membre de l'Institut Montaigne, du club Le Siècle et cofondatrice du Club XXIe Siècle.


Nathalie Kosciusko-Morizet, 34 ans, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie auprès de Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie
Nathalie est issue d'une vieille famille politique française. Descendant de la famille du patriote polonais Tadeusz Kosciusko*, elle est la fille du maire de Sèvres, François Kosciusko-Morizet et de Bénédicte Treuille, enseignante. Elle est également la petite-fille de Jacques Kosciusko-Morizet, résistant gaulliste de la première heure et ambassadeur de France, et l'arrière-petite-fille d'André Morizet, sénateur-maire SFIO de Boulogne-Billancourt.Par ailleurs, elle est la sœur de Pierre Kosciusko-Morizet, P.-D.G. de Priceminister.
Sa scolarité se passe au lycée de Sèvres, au lycée Daniélou de Rueil-Malmaison puis au lycée Louis-le-Grand à Paris.Polytechnicienne (promotion 1992), elle a choisi la biologie comme spécialité et est aussi ingénieur de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF), et membre du corps des ingénieurs du génie rural, des eaux et des forêts.
Proche du Président de la République Jacques Chirac, elle a été le rapporteur de la Charte de l'environnement et de la mission d'information sur l'effet de serre. Elle s'est ainsi distinguée localement dans la défense de l'environnement (nuisances aériennes, projets d'infrastructures) et de l'emploi (Alcatel, Thales, Sanofi). Comme parlementaire, elle s'est aussi distinguée par son activisme en faveur de la défense du consommateur, notamment dans la lutte contre les frais bancaires abusifs imposés par les banques.
Membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), elle est d'abord responsable de l'environnement à la direction des études puis présidente du groupe parlementaire santé et environnement à partir de 2002. Depuis 2003, elle est secrétaire nationale chargée de l'écologie et depuis 2004, présidente de l'association Consodurable et administratrice de la Fondation Charles-de-Gaulle.
Depuis les élections régionales de mars 2004, elle est aussi conseillère régionale (UMP), pour la région Île-de-France.
Lors des élections législatives de juin 2007, elle obtient 46,97 % des voix au premier tour face à 14 autres candidats dont Olivier Thomas (25,04 %) son concurrent socialiste pour le second tour. En 2002, Pierre-André Wiltzer avait obtenu 44,09% au premier tour. Au second tour, elle est élue députée avec 56,09 % des voix face au socialiste Olivier Thomas (43,91 %)
*Andrzej Tadeusz Bonawentura Kościuszko (1746 – 1817) est un héros national polonais, lituanien et bielorusse, général et dirigeant du soulèvement de 1794 contre la Russie. Il participe à la guerre d'indépendance américaine comme colonel dans l'armée continentale aux côtés de Washington. En signe de reconnaissance de ses services, il est élevé par le Congrès au grade de général de brigade en et naturalisé citoyen des États-Unis en 1783. Une ville du Mississipi porte son nom.

Fadela Amara, 43 ans, secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville


Présidente de l'association Ni putes ni soumises, de son vrai nom Fatiha Amara, elle est née en 1964 à Clermont-Ferrand. Elle est issue d'une famille algérienne (Petite Kabylie) de onze enfants, elle a quatre sœurs et six frères. Son père était un ouvrier en bâtiment la semaine, et il travaillait sur les marchés le week-end. Sa mère était femme au foyer.
Se destinant à des études de lettres, elle est finalement orientée vers un CAP d'employée de bureau. En 1978, à l'âge de 14 ans, Fadela Amara assiste au drame qui va changer sa vie. Son frère Malik est renversé par une voiture. Il décède quelques heures plus tard. Elle dit avoir été bouleversée par l'attitude des policiers, qui auraient défendu le chauffard sur les lieux même de l'accident.
Elle participe ainsi à la première marche civique à Clermont-Ferrand pour l’inscription des jeunes sur les listes électorales. Dès 16 ans quand la mairie de Clermont-Ferrand décide de raser entièrement son quartier, elle décide de faire du porte-à-porte pour en obtenir la réhabilitation.
Elle participe en 1983 à la marche des beurs et elle milite à SOS Racisme à partir de 1986. Elle est élue en 2000 présidente de la Fédération nationale des maisons des potes (FNMP).
En 1989 elle met en place la « Commission femmes » dont le principal objectif était de faire un état des lieux sur les femmes des quartiers et d'entendre les demandes formulées par la population vivant dans les quartiers.
Elle est ensuite élue conseillère municipale du Parti socialiste à Clermont-Ferrand en 2001, mais n'y siègera jamais.
En 2002 elle organise des états généraux à la Sorbonne qui ont réuni plus de 250 femmes et elle a rédigé une pétition qui compte près de 20 000 signataires, elle met en place un tour de France de l'association Ni putes ni soumises qui s'achèvera à Paris le 8 mars 2003.
La soeur de Sohane dénonça la récupération de la mort de sa soeur par Fadela Amara.
En 2005, elle est faite docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles et en 2006 elle reçoit un Honorary Degree for French civil rights campaigner de la Manchester Metropolitan University[2].
Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Rama Yade, 31 ans, secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des affaires étrangères et des droits de l'Homme
Rama Yade (prononcer Yade et non Yadé), de son vrai nom Ramatoulaye Yade-Zimet, est née le 13 décembre 1976 à Dakar (Sénégal).
Son père est un diplomate, secrétaire particulier du président Léopold Sédar Senghor. Il la sensibilise à la politique dès son plus jeune âge. Sa mère est professeur et la famille est de religion musulmane.
Elle vit à Dakar jusqu'à l'âge de 8 ans. En 1987, la famille de Rama Yade quitte le pays pour la France où son père est envoyé en mission. La famille vit d'abord dans un quartier résidentiel de Colombes, en banlieue parisienne.
Après le départ de son père, elle est élevée par sa mère avec ses 3 frères et soeurs dans une cité modeste de Colombes dans les Hauts-de-Seine.
En 1994, elle passe son baccalauréat à Colombes (92).
Diplômée en 2000 de l'Institut d'études politiques de Paris, elle entre par concours au Sénat comme administratrice en 2002.
Après avoir travaillé pour la commission des affaires sociales du Sénat où elle a été en charge de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'Outre-Mer, elle est détachée auprès de Jean-Pierre Elkabbach, à la Chaîne parlementaire Public Sénat, au début de l'année 2005, où elle devient directrice adjointe des programmes puis directrice de la communication.
En 2006, elle réintègre les cadres du Sénat comme administratrice au sein du service des collectivités territoriales où elle est en charge des aspects sociaux de la décentralisation.
En 2005, bien qu'issue d'une famille de gauche, elle rejoint l’UMP. Elle avoue que ce ralliement doit surtout à la personne de Nicolas Sarkozy dont elle déclare admirer le charisme et non aux valeurs traditionnelles de la droite.
Le 6 mars 2006, elle fait partie des douze femmes promues dans les instances de l'UMP où elle est nommée secrétaire nationale chargée de la francophonie.
Elle est propulsée sur la scène médiatique le 14 janvier 2007 lors du congrès d’investiture de Nicolas Sarkozy où elle s'en prend avec virulence au parti socialiste qu'elle accuse de cécité et à des élites de gauche « sans projet, sans idée, sans vision » qu'elle accuse d'avoir instauré une « République du guichet » en accordant aux enfants de l'immigration « de la pitié plutôt que le respect ».
Elle invoque souvent en référence la figure de Gaston Monnerville, l'ancien président du Sénat qui fut également un opposant emblématique à l'élection du président de la République au suffrage universel.
Durant la campagne présidentielle, elle réapparaît lors de meetings de Nicolas Sarkozy, partageant également avec Rachida Dati, les faveurs des médias.
Ses positions s'écartent parfois de la ligne officielle de l'UMP[5]. Ainsi, Yade s'est prononcée contre la constitution européenne en 2005 et ne s'est pas déclarée choquée par l’intervention américaine en Irak, estimant toutefois « le résultat pas vraiment à la hauteur des attentes ».
Elle est vice-présidente du Club XXIe siècle qui milite en faveur de la diversité et membre du club Averroès qui regroupe des professionnels pour promouvoir les "minorités actives" dans les médias français.
Son mari, Joseph Zimet, est chargé des relations avec les ONG à l’Agence française de développement, et est sympathisant socialiste. D'après Rama Yade (émission Franc Parler sur France-Inter du 18 juin 2007) son mari n'est pas formellement membre du Parti socialiste au sens « encarté ». Elle a confirmé qu'il a voté pour Mme Royal au 1er tour.
Elle vient de publier le livre Noirs de France, les Nouveaux Neg'marrons, Récit d'un rendez-vous manqué entre la République et les Afro-antillais, Calmann-Lévy, 2007 ;
Ça vous en bouche en coin, avouez-le, non ?


Proposition de tenue d’apparat pour les Amazones de Sarko-Borloo

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 18 juin 2007

N°41 – Rose bonbon

Eh non, ça n’a pas été la déferlante, mais seulement une amère victoire: l’UMP comptait avoir plus de 350 députés élus, elle n’en a que 314. À qui la faute ? Tous désignent Jean-Claude Borloo, le ministre de l’Économie, qui s’est fait tout simplement piéger par Laurent Fabius au soir du 10 juin, sur TF1, en annonçant une augmentation de la TVA pour « financer les délocalisations ». Selon Raffarin, cette « TVA sociale » a fait perdre 60 députés à l’UMP. Au-delà de cette anecdote, l’électorat français a fait preuve de sa légendaire intelligence et, après avoir donné un coup de massue bleu à l’élection présidentielle, il a donné un coup d’aiguillon rose bonbon aux législatives. Mais de nouveau, le premier parti de France ont été les abstentionnistes : 40%, soit 14 millions d’électeurs.
La défaite la plus cinglante pour le parti sarköziste a eu lieu à Bordeaux, où Alain Juppé s’est fait éliminer.
La défaite la plus logique est celle d’Alain Carignon dans l’Isère. Apparemment, les électeurs n’aiment pas voir des repris de justice siéger à l’Assemblée nationale.
Mais la défaite la plus réjouissante est celle d’Arno Klarsfeld à Paris. Les électeurs du 12ème arrondissement n’ont pas été séduits par l’ancien garde-frontières israélien.
À gauche, le grand perdant, c’est Jean-Pierre Chevénement, le maire de Belfort et chantre du « souverainisme » de gauche, qui n’a pas pu retrouver le siège de député perdu en 2002. La fin de sa carrière – à 68 ans, on peut prendre sa retraite – coïncide avec la fin de son Mouvement citoyen.
Bref, la gauche s’en est pas trop mal sortie. On va voir maintenant comment elle va se « recomposer ». Jean-Luc Mélenchon a assisté à Berlin au congrès fondateur du nouveau parti de gauche, « Die Linke » (La Gauche), créé par les anciens communistes de l’Est de Gregor Gysi et les socialistes dissidents emmenés par Oskar Lafontaine. Verra-t-on une initiative similaire en France ? Verra-t-on la LCR, une partie du PCF, la gauche socialiste, certains Verts et quelques anti-libéraux se regrouper pour créer un nouveau parti ? C’est difficile à imaginer. L’heure serait plutôt au divorce.
À l’image du couple le plus célèbre de cette année électorale, qui vient de se séparer dans la vie privée, mais reste uni dans la vie publique.
« Je voudrais dire très simplement que nous avons décidé de ne plus être ensemble. Comme tous les couples, nous avons connu des difficultés. Ces difficultés, j'avais choisi de les mettre entre parenthèses pendant la campagne (...) C'était aussi pour moi une nécessité pour protéger mes enfants. Et aujourd’hui je crois que nous rentrons dans une nouvelle étape, c’est important de dire les choses comme elles sont…Nous ne sommes plus au même domicile… » C’est ce qu’a déclaré Canine Royale Suprême dans une «
interview exclusive » diffusée par France-Inter, une interview réalisée samedi, qui aurait du être diffusée mardi matin mais l’a été lundi matin, suite aux « pressions médiatiques ». Un petit bijou médiatique, ne serait-ce que par le long soupir que l’on entend au début de l’interview.
Pour conclure sur la gauche, les communistes ont connu un « succès » inespéré en obtenant 18 sièges. Il ne leur manque donc qu’un député pour constituer un groupe parlementaire. Les 4 élus verts devraient les rejoindre dans ce groupe. À défaut de mariage d’amour, un PACS de raison…
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 11 juin 2007

N° 40 - Bleu Marine

Yves Klein

En novembre 1919, avec la victoire du Bloc national, les élections législatives donnent à la France une Chambre « bleu horizon », la plus à droite depuis 1871. Bleu comme la couleur de la droite, bleu comme l’uniforme des Poilus de 14-18. Ce tsunami de droite était porté par une vague de patriotisme et la peur du bolchevisme. Le slogan du Bloc national : « l’Allemagne paiera ». Et pour convaincre l’Allemagne défaite de payer pour la guerre, l’armée française occupera la Ruhr en 1923. Ce sera un échec, qui ne contribuera qu’à une chose : fouetter le nationalisme allemand, avec le résultat que l’on sait : dix ans plus tard, Adolf Hitler est élu Chancelier du Reich. Dès les lendemains de sa constitution, le gouvernement « bleu horizon » réprime la grève des cheminots – 15 000 d’entre eux sont licenciés – et les manifestations du 1er Mai 1920. 5 ans plus tard, le Cartel des Gauches gagnera les élections
En juin 1968, les élections législatives donnent aussi une majorité écrasante au parti de la peur et de la réaction à la « subversion » du joli mois de Mai. Un an plus tard, De Gaulle était chassé purement et simplement du pouvoir.
Au lendemain du premier tour des élections de juin 2007, on constate ce qui suit :
- de 37% à 39,5% des électeurs se sont abstenus, le plus fort score d’abstention depuis 1958 ;
- L'UMP et ses alliés oscillent entre 41,3% et 45,8%, ce qui serait le score le plus élevé depuis les 46,7% aux législatives de 1978. La gauche et ses alliés recueilleraient près de 37% des voix, le Mouvement démocrate de François Bayrou avoisine les 7%, le Front national les 5%, son plus mauvais score depuis son apparition sur l'échiquier politique dans les années 80 ;
- TNS-Sofres crédite la droite (UMP-Nouveau Centre-Divers droite) de 45,8%, la gauche (y compris les Verts) de 36,4% et le MoDem de 7,4%, le FN et Mouvement national républicain de 4,6%.
On peut d’ores et déjà conclure que :
- le Front national a été laminé (à l’exception de Marine Le Pen, qui a recueilli 24,47% des voix dans le Pas-de-Calais et affrontera le candidat socialiste au deuxième tour) et Sarközy, en intégrant l’essentiel du bagage idéologique frontiste, a récupéré le plus gros des troupes électorales du Bâtard borgne breton. Cela met un terme au rôle historique joué par Le Pen, qui était de diviser la droite pour permettre à la gauche de gagner. La Chambre bleu sarközy sera donc une chambre bleu…Marine !
- l’hypothèse du « Nouveau Centre » de Bayrou (le « modem » orange, qui ressemble à une mauvaise copie de la pub… d’Orange, l’opérateur Télécom) est pratiquement balayée. Les opportunistes (Azouz Begag à Lyon, Claude Ribbe à Sarcelles) et autres transfuges (les ex-Verts Jean-Luc Bennahmias à Marseille et Olivier Pagès à Paris) ont raté leur coup. Ils ne seront pas députés.
Bref, cette rhapsodie en bleu Marine a de quoi filer le blues !
Le mot de la fin à Robert Solé, dans le Monde du 5 mai dernier :
« Selon les sondages, ce ne sera pas une vague bleue, mais un raz de marée, un tsunami. Les heureux députés de la majorité présidentielle commandent déjà leur garde-robe. Le costume bleu nuit s'impose, bien sûr, avec une chemise azur. On fait aussi de très jolies chaussures marine. Attention ! Le chef de l'État, grand cordon bleu de la cuisine électorale, ne veut pas d'une majorité "godillot". Chacun doit pouvoir exprimer sa différence, avec audace et imagination. Une pochette turquoise, par exemple, serait du meilleur effet. Une cravate bleu de Prusse témoignerait d'une ouverture internationale. Pour les bretelles et les caleçons, ne pas hésiter à explorer tout l'arc-en-ciel : bleu outremer, bleu lavande, bleu pervenche, bleu pétrole, bleu roi...Mais vous n'avez pas, Messieurs, le monopole de la couleur, comme dirait Valéry Giscard d'Estaing. Regardez François Bayrou : couvert de bleus, il repart vaillamment au combat. Et si le PCF a une peur bleue de disparaître, c'est une rose un peu fanée qui donne aux socialistes des bleus à l'âme. »
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

Joan Miró, Bleu II

lundi 4 juin 2007

N°39 – Les Ogres de Barback et le peigne-cul sarkozyen

Blottie au fond d’une vallée des Monts du Jura, Oyonnax est une charmante ville de 25 000 habitants située entre Lyon et Genève, dans le département de l’Ain. Spécialisée dans la fabrication de peignes en corne au XIXème siècle, la vallée du Haut Bugey est devenue la « plastics valley » à partir de 1925, avec les premières lunettes en plastique, puis avec le polystyrène (1936) et les nouvelles matières utilisées par injection (1953).

Il n’y aurait rien à raconter sur Oyonnax qui fut héroïque pendant l’occupation nazie (elle est Croix de guerre et médaille de la résistance), si cette ville n’avait un maire qui est un véritable peigne-cul.



Le 5 mai dernier, le groupe Les Ogres de Barback donnait un concert au centre culturel qui porte le nom du poète communiste Louis Aragon. Ce groupe, créé en 1994 par quatre frères et sœurs de Cergy-Pontoise, Alice, Mathilde, Sam et Fredo Burguière, remporte un franc succès auprès d’un public mélangé car il pratique un syncrétisme alliant les influences de Brel, Brassens, Ferré, Renaud, le freejazz, le rock alternatif et la musique tzigane. Bref, un vrai fleuron de la nouvelle musique française.


Le 10 mai, le groupe a reçu le courrier suivant du maire d’Oyonnax, digne de figurer dans le GNLRS (Grand Livre Noir de la Repüblik de Sarköland) :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
OYONNAX, le 10 mai 2007


VILLE D'OYONNAX
Jacques GOBET
Maire d'OYONNAXJG/CV
« Les Ogres de Barback »
Madame Virginie HUREL, Présidente
242 avenue Jean Jaurès
95 100 ARGENTEUIL
Madame la Présidente,

J'ai, dès le dimanche 6 mai au matin, été informé de l'incident qui a eu lieu au Centre Culturel lors du spectacle donné le samedi 5 mai au soir par les « Ogres de Barback », incident au cours duquel le spectacle a servi de prétexte à une action de propagande politique dirigée contre l'un des candidats à l'élection présidentielle, Nicolas SARKOZY, et en faveur de son adversaire, Ségolène ROYAL.
Cet incident appelle 4 remarques de ma part :
1. La prise de position publique a violé la neutralité républicaine qui doit avoir cours à l'intérieur des bâtiments publics.
2. Au moment des faits, la campagne officielle était close depuis la veille à minuit, ce qui constitue une circonstance aggravante.
3. La prise de position des artistes a heurté et choqué les convictions d'une partie importante du public qui n'a pas manqué, dès le lendemain et les jours suivants, de m'en faire pan.
4. Cette intervention intempestive autant que mal venue a eu lieu au cours d'un spectacle pour lequel les artistes étaient payés par la Ville d'Oyonnax : elle a donc eu lieu aux frais des contribuables locaux d'une ville où les électeurs ont voté SARKOZY à près de 60 %.
Sur ces 4 points, j'exige des explications écrites de la part des artistes des « Ogres de Barback »
Dans l'attente, je vous prie d'agréer, Madame la Présidente, mes salutations distinguées.
Le Maire

J. Gobet

HÔTEL DE VILLE – B.P. 817 – 01108 CEDEX – TÉL ; 04 74 77 00 06 – FAX 04 74 77 18 60


Et voici la réponse exemplaire des Ogres de Barback à Môssieu Jacques Gobet
les OGRES de BARBAiCK
242 Avenue Jean Jaurès - 95100 ARGENTEUiL
Monsieur,
Dans votre courrier, vous vous permettez d'exiger une réponse de notre part. Mais qui êtes-vous donc et quelle saurait être votre légitimité pour exiger quoi que ce soit d'artistes, aussi libres que n'importe lequel des citoyens de ce pays ?
Tout d'abord sachez. Monsieur, que la personne qui vous a informé ne semble pas en mesure d'apprécier correctement le sens des mots. En effet, il n'y a eu aucun « incident » lors de notre représentation. Un passage vidéo de notre spectacle, non relayé par la moindre intervention orale des membres de notre groupe qui plus est [ce qui serait pourtant notre légitime droit d'expression], a semble-t-il dérangé l'un(e) des élu(e)s de votre commune. Cela s'arrête là.
Vous conviendrez. Monsieur, qu'il n'y pas lieu ici de parler d'« incident ».
Si, donc, nous avons choisi de répondre à cette missive hargneuse et foncièrement creuse en termes d'argumentation, c'est pour vous rappeler à notre tour quelques évidences qui semblent vous échapper :
II est profondément dommage qu'un élu de la République ignoré que le principe de neutralité républicaine ne s'applique, bien évidemment, qu'aux agents de l'Etat dans l'exercice de leurs fonctions. C'est, en outre, un principe applicable aux personnes et non aux lieux, que ceux-ci soient publics ou non.
Le problème. Monsieur, tient dans le fait que vous mélangez malheureusement un certain nombre de choses pour servir votre propos, qui s'en trouve, du coup, profondément décrédibilisé.
Ainsi, la date de clôture de la campagne officielle ne concerne qu'une minorité de catégories, dont les principales sont les partis politiques ou associations affiliées à ceux-ci, et à quelques autres [audiovisuel, notamment).
Vous serait-il également venu à l'esprit d'interdire, entre le vendredi 4 mai à 23h59 et le dimanche 6 à 20h, à vos contribuables, citoyens au même titre que nous, de débattre de politique là où ils le veulent ?
Vous affirmez ensuite qu'une partie importante du public aurait été heurtée dans ses convictions : notre groupe, puise une part de sa reconnaissance dans le fait de véhiculer à travers ses chansons des valeurs d'humanisme, de générosité et de tolérance.
Ce que vous écrivez ne saurait donc recouvrir la moindre réalité. Il faut avoir été absent ce soir-là pour oser poser sur le papier de telles aberrations ! Surtout, depuis quand les artistes, peu importe le champ dans lequel ils évoluent, doivent-ils prendre garde à ne heurter personne ? À vous entendre, nombre d'auteurs de théâtre ou de chansons devraient être interdits de représentation dans votre ville (nous vous épargnons cette liste).
Vous manifestez là une approche de la culture quelque peu effrayante. La prise de position reste, qu'elle aille ou non dans le sens du pouvoir en place, indispensable à toute démocratie. Croyez bien que nous en sommes désolés pour vous, Monsieur, mais c'est ainsi.
Enfin, et c'est la cerise sur cet indigeste gâteau, vous brandissez un argument particulièrement novateur. Une ville devrait, pour les dépenses qu'elle prend en charge au niveau culturel tout au moins, tenir compte, en pourcentage, de l'orientation politique de ses habitants. Il vous faudrait donc accueillir, à cachet équivalent, trois spectacles estampillés « de droite » pour deux autres que vous présenteriez « de gauche ». Lecole républicaine nous avait pourtant appris qu'un édile doit raisonner en terme d'intérêt général plutôt que d'orientation partisane.
Et, tant qu'à être cohérent, vous devriez commencer par débaptiser votre Centre Culturel Aragon, pour lui substituer celui de Johnny Hallyday ou de Doc Gynéco.
Monsieur, nous ne vous saluons pas. PS : II va de soi que nous entendons donner une certaine publicité à votre courrier. A bon entendeur...
Les Ogres de Barback
Si vous ne connaissez pas encore les Ogres de Barback, voci les prochaines occasions de les entendre live :
09/06/2007 - Le Zenith - Dijon (21)
16/06/2007 - "Un Printemps au Parc et les Bakayades" - Grand Quevilly (76)
28/06/2007 - La Sarabande des Bouchauds - Rouillac (16)
29/06/2007 - Festiv'été - Moutiers sous Chantemerle (79)
30/06/2007 - Festival EHZ - Idaux Mendy (64)
01/07/2007 - Festival Fest'Route - Tournon sur Rhone (07)
05/07/2007 - Domaine de Montjoux - Thonon les Bains (74)
06/07/2007 - L'Ile d'Or - Amboise (37)
07/07/2007 - Lac de Montendre - Montendre (17)
08/07/2007 - Festival Roule ma Poule - Avallon (89)
13/07/2007 - Esplanade St Jean d'Acre - La Rochelle (17)
15/07/2007 - Dour Festival - Dour (Belg)
17/07/2007 - Festival de la Pleine Lune - Montselgues (07)
28/07/2007 - Festival les 3 éléphants - Lassay les châteaux (53)
10/08/2007 - Lac de Villegusier - Langres (52)
11/08/2007 - Festival Du bout du Monde - Crozon (29)
13/08/2007 - Festival Musicalarue - Luxey (40)
15/08/2007 - Festival Musicalarue - Luxey (40)
23/11/2007 - Salle de la carrière - St Herblain (44)
24/11/2007 - Cité des Congrès - Nantes (44)
Et visitez leur site web http://www.lesogres.com

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 28 mai 2007

N° 38 – Vol Air France 796 Paris-Bamako, samedi 26 mai 2007, aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en Repüblik de Sarköland

Le samedi 26 mai 2007, le cinéaste Laurent Cantet (Ressources humaines, L'Emploi du temps) son assistant et directeur de production, Michel Dubois et leur équipe de tournage ont été témoins de scènes barbares à bord d’un vol Air France à destination de Bamako. Ils racontent :

« Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako. Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l'avion. Une reconduite à la frontière classique.
Deux personnes tentent de contenir un homme d'une quarantaine d'années qui se débat violemment. On croit d'abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître.
S'ensuit une scène d'une grande violence : l'un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l'autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n'a aucun effet sur les violences en cours.
L'un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l'opération, qui menace d'arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires. Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l'homme n'est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.
Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l'évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran l'émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l'appareil, rajoutant à la confusion.
C'est alors qu'une bonne dizaine d'agents de la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l'appareil. Désigné par la responsable de l'opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D'autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.
A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché : Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l'avion, et même de l'éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d'échange.
Cette proposition inacceptable est d'ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l'égard des passagers qui campent sur leurs positions. Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de "manoeuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son pays d'origine, et de manifestations d'une minorité de passagers pour expliquer l'annulation du vol.
Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l'état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l'appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.
Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d'ailleurs permis de douter, puisqu'afin de ne pas attirer l'attention des autres voyageurs, les policiers avaient d'abord décidé de le faire voyager sans le menotter).
Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d'avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l'attitude du Commandant de bord d'Air France qui n'est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu'il se soit d'assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.
Nous sommes enfin révoltés d'avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d'une telle brutalité ? Pouvions-nous accepter l'arbitraire de l'arrestation de l'un d'entre nous dont le seul tort avait été de s'indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l'état de notre démocratie.
Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu'elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.
Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l'a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager malien, nous n'avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.
Des passagers du vol AF 796»

Épilogue provisoire de cette affaire, relaté par le Réseau Éducation sans frontières :
« Le Malien dont l'expulsion a été empêchée le 26 mai par l'intervention de passagers indignés des violences qu'il subissait sur le vol Air France Paris-Bamako est libre.
En effet, bien que la police l'ait particulièrement chargé en portant plainte pour trois motifs (« opposition à une mesure d'éloignement », « refus d'embarquement » et « coups et blessures contre un policier »), le Juge des libertés et de la détention du TGI de Bobigny a décidé de ne pas le traduire en comparution immédiate, de le libérer et de le convoquer en justice le 28 juin.
Une décision qui est un démenti cinglant aux rumeurs colportées aussi bien par les policiers dans l'avion que par un collaborateur du ministre tendant à le faire passer pour un dangereux délinquant.
Les conditions de brutalité particulièrement choquantes dans lesquelles s'est déroulée cette tentative d'expulsion sont aussi un démenti sans appel aux propos du nouveau ministre qui, dans ses déclarations, prétend conjuguer "fermeté et d'humanité" (« l'un ne va pas sans l'autre ») alors que dans les faits, la brutalité et elle seule préside aux expulsions.
Cette violence à l'égard des expulsés s'accompagne d'une volonté de plus en plus affirmée de réprimer tous ceux qui seraient tentés de ne pas laisser faire, de ne pas se taire, de ne pas fermer les yeux.
Cette affaire, qui a conduit à l'annulation du vol du 26 mai pour Bamako place Air France devant ses responsabilités : rien, aucune loi, aucun règlement n'oblige une compagnie aérienne, privée de surcroît à accepter des voyageurs contraints sur ses vols, menottés, parfois bâillonnés, attachés à leur siège et tabassés quand ils protestent.
Les clients de la compagnie ne prennent pas non plus des billets Air France pour être menacés par la police quand ils s'élèvent contre des scènes choquantes, et, pour certains d'entre eux, évacués de force de l'avion, molestés, placés en garde à vue et poursuivis comme le sont Kadidja et François Auguste traînés en justice et menacé de 5 ans de prison et 18 000 € d'amende pour n'avoir pas toléré les conditions inhumaines imposées aux reconduits. Les passagers d'Air France achètent des billets pour se déplacer dans des conditions normales de sécurité et de confort. Ils veulent voyager dans un avion, pas dans un fourgon cellulaire volant. »

Cette affaire n’est pas la première du genre :
« Pour mémoire, les cas précédents de répression engagée contre des militants du RESF ou des personnes ayant agi dans le cadre de ses actions.
* Michel Guérin jugé pour diffamation à l'encontre d'un préfet, sur plainte du ministre de l'Intérieur de l'époque, M. Sarkozy après avoir protesté dans un courrier contre l'expulsion du journaliste Elvis Kouanga Kazeta. Le verdict est en délibéré.
* Florimond Guimard, instituteur de Marseille, accusé de violence en réunion avec arme par destination pour avoir empêché, le 11 novembre 2006, l'expulsion d'un père algérien de 2 enfants à l'aéroport de Marignane. En réalité, il s'est contenté de suivre avec sa voiture le véhicule de police qui transportait l'expulsé. Il sera jugé le 22 octobre et risque 3 années de prison et 45 000 € d'amende.
* Kadidja, passagère du vol Paris-Bamako du 29 novembre 2006 a protesté avec d'autres contre la présence à bord d'un reconduit qu'elle pensait être Daïm, étudiant toulousain que ses camarades du RUSF et du RESF étaient venu défendre à Roissy. Elle risque 5 années de prison et 18 000 € d'amende pour entrave à la circulation d'un aéronef.
* Le 2 décembre 2006, François Auguste, vice-président de la Région Rhône-Alpes, s'adressait aux passagers d'un vol Lyon-Paris pour tenter d'empêcher l'expulsion d'une famille. Jeté à terre, molesté, placé en garde-à-vue, il est accusé d'entrave à la circulation d'un aéronef. Il sera jugé le 26 novembre à Lyon. Il risque 5 années de prison et 18 000 ? d'amende.
* Tout récemment, quatre militants du Collectif de solidarité avec les Migrants et du RESF de Méru (Oise), par ailleurs militants FSU et CGT (dont le responsable de l'UL de Méru) ont été mis en examen pour diffamation envers le maire UMP de Méru pour avoir taxé de « délation » la volonté affichée du Maire de dénoncer les prétendus 10% de mariages blancs célébrés dans un quartier de la ville. Ils seront jugés le 29 mai au TGI de Beauvais. »
Chers lecteurs, vous êtes donc avertis : désormais, quand vous prendrez l’avion dans un aéroport du territoire sarkölandais, ce sera à vos risques et périls ! Et vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous avait pas avertis !
Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 21 mai 2007

N° 37 – « 22 », la nouvelle série


Une dose de « Dallas », une dose de « Dynasty », une dose de « 24 », une dose de « Soprano », une pincée de Loft Story, un parfum de « Star Academy », le tout assaisonné de souvenirs du « Parrain » : mélangez, servez tiède et ça donne. « 22 », le nom de la nouvelle série télévisée qui passe sur toutes les chaînes françaises en continu. 22, c’est le nombre de protagonistes de la série. Premier rôle : Don Nicco Sarkozzi, nouveau chef de la Coupole. Les 21 autres sont :
Premier ministre François Fillon, UMP, 53 ans.
Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durablesAlain Juppé, UMP, 61 ans.
Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi Jean-Louis Borloo, Parti radical, 56 ans.
Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités locales Michèle Alliot-Marie, UMP, 60 ans.
Ministre des affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner, Parti socialiste, 67 ans.
Ministre de l'immigration , de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement Brice Hortefeux, UMP, 49 ans.
Ministre de la justice Rachida Dati, UMP, 41 ans.
Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité Xavier Bertrand, UMP, 42 ans.
Ministre de l'éducation nationale Xavier Darcos, UMP, 59 ans.
Ministre de l'enseignement supérieur et de la rechercheValérie Pecresse, UMP, 39 ans
Ministre de la défense Hervé Morin, UDF-majorité présidentielle, 45 ans.
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sportsRoselyne Bachelot, UMP, 60 ans.
Ministre du logement et de la ville Christine Boutin, UMP, 63 ans.
Ministre de l'agriculture et de la pêche Christine Lagarde, 51 ans.
Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement Christine Albanel, 51 ans.
Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique Eric Woerth, UMP, 51 ans.
Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, auprès du premier ministre Roger Karoutchi, UMP, 55 ans.
Secrétaire d'Etat à la prospective et évaluation des politiques publiques, auprès du premier ministre Eric Besson, ex-PS, 49 ans.
Secrétaire d'Etat aux transports, auprès du ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durableDominique Bussereau, UMP, 54 ans.
Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes Jean-Pierre Jouyet, 53 ans.
Hors gouvernementMartin Hirsch, 43 ans, président d'Emmaüs-France, haut commissaire aux solidarités actives contre les pauvretés.
Le thème de la série : après de le départ du « Grandfather », Don Chiracco, un nouveau parrain prend sa place et nomme son équipe, dans laquelle on remarque un repris de justice (Alain Juppé) et deux traîtres : Bernard Kouchner et Eric Besson.
Alain Juppé : c’est l’homme dont Don Chiracco a exigé la présence au sein de la Coupole, à la droite de Don Nicco. Juppé est le candidat de Don Chiracco pour l’élection de 2012. En attendant, il sera chargé de faire la liaison avec le Grandfather déchu, lequel va créer une Fondation pour le développement durable, administrée par un vieil ami de la famiglia, Michel Camdessus, ancien président de la Coupoles des Coupoles, le FMI, puis conseiller du Vatican. Après avoir été condamné dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris en 2004, Juppé s’était exilé au Québec où, dans la contemplation des vastes espaces enneigés du grand Nord, il a été touché par la grâce écologiste. Don Nicco, en le nommant, a tenu à remplir la promesse faite à Nicolas Hulot, dont il avait signé le « Pacte écologique », pendant la campagne électorale.
Mais les deux hommes dont la présence dans la Coupole a fait le plus jaser, ce sont Eric Besson et Bernard Kouchner. Don Nicco, dont la phase préférée, répétée dans chacun de ses discours, est « Je ne vous trahirai jamais » -une telle obsession est pour le moins suspecte – a fait très fort, en débauchant deux pontes du Parti socialiste, qui s’en étrangle de fureur. Mais au fait, sont-ce vraiment des traîtres ? Pour Eric Besson, je ne sais pas, mais pour Bernard Kouchner, voici ce que je peux vous dire.
Kouchner, baptisé depuis longtemps par les Palestiniens francophones « Kauchemar », est le doyen des 22. Il a 67 ans, alors que la moyenne d’âge des 21 autres est de 52 ans. On aurait pu penser qu’il avait atteint l’âge de la retraite. Mais non, il a expliqué à ses amis socialistes qu’il avait besoin d’un boulot. C’est qu’après avoir raté la présidence de l’Organisation mondiale de la santé, il était désoeuvré. Son dernier petit boulot ne lui avait rapporté que 30 000 Euro. Il avait concocté un petit rapport vite fait bien fait pur dédouaner l’entreprise pétrolière Total des accusations d’avoir recouru à des travailleurs forcés pour la construction d’un gazoduc en Birmanie. Pour écrire ce rapport, il avait passé : 1 journée à Genève, 1 journée à New York et 1 journée ½ à Rangoon.Depuis 15 jours, les médias français avec un touchant ensemble ont répété matin midi et soir que Kouchner, en Mai 68, était sur les barricades. Faux, faux et archi-faux : en Mai 1968, Kauchemar, qui avait alors 29, était un jeune médecin et opérait au Biafra, où Jacques Foccart, l’homme chargé par De Gaulle de réorganiser l’empire colonial français en Afrique, avait monté une petite sécession pour arracher les ressources pétrolières au Nigeria. Que Kauchemar roule pour l’Élysée n’est donc pas une nouveauté. En 1994, il a remis ça, au Rwanda, où il a mené la mission exploratoire qui a débouché sur l’Opération Turquoise. Cette opération, sous couvert d’intervention humanitaire, a permis d’exfiltrer les responsables et auteurs du génocide rwandais. Kauchemar est l’inventeur de « l’ingérence humanitaire ». Les Soudanais n’ont qu’à bien se tenir : là où Kauchemar trace un « corridor humanitaire », l’herbe n’est pas près de repousser. Sa présence dans la série « 22 » devrait apporter un zeste d’ « Urgences », d’autant plus que le héros d’Urgences, George Clooney, est totalement engagé dans l’opération « Sauvons le Darfour ».Pour conclure, une petite suggestion aux scénaristes de « 22 » : si vous voulez pulvériser les records d’audience, embarquez donc les 22 à bord du yacht Paloma et concoctez-nous une super Loft Story. Si vous trouvez que ça manque de femmes, ajoutez-y Cecilia et Christine. Les spectateurs ne risquent pas de s’ennuyer.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

dimanche 6 mai 2007

N° 36 – Bienvenue en Sarköland


Comme prévu, Nikola Pál Istvan Sárközy Nagybocsai a été élu 23ème président de la République française et 6ème de la 5ème République.
Sous ce descendant d’Attila, fléau de Dieu, la République française deviendra donc la première République génétiquement modifiée de l’histoire.
Le candidat Sárközy avait promis qu’il formerait un gouvernement « resserré » de 15 ministères.
Voici les 15 ministères en question :
Ministère de l'Identité génétique nationale (Intérieur, sécurité et cultes)
Ministère de la défense génétique
Ministère de l'Économie et des Finances génétiques
Ministère de l'Écologie génétique et du Développement génétique durable
Ministère des Affaires étrangères génétiques
Ministère de la Justice génétique
Ministère des Affaires génétiques sociales
Ministère de l'Éducation génétique nationale, de la jeunesse génétiquement correcte et des Sports génétiquement salutaires
Ministre de la Culture et de la Communication génétiquement correctes
Ministère de l'Emploi génétiquement utile, de la Cohésion génétique, de la Discrimination génétique positive et du Logement pour les génétiquement corrects
Ministre des Transports génétiques, de l'Équipement génétique, du Tourisme génétiquement correct et de la Mer génétiquement manipulée
Ministère de la Santé et des Solidarités génétiques
Ministère de l'Agriculture et de la Pêche génétiquement manipulées
Ministère de la Fonction publique génétiquement contrôlée
Ministère de l'Outre-mer génétiquement épurée.
Dans les premières décisions du nouveau président, il y a aura quelques changements de dénominations :
le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) deviendra le Centre national de la recherche génétique (CNRG) ;
les Renseignements généraux (RG) deviendront les Renseignements génétiques (RG).
Le nouveau Ministère de l'Identité génétique nationale aura pour tâche prioritaire d’établir le fichier génétique national de tous les habitants du pays. À terme, les documents d’identité porteront un code-barre indiquant le code génétique du détenteur. Tout personne démunie de ce code génétique sera punie d’une peine de 6 mois à 3 ans de prison ou à 30 000 € d’amende.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 30 avril 2007

N° 35 – Recomposition, équilibrisme, impossible social-démocratie française : danse sur un fil

Funambules, par Viviane Sermonat, d’après John William Waterhouse
Chaque élection présidentielle française apporte ses surprises et est l’occasion de recompositions par lesquelles les appareils des partis politiques tentent de s’adapter aux évolutions de l’électorat, à partir évidemment des interprétations qu’ils en font, lesquelles ne brillent pas toujours par la finesse et l’intelligence.
La grande surprise du premier tour de l’élection 2007 aura donc été le score stupéfiant de François Bayrou, qui a plus que doublé les scores habituels de son parti, l’UDF, fondé par Giscard d’Estaing alors président pour regrouper ses partisans, dégoûtés de la brutalité d’un RPR alors dirigé par Chirac. L’UDF regroupe – peu ou prou – ce qu’il est convenu d’appeler des démocrates-chrétiens à la française, lointains héritiers du MRP de l’après-guerre. L’UDF a toujours été classée à droite et a participé à tous les gouvernements de droite depuis sa naissance.
Soudain, l’année dernière, Bayrou amorce le virage en votant le vote de défiance au gouvernement. L’homme a des ambitions suprêmes. Il commence alors son inexorable ascension. Et voilà qu’il déclare que son part n’est plus à droite sans pour cela être à gauche, bref qu’il est LE centre.
Stratégie payante : il arrive en troisième position à l’élection.
Résultat : les voix des électeurs de Bayrou sont les plus convoitées par les deux candidats restés en lice, Sarkozy et Royal. Comme je le prophétisais la semaine dernière, Bayrou a été très malin : il a refusé et refusera de donner des consignes de vote pour le 6 mai, laissant les électeurs libres de leur choix. Il prépare déjà la prochaine bataille : les élections législatives de juin, où il souhaite évidemment provoquer un raz-de-marée pour constituer un groupe parlementaire beaucoup plus étoffé que l’actuel, en doublant ou même triplant le nombre de ses députés.
Pour cela, il annonce la création d’un nouveau parti, le « Parti démocrate ». Il aura du mal à trouver un sigle pour ce parti : PD ferait ricaner toute la France et PDF ferait rigoler tous les internautes. Enfin, on compte sur ses conseillers en communication pour trouver quelque chose.
L’attitude de Sarkozy et Royal face à la surprise du 22 avril a été à l’image des deux candidats : brutale pour le premier, doucereuse et charmeuse pour la seconde.
Sarkozy a refusé l’idée d’un débat public avec Bayrou, s’inscrivant dans la tradition de rudoyement brutal des centristes instaurée par de Gaulle et poursuivie par Chirac. Pendant qu’il méprise publiquement Bayrou, ses hommes travaillent intensivement les hommes de Bayrou au corps pour les rallier un à un à Sarkozy. Pour faire ce travail, ils peuvent compter sur deux « traîtres » de choix, Gilles de Robien et André Santini, qui expliquent que s’ils appellent à voter pour Sarkozy, ils seront assurés d’être réélus députés. Sinon, l’UMP ne leur fera pas de cadeaux et les é-li-mi-ne-ra. Résultat : à l’heure où j’écris, la majorité des députés UDF appellent à voter Sarkozy.
Royal a accepté l’idée d’un « dialogue » avec Bayrou, qui a eu lieu le samedi 28 avril et a duré deux heures. Courtois, tout en salamalecs, un vrai ballet. Mais qui était le cobra et qui était a mangouste ? Conclusion : ils ont des accords sur pas mal de choses et des désaccords sur pas mal d’autres. La fusion du PS et de l’UDF n’est pas pour demain. Donc pas d’UDS, ni de PDS ni de PSD.
En observant le cirque électoral depuis mon marigot – grâce à la parabole – j’ai eu, en voyant et écoutant Royal, une vision : celle d’une funambule. Royal marche sur un fil tendu d’où elle risque très fort de tomber le 6 mai. En effet, plus elle s’adresse aux électeurs centristes, et plus elle perd des voix d’extrême-gauche. Après le dialogue avec Bayrou samedi, elle va donc faire jouer les violons de gauche avec un grand meeting, suivi d’un concert, le mardi 1er mai, au Stade Charléty de Paris. Et dimanche, interrogée sur une télévision, elle déclarait carrément être totalement d’accord avec le slogan de campagne d’Oliver Besancenot : « Nos vies valent mieux que leurs profits ». Histoire de convaincre les électeurs du facteur rouge de ne pas s’abstenir le 6 mai et de venir voter pour elle.
Le choix du Stade Charléty n’est pas innocent. Explications à l’usage des ignorants.
Le lundi 27 mai 1968, 70 000 personnes participaient à un meeting au Stade Charléty, organisé par l’UNEF, la CFDT et le PSU et boycotté par le PCF et la CGT. L’aile réformiste du mouvement de Mai 68 voulait mettre sur les rails une solution Mendès-France, grande figure de la gauche réformiste, ancien Président du Conseil de la IVème République. Mendès assista au meeting mais n’y prit pas la parole. Une partie de la foule cria « Mendès Président ». Le lendemain, François Mitterrand donnait une conférence de presse pour annoncer que PMF (c’est ainsi qu’on appelait Pierre Mendès-France) et lui-même étaient prêts à prendre la relève de De Gaulle. Le PCF et la CGT, après quelques hésitations, s’engageaient aussi dans cette « coalition » qui fit long feu. De Gaulle et Pompidou répondirent en désamorçant la grève générale ouvrière – par la concession de 25% d’augmentations de salaires, en dissolvant le Parlement et en organisant de nouvelles élections, qui virent une victoire écrasante de la droite gaulliste.
Pour Mitterrand, il faudra attendre encore 13 ans pour arriver au pouvoir. C’est son remarquable machiavélisme qui a permis à la « gauche » socialiste de parvenir au pouvoir. En mettant sur les rails Le Pen et son Front national, Mitterrand a tué deux mouches d’un coup : il a engagé le processus d’inexorable déclin du PCF, qui le concurrençait à gauche et il a divisé les électeurs de droite, dont les voix se sont éparpillées dans le « vote inutile » pour Le Pen, ce qui a permis à Mitterrand de réaliser son score victorieux le 10 mai 1981.
Les socialistes français ne sont pas sociaux-démocrates allemands ou suédois. La grande force de ces derniers ont été les syndicats d’ouvriers, d’employés et de fonctionnaires –qui regroupent presque tous les salariés -, qu’ils dominent à 100%. Les salariés français sont très peu syndiqués – de l’ordre de 10 à 15% - et divisés entre une bonne douzaine de centrales syndicales, dont chacune s’appuie sur des bastions où elle est forte. Et toutes ignorent pratiquement le nouveau prolétariat intermittent, qui passe une partie de son temps à trimer dans des centres d’appel et autres secteurs de la « nouvelle économie », sans parler des fast foods et autres boulots de merde post-modernes.
Les sociaux-démocrates allemands ou suédois ont pu établir un système de capitalisme social à partir de positions de force relative dans les entreprises, arrachant ainsi des concessions non négligeables aux patrons, en échange de leur acceptation du système. Bref, ils vendu la classe ouvrière pour un plat de lentilles, mais des lentilles dorées.
Quand on voit Madame Royal visiter une usine, on sent physiquement qu’elle est totalement étrangère au monde du travail salarié. Il n’y a d’ailleurs dans la direction du Parti socialiste pratiquement pas un seul syndicaliste ouvrier. Le Parti socialiste est et reste donc un parti bourgeois, certes avec une composante un peu plus populaire que l’UDF, mais il n’y a pas entre eux de différences de classe fondamentales.
Rien, fondamentalement, ne s’opposerait à la grande fusion appelée à grands cris par Cohn-Bendit, Kouchner et les autres imposteurs qui usurpent l’héritage de la révolte de 68, cette "page" que Sarkozy dit vouloir "tourner" (apparemment, mai 68 l'a traumatisé). Avec l'aide d'André Glucksmann, sans doute...
Bref, la gauche française est mal partie. Il faudrait dire plutôt « les gauches » :Le PCF est en voie de disparitionLes trotskystes restent des sectes magouilleusesLes Verts sont hors jeuLes altermondialistes sont incapables de se transformer en force politique autonome, indépendante, offensive et…populaire.
La France se retrouvera au soir du 6 mai avec un président Nicolas Sarkozy.
Chaque pays a les présidents qu’il mérite.
Le Stade Charléty ne fera pas le poids face à un Palais des Sports américanisé où l’on a vu un Sarkozy se prendre déjà pour George Bush, en portant la main à son cœur lors de l’hymne national, geste typiquement yankee. Atteint d’autisme, il ne semble pas comprendre que les Français ne sont pas des yankees et refuseront toujours de se laisser enfermer dans la logique binaire de deux partis uniques et jumeaux alternant au pouvoir. Bref, nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec ces sacrés Français.
Et n’oubliez pas cette maxime : si les élections pouvaient changer quelque chose, il y a longtemps qu’elles seraient interdites.
Dernière remarque : mercredi 2 mai, on aura droit au grand duel télévisé Royal-Sarkozy. Ils ont tous les deux intérêt à bien choisir les couleurs de leurs tenues. Richard Nixon avait perdu l’élection présidentielle de 1960 contre Kennedy, pour une raison toute bête : lors de leur premier débat télévisé – le premier de l’histoire – il portait une chemise blanche, laquelle, à la télé en noir et blanc de l’époque, paraissait grise. Alors, Ségolène ? Tailleur rose, bleu, rouge ou beige ? C’est la question la plus importante de la semaine qui vient.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 23 avril 2007

N° 34 – Sarkozyrou ou Bayrouyal ? La balle est au centre

Voici les résultats approximatifs et non définitifs du premier tour de l’élection présidentielle française
- Nicolas Sarkozy (UMP), alias Nabotléon Identité Génétique Nationale (NIGN) : 29%
- Ségolène Royal (PS), alias Canine Royale Suprême (CRS) : 26,5%
- François Bayrou (UDF), alias Le Tractoriste Ramasse-tout (TRT) : 18,5%
- Jean-Marie Le Pen (Front national), alias le BBB (Bâtard Borgne Breton) : 11%
- Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire), alias Le Petit Facteur de Léon (PFL) : 4,5%
- Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), alias Le Fou du Puits (FdP) : 2,5%
- Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), alias Camarade Rétro Travayeuzétravailleurs (CRT) : 2%
- Marie-George Buffet (PCF), alias Blues Georgina Tyrannosaura (BGT) : 1,5%
- Dominique Voynet (Verts), alias La Môme Vertdegris (MVG) :1,5%
- José Bové (Altermondialiste), alias Joseph Le Petit Père des Faucheurs (PPF) : 1,36%
- Frédéric Nihous (Chasse, pêche nature, traditions), alias Plouc Yabon Panpan (PYP) : 1,34%
- Gérard Schivardi ("candidat de maires", soutenu par le Parti des Travailleurs), alias Maire d’Alors (MdA) : 0,5%
Ces résultats connaîtront des modifications, mas il est d’ores et déjà acquis que les deux candidats qui s’affronteront au deuxième tour seront NIGN et CRS.
Plusieurs constatations s’imposent à chaud :
- Le taux de participation, de 85%, a été le plus élevé depuis très longtemps en France. La peur de voir se renouveler l’expérience du 21 avril 2002 et le matraquage intensif des électeurs ont joué contre les abstentionnistes.
- L’ensemble des candidats de gauche et d’extrême-gauche (ils étaient 7) font le score le plus bas de la gauche française depuis 1969 (environ 37%)
- Le grand vainqueur de ce premier tour, c’est TRT. Comme il l’a annoncé : « Ce soir, j’ai une bonne nouvelle : le centre existe en France, un centre large, un centre fort, un centre indépendant ». L’issue du deuxième tour (le 6 mai) est entre ses mains.
En effet, aussi bien NIGN que CRS ont besoin de plus de la moitié des voix centristes pour l’emporter. NIGN n’aura pas assez des voix des électeurs de BBB et de FdP et CRS n’aura pas assez des voix de tous les candidats d’extrême-gauche.
Le Tractoriste de Pau a donc le choix entre :
- donner une directive claire de vote à ses électeurs
- les laisser libres de leur choix
Dans le premier cas, soit il appelle à voter pour Nabotléon, lequel sera donc élu à la tête d’une majorité qu’il faudra qualifier de centre-droit, soit il appelle à voter pour Canine Royale, laquelle sera donc élue à la tête d’une majorité qu’il faudra qualifier de centre-gauche. Comment va-t-il négocier les 6 à 7 millions de voix qu’il a engrangé ? En réclamant un poste de Premier ministre et le changement du mode de scrutin aux élections législatives, en faveur d’un mode de scrutin proportionnel ?
S’il est malin, le Tractoriste béarnais appellera à voter Canine Royale, qui pourra donc trahir d’emblée les électeurs d’extrême-gauche et s’engager dans la voie impériale d’un social-libéralisme à la française, réclamé par les Rocard, Kouchner, Cohn-Bendit et autres anciens gauchistes devenus sociaux-libéraux bon teint. Bref le mondialisme capitaliste à visage humain. Dans son discours dimanche soir, CRS a , toujours avec cette nouvelle diction de robot qu’elle a du apprendre dans des cours accélérés et qui a été la sienne dans tous les spots télévisés de la campagne –« j’ar-ti-cu-le-bien-len-te-ment-pour-que-tout-tes-les-mamies de 85 ans-et-plus-me-com-pren-nent-bien », bref in-sup-por-tab-le-, proclamé son refus de jouer sur les peurs des gens et a promis « la paix civile et l’harmonie sociale », parlant une novlang digne de 1984.
En un mot, elle tente désormais de se donner le profil de Mère de la Nation, ce qui n’est pas facile dans un vieux pays patriarcal comme la France. Le tout assaisonné d’un message proprement surréaliste, adressé aux électeurs centristes : elle veut un « État impartial ». C’est pas beau ça ? Et surtout, ça ne veut strictement rien dire. Pas besoin de vous faire un dessin : un État impartial, ça existe dans un monde idéal ou dans une autre galaxie, peut-être, mais en tout cas pas sur la planète Terre.
En réponse, Nabotléon, en ce dimanche soir, semblait soudain être devenu adulte et s’est présenté comme LE candidat au rôle de Père de la Nation : « je veux vous protéger ».
Mais s’il est très malin, le Tractoriste jouera au grand seigneur laissera ses électeurs libres de leur choix. Cela lui permettait de jouer les divas et d’obliger le vainqueur ou la vainqueuse du 6 mai à le courtiser pour qu’il s’associe à son parti aux élections législatives, afin de créer une majorité présidentielle et parlementaire solide. Une majorité PS-UDF pourrait se passer des Verts et des communistes, devenus quantité électorale négligeable, et des altermondialistes, qui n’ont pas réussi leur percée électorale –leur candidat José Bové connaît un échec retentissant - et donner quelques sucettes aux trotskystes pour qu’ils jouent leur partition traditionnelle de « soutiens critiques » et continuent à exercer leur fonction de pompiers-canalyseurs des mouvements sociaux. En tout cas, selon les premiers sondages de sorties des urnes, 45% des électeurs du Tractoriste se disaient prêts à voter CRS et 16% étaient encore indécis.
On va donc assister à une campagne de deuxième tour où le loup et la louve qui s’affrontent vont faire patte de velours, pour rassurer les centristes indécis et les convaincre qu’ils les ont compris.
Dernier constat à chaud après ce premier tour : non, la France ne prend pas le chemin d’un bipartisme « à l’américaine », mais plutôt celui d’un nonapartisme +, avec deux gros partis (UMP et PS), deux partis moyens (FN et UDF), deux partis petits (Verts et PCF), deux partis minis (LCR et LO), un parti mini-mini (le PT), plus « le mouvement antlibéral altermondialiste », tenté de transformer sa nébuleuse en parti, ce qui serait une erreur tout aussi grave que la candidature de Bové à la présidentielle.
On pourrait bien sûr rêver et imaginer que CRS devienne la présidente d’une majorité très-plurielle rassemblant centristes issus de la démocratie-chrétienne, écolos, cocos, trotskos, altermondialos et autres rigolos. Mais la France n’est pas l’Italie et « combinazione » n’est pas un mot français. Chacun chez soi et les cochons seront bien gardés. Surtout si le chien de garde s’appellera, au soir du 6 mai, Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, descendant d’Attila, fléau de Dieu.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 16 avril 2007

N° 33 – Attentats du 11/4 à Alger : La fourmi de dix-huit mètres

Une fourmi de dix-huit mètres
avec un chapeau sur la tête
ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une fourmi traînant un char
plein de pingouins et de canards
ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une fourmi parlant français
parlant latin et javanais
ça n'existe pas, ça n'existe pas
eh ! et pourquoi pas !
Robert Desnos

« À l’occasion de leur fusion les entreprises GICM et GSPC, qui ont constitué ensemble la nouvelle joint venture AQMI, viennent de lancer une nouvelle gamme de produits, 11/4, qui s’inscrivent dans la tradition des produits lancés par leur maison-mère, comme le 11/9 , le11/3 et le 07/07. D’autres produits devraient suivre dès le mois de mai, sous les nom 11/5, 11/6 etc…. »
Voilà, traduit en termes de communiqué d’une agence de presse financière, le résumé des événements qui ont ensanglanté le Maghreb la semaine dernière, à Casablanca puis Alger puis à nouveau Casablanca.
À Casablanca, ce sont divers « kamikazes » qui se sont faits sauter avec des ceintures d’explosifs, du mardi 11 avril au samedi 14 avril. Ils n’ont presque pas fait d’autres victimes qu’eux-mêmes et il semble bien qu’ils aient des amateurs, des désespérés ou des manipulés ou sans doute les deux.
À Alger, les choses sont été plus sérieuses et la double opération du mercredi 11 avril porte indubitablement la marque c’un professionnalisme certain. Il s’en est fallu de peu que le gratin de l’État, réuni au palais du gouvernement, ne soit atteint par la voiture piégée contenant plusieurs centaines de kilos d’explosifs qui a explosé, faisant en tout 33 morts. Une autre voiture pigée a explosé presque au même moment devant le siège de la Police judiciaire à Bab-Ezzouar.
Presque simultanément, à Bagdad, un kamikaze faisait intrusion au siège du parlement et se faisait sauter, emportant quelques députés dans la mort.
L’opération d’Alger a été revendiquée par un nouveau label, « Al Qaïda au Maghreb islamique » (AQMI), qui serait le résultat de la fusion de deux ou trois groupes maghrébins, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et le Groupe islamique combattant marocain (GICM).Comment le sait-on ? Eh bien, tous les « experts » s’accordent à le dire, et tout cela est revendiqué sur des sites internet. Donc, c’est vrai.
Désolé de vous décevoir, mais je crois que AQMI, comme la fourmi de 18 mères du regretté Robert Desnos, ça n’existe pas !
Le terrorisme islamiste apparu en Algérie au début des années 1990 et mondialisé à partir du 11 septembre 2001 est le fruit de la rencontre entre des individus révoltés, désespérés, fanatisés, au parcours souvent chaotique, et des services de renseignement chargés de la « guerre spéciale » contre-insurrectionnelle, qui autorise toutes les perversités et tous les coups tordus.Les services de renseignement algériens, autrefois appelés la Sécurité militaire et aujourd’hui le DRS, ont été des pionniers créatifs, appliquant et développant les enseignements des services spéciaux français, qui avaient créé des faux maquis pendant la guerre d’indépendance algérienne avant d’aller enseigner leurs techniques de torture, d’infiltration e d’intoxication aux militaires sud-américains, qui les appliquèrent avec brio pendant toutes années 70 et 80.
Dès avant le 11 septembre 2001, mais surtout après, on a vu une convergence entre les services de renseignement algériens, syriens, égyptiens, jordaniens, marocains, tunisiens, et mauritaniens d’une part et américains, israéliens, britanniques, canadiens, australiens, allemands, italiens, espagnols et français d’autre part, qui a pris diverses formes, allant de l’échange de renseignement opérationnels aux échanges d’agents doubles, ou triples ou quadruples, sans oublier bien sûr les coups fourrés qu’on se fait entre amis. L’infiltration de réseaux terroristes a évidemment débouché sur la manipulation de ces réseaux et dans certains cas, le montage pur et simple d’opérations explosives et meurtrières.
Un certain nombre de ces agents doubles, triples ou quadruples ont disparu sans laisser de traces. Citons-en quelques-uns : Ali Touchent, le fameux responsable des attentats en France de 1995, Abderrazak El Para, le fameux chef du GSPC, remis par le Tchad à l’Algérie et condamné en son absence par un tribunal algérien, Haroon Rachid, l’Indien arrêté pour sa responsabilité dans les attentats du métro londonien le 7 juillet 2005 et disparu depuis sans laisser d’adresse.
Certains sont opportunément « morts en détention », comme le responsable marocain de l’attentat de Casablanca contre un restaurant, ou dans un bombardement réussi, comme le fantomatique Abou Moussab Al Zarqaoui en Irak.
Tous les « onze » (11 septembre, 11 mars, 11 avril) posent une foule incroyable de questions, à ce jour sans réponses.Théorie du complot ? Je délire ? Alors, réfléchissez à ceci :
Comment une voiture piégée peut-elle approcher si près du Palais du gouvernement d’Alger un jour de réunion plénière du gouvernement ?
Comment trois bombes peuvent-elles exploser dans le métro londonien le jour même où a lieu dans ce même métro une opération de test visant à éprouver les mesures de sécurité ?
Comment se fait-il que la plupart des suspects des attentats du 11 mars à Madrid étaient des trafiquants de drogue et des indicateurs de police et que la femme de l’un d’eux avait sur elle le numéro de téléphone personnel du chef des services de renseignement espagnols ?
Je pourrais continuer à dévider les questions à cent Euro mais je préfère arrêter là pour parler un instant de politique.La question usuelle es celle-ci, encore et toujours : Cui Bono ? À qui profite le crime ?
Dans tous les cas, aux régimes en place et à leurs polices, qui prospèrent de plus belle depuis le 11 septembre, se retrouvant dotées de budgets, d’équipements, de prérogatives toujours plus importants.
Dans le cas des attentats de Casablanca et d’Alger des 10 et 11/4, ils interviennent à quelques jours de l’élection présidentielle française, à un mois des élections législatives algériennes (le 17 mai) et à quelques mois des élections législatives marocaines (juillet ou septembre).
En France, ces attentats sont du pain bénit pour un seul candidat : Sarkozy.
En Algérie, le DRS et le quarteron de généraux qui constituent le pouvoir de l’ombre ne craignent qu’une chose : que Boutelika, amoindri par son cancer, ne sacrifie certains d’entre eux, parmi les plus compromis dans la guerre sale des années 90 sur l’autel de la « respectabilité démocratique » pour faire plaisir à ses nouveaux amis de Washington.
Au Maroc, il s’agit pour les services royaux d’enrayer la réislamisation de la société, qui risque bien se traduire par un raz-de-marée électoral en faveur des « islamistes modérés » du PJD, balayant la gauche makhzénienne.
Et derrière tous ces théâtres de marionnettes locaux, se profile l’ombre du grand frère et grand tireur de ficelles, j’ai nommé le grand frère de Washington (siège du Pentagone), Langley, Virginie (siège de la CIA) et Stuttgart, Allemagne (siège d’AFRICOM, le nouveau commandement Afrique de l’armée US, lancé le 7 février dernier). Avec AFRICOM, les USA sont en train d'achever leur verrouillage du contrôle militaire de toute la planète. Rien de tel que quelques bons attentats pour convaincre le Congrès et le Sénat de voter les budgets pour alimenter ces machines voraces et leurs sous-traitants privés.
Qu’on me comprenne bien : je ne crois pas que les attentats de New York, Madrid, Casablanca ou Alger aient été décidés lors de réunions de conseils de ministres. Je ne crois pas non plus qu’ils aient été ouvertement ordonnés par des chefs quelconques se services secrets. Les complots de l’ère moderne sont beaucoup plus compliqués et sophistiqués que cela. Tout est dans les non-dits, que l’on laisse le soin aux subalternes d’interpréter dans le bon sens. Entre dire « continuez à surveiller ces gens-là », «n’intervenez pas pour arrêter cet attentat » et « donnez donc un petit coup de pouce pour que l’attentat ait lieu avant telle date », les frontières sont floues et les hommes de l’ombre ont toute latitude pour agir au mieux des intérêts du pays », c’est-à-dire des régimes en place et des clans contrôlant les services. Régimes et clans de copains, de coquins, et d'assassins.
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !

lundi 9 avril 2007

N° 32 – « Blood, cash and lies » : une devise pour Tony Bliar, Roi des menteurs, Premier ministre du Royaume Voyou


« I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat… » - Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur…
Cette phrase célèbre, empruntée au poète John Donne, fut prononcée par Winston Churchill, qui venait d’être nommé Premier ministre, devant le Parlement britannique, le 13 mai 1940, trois jours après l'invasion de la France par Hitler.
Paraphrasant le gros Winston, Tony Bliar (Liar = menteur) pourrait dire à ses administrés et à ses soldats : « I have nothing to offer but blood, cash and lies »
Le sang, c’est celui de soldats de Sa Majesté qui meurent ou sont blessés en Irak et en Afghanistan, dans une guerre qui n’est pas la leur. Une guerre qui fait de plus en plus grincer les dents dans les rangs, notamment dans les bataillons écossais.
Le cash, ce sont le sommes astronomiques versées par les tabloïds aux « héros » du HMS Cornwall, les marins britanniques qui ont passé treize petites journées comme prisonniers de luxe de l’Iran, pour qu’ils racontent leurs sornettes. La fameuse Faye Turney semble avoir battu les records en vendant son histoire au Sun et à ITV pour 100 000 Livres (= 150 000 €)
Les mensonges, ce sont les innombrables actes de traîtrise commis par Tony Bliar depuis qu’il est Premier ministre. Citons-en quelques-uns, juste pour rafraîchir les mémoires :
- le fameux discours à la Chambre des Communes où Tony Bliar prétendit que l’Irak disposait d’une capacité de riposte – en cas d’attaque - par des armes de destruction massive en… 45 minutes. Un mensonge tiré d’une thèse de doctorat d’un obscur Irakien, qui mit Tony Bliar sur le premier rang des Gros menteurs, à côté du malheureux Colin Powell, auteur d’un non moins célèbre discours de menterie devant les Nations unies sur les introuvables « armes de destruction massive » de l’Irak.- la remise de « présumés terroristes » algériens au régime algérien, qui s’est empressé de les emprisonner et de les faire torture. Ces « présumés » avaient au préalable étaient emprisonnés et soumis à la torture blanche pendant presque cinq ans, sans inculpation. Le gouvernement de Tony Bliar a concocté un « accord » avec le régime algérien, par lequel celui-ci s’engageait à mi-mot à ne pas les torturer. On savait ce que vaut la parole d’un général algérien. Celle d’un Premier ministre britannique ne vaut désormais guère plus.
- La livraison par le MI5 de deux réfugiés, l’Irakien Bisher Al Rawi et le Jordanien Jamil El Banna, à la CIA, en 2002. Les deux hommes furent cueillis à leur arrivée à l’aéroport de Banjul, en Gambie, où ils venaient pour affaires, sur dénonciation des services secrets de Sa Majesté, et ont été emprisonnés à Guantanamo. Bisher Al Rawi vient d’en sortir après quatre ans et demi, Jamil El Banna est toujours détenu.
- L’étrange disparition de Haroon Rachid, un Indien accusé d’avoir organisé les attentats du 7 juillet 2005 dans le métro de Londres. Cet homme, recherché par le FBI depuis des années, avait pu se déplacer librement entre l’Angleterre, les États-Unis, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Pakistan, pour une simple raison : il était un agent du MI5, chargé de recruter des « jihadistes » à partir de la mosquée de Finsbury Park, où il faisait équipe avec deux autres personnages pittoresques, Abou Hamza El Masry, l’ « imam-crochet » égyptien, et Omar Bacri, le « spécialiste » syrien. Haroon Rachid, arrêté en Zambie quelques semaines après le 7 juillet, est livré à la Grande-Bretagne, mis en prison jusqu’à la mi-août puis disparaît dans la nature. Impossible de savoir où il se trouve aujourd’hui. Sans aucun doute, le MI5 l’a doté d’une nouvelle identité et lui a offert une « nouvelle vie » quelque part dans le monde. Comme il avait offert de le faire à Jamil El Banna en octobre 2002, en lui demandant d’espionner des « islamistes » pour le compte des services, ce que l’homme avait refusé. Résultat : un aller simple pour Guantanamo.
On pourrait allonger indéfiniment cette liste noire.
Tony Bliar est bien le digne successeur de Winston Churchill, auquel il n’arrive cependant qu’à la cheville. Winston, lui, au moins, s’était battu physiquement pour la défense de son Empire, de la Birmanie au Soudan, en passant par l’Afrique du Sud et la France. Et les quelques dizaines de morts britanniques des guerres actuelles d’Afghanistan et d’Irak sont peu de choses –somme toute faite – à côté des 144 000 morts et blessés de la catastrophique Expédition des Dardanelles organisée par Churchill en 1915. Tony Bliar, lui, envoie les « boys & girls » au casse-pipe et reste bien au chaud à Downing Street.
Il y a un point commun entre Winston et Tony : ils ont tous les deux organisé et couvert des crimes de guerre, commis pratiquement aux mêmes endroits à 90 ans de distance. En effet, en 1915, Churchill ordonna des bombardements avec des armes chimiques contre les populations civiles de l’Irak que l’Empire tenait de reconquérir, se heurtant à une résistance irakienne, tout aussi farouche alors qu’aujourd’hui.
Le mensonge est devenu la règle pour les soldats de son arrogante Majesté. Ainsi l’affaire des marins du HMS Cornwall, dont l’un, le capitaine Chris Air, a dit noir avant sa capture et blanc après. Avant : dans une interview à Sky News, il reconnaît ouvertement que sa mission et celle de ses camardes est d’espionner – « to gather intelligence », recueillir des renseignements. Après : dans une déclaration dictée par le ministère de la Défense, il affirme avoir été intercepté par les Iraniens au cours d’une « opération de routine dans le cadre d’une mission sous mandat de l’ONU ».
Il est bien fini le temps où la flotte de Sa Très Arrogante Majesté cinglait les océans pour assurer la « libre circulation » des navire transportant dans un sens les matières premières pillées aux colonies de l’Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, et dans l’autre sens, les produits manufacturés que les colonisés avaient l’obligation d’acheter. L’homme qui s’était levé contre cette injustice planétaire, le Mahatma Gandhi avait été traité par Churchill de « fakir à demi-nu ». Et lorsque les Britanniques avaient emprisonné Gandhi en 1943, le gros Winston avait donné un ordre clair : « s’il fait une grève de la faim, laissez-le mourir ». Mais Gandhi avait au moins autant d’humour que le fumeur de cigare. Un journaliste britannique lui demandait à sa descente d’avion à Londres quelques années plus tard : «Que pensez-vous de la civilisation britannique ?» Gandhi : « C’est une bonne idée ».

Churchill s’est refait une virginité et est entré dans l’histoire comme un héros grâce à sa capacité d’organiser la résistance britannique à Hitler.

Bliar entrera dans (les poubelles de) l’histoire comme le Roi des menteurs et le Premier ministre d’un « Rogue Kingdom », un Royaume voyou.

Winston a été fait Chevalier de l’Ordre de la Jarretière en 1953. Cet ordre de chevalerie fondé par Édouard III, le sanguinaire occupant de la France, qui déclencha la Guerre de Cent Ans (qui en dura 116), a pour devise « Honni soit qui mal y pense ». Tony Bliar ne fait toujours pas partie de ses 1000 membres et ne risque pas de le devenir.

lundi 2 avril 2007

N°31 - Le crocodile n’est fort que dans l’eau


Cette semaine, je cède la parole à Akam Akamayong, qui commente ce proverbe africain : "Le crocodile n’est fort que dans l’eau".
Le proverbe [pan]africain - source inconnue mais très répandu en Afrique - met en avant un principe inhérent à nombre de représentations africaines du monde, le principe selon lequel le vivant serait ontologiquement frappé d’une limite, limite qui elle-même appelle à une instrumentalisation stratégique.

Toute chose, tout être, toute manifestation, toute cause admet une limite. A commencer par la force, la puissance. L’image du crocodile, considéré comme redoutable si ce n’est invincible dans l’eau, donne hors de l’eau le spectacle décevant d’une forme disgracieuse se traînant lamentablement par terre, la démarche lourde et poussive.
Le contraste entre force d’un côté et faiblesse de l’autre dans le même phénomène, le même animal est très parlant. Toute force est relative, d’abord à son environnement qui la conditionne. Naturellement en parlant du crocodile, c’est des humains qu’il s’agit, de leurs puissances, performances, résultats, issues sociales, tous in fine relatifs …

La conséquence qui se dégage de cette énonciation est éminemment stratégique, s’appliquant à tous les champs des activités humaines sanctionnés par des performances comparatives. Cela peut aller de la guerre à la concurrence économique, politique, mais il pourrait bien s’agir de développement personnel, collectif en interaction avec un milieu disputé…

Même la plus grande puissance au monde a ses points faibles, mais elle a d’abord son eau dans laquelle elle sera imbattable, comme les attaques américaines aériennes, de nuit, perpétrées par des aviations entraînées et à la supériorité technique avérée. A l’opposé des combats au sol, à la merci d’attaques individuelles ciblées et inopinées, guérillas urbaines…
Une déclinaison du proverbe pourrait revenir à la règle de ne jamais attaquer un ennemi sur le terrain de celui-ci, règle que Sun Tse ne renierait pas, lui le célèbre auteur du livre culte écrit vers le Vème siècle avant Jésus-Christ, L’Art de la guerre.

D’un point de vue économique, il y a des limites à la compétitivité et pour remporter une partie, un marché, des exportations, etc., il faudrait ne pas se battre sur le terrain d’excellence du concurrent. Chacun aura sa place pour peu qu’il se positionne sur son point fort. On entrevoit ici des stratégies de différenciation des produits permettant aux entreprises d’échapper à la captation des grandes entreprises, utilisant les prix, les design, les promotions, l’image, l’éthique, pour sortir du domaine de captation du concurrent.

Il existe donc toujours un domaine où l’on peut gagner puisque même le plus fort à ses limites, ses vulnérabilités. Connaître les points faibles du concurrent fait ainsi partie de la compétition, autant que connaître ses propres points forts et points faibles. Connaître tout court fait partie de la compétition et est une arme indispensable à la victoire.

Si des pays comme Taiwan, Singapour, la Corée du Nord ou la Chine ont raflé des parts de marché aux plus grands, c’est parce qu’ils ont découvert les points faibles, les créneaux par lesquels ils pouvaient émerger. Ciblant d’abord des produits peu technologiques sur lesquels ils étaient avantagés, ils ont développés des stratégies de prix impossibles pour les pays développés…sortis ainsi de leurs eaux.

Dans le domaine des arts et de la musique, les 1er Gaou, Yekeke, Ancien combattant, hits africains ayant conquis le show biz européen auront mieux fait que de s’essayer à imiter la variété européenne, ils n’ont pas suivi le reptile sur son territoire.
Si le crocodile n’est fort que dans l’eau, alors il ne l’est plus dans le sable ; s’il était attaquable ce serait bien dans ces terres, ces sables qui ne l’avantagent guère. Les pays occidentaux maîtrisent les échanges de biens technologiques et à forte valeur ajoutée. Les NPI (nouveaux pays industrialisés) se sont d’abords spécialisés dans les biens à faible valeur ajoutée avant de diversifier la structure de leurs produits exportés.
L’art de la guerre c’est, en amont, découvrir les faiblesses de l’adversaire et en aval l’entraîner à combattre hors de son terrain. Chaque chose ayant sa limite bien sûr !
Source :
http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1455&PHPSESSID=ccfa4649d04dad32a84095d271aa5bd2
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !